Mémoire adressé par les Ministres du Roi, à l'Assemblée Nationale, le 27 Octobre 1789
[Paris Imprimerie Royale 1789] in-4 de 4 pp. en ff
A échappé à Monglond. Mémoire de la première importance pour l'histoire de l'administration coloniale sous la Révolution.Le rédacteur constate que tout (climat, état civil, productions, "espèce physique du plus grand nombre des hommes", lois, rapports commerciaux, police, finance, etc.) sépare les colonies de la métropole: "ces différences tiennent à la nature même des choses & à l'essence des choses ; rien ne peut les changer"…Il est donc absurde que l'Assemblée Nationale, engagée dans la réforme du royaume, produise des décrets valables à la fois pour la France et ses colonies: "On croit nécessaire de faire observer à l'Assemblée Nationale, que plusieurs de ses décisions qui tendent à assurer le bonheur & la liberté des François, ne seroient pas sans danger, qu'elles produiroient peut-être une révolution subite & funeste dans des pays où les dix onzièmes des humains, en cessant d'être esclaves, resteroient dénués de toute propriété & de tout moyen de subsistance". Le pouvoir administratif, "dans quelque main qu'on crût devoir le placer désormais", doit résider "au sein de la colonie même ; & il seroit du plus grand danger que l'exercice en restât un seul instant entièrement suspendu…"