Effectuer une recherche précise :

4675 résultats

NAVIRE - MANUSCRIT

Comptoir. Inventaire du Navire La Mère de Famille

Au Havre 25 janvier 1817 in-folio étroit de 8 feuillets cousus

La première page d'Observations donne les caractéristiques de ce navire construit en 1815, amarré dans la bassin d'Ingouville, et qui n'a encore fait que deux voyages. Suivent les détails d'articles variés: outils et ustensiles du maître (liste des cables, ancres, poulies, clefs, harpons, etc), du voillier (24 noms de voiles)…, du pilotte, du charpentier, du calfat, du somelier, du canonnier, de la chambre, du cuisinier, et du chirurgien.La valeur de cet inventaire est à ajouter à celle du navire ("coque, agrès, & apparaux"); il est contresigné par le constructeur M. Vasse, le courtier de navire M. Godefroy et le propriétaire M. Foache.Rare

ALGÉRIE

Album de 8 dessins originaux relatifs à l'Algérie

vers 1865-1870 album in-4 oblong (28,5 x 19,2 cm) chagrin vert foncé, dos lisse, décor végétal en relief encadrant les plats, tranches dorées [Rel. de l'époque, signée Antoine Maître, Dijon]

L'album se compose de: 2 aquarelles, signées C. de Luxer, représentant Gardaïa et Guerrara, un dessin à la mine de plomb rehaussé d'aquarelle représentant un chasseur à cheval avec son chien, quatre dessins à la mine de plomb rehaussés de sepia et de gouache blanche représentant un chasseur à cheval, Mers-el-Kebir, Camp de Lagouat, Bougicet enfin un cavalier, à la mine de plomb.Tous les dessins, sauf le dernier, sont exécutés sur papier appliqué dans l'album et sont de très belle facture. Deux dessins sont datés: 1865 et 1869.Les 21 derniers ff. sont restés vierges. Ex-libris manuscrit H. Lardier sur le 1er f. bl.Antoine Maître (1809 - 1871), relieur dijonnais mettra au point des méthodes d'industrialisation de la reliure. Il est d'abord installé rempart du Vieux-Château et emploie 30 à 40 personnes vers 1840, et 90 vers 1850. Spécialisé dans les ouvrages de piété, il produit alors annuellement 90 000 livres de messe. La réussite de l'entreprise Maître fait que le président Louis Napoléon Bonaparte, le 13 août 1850, rend visite à l'atelier lors de son passage à Dijon.L'entreprise Maître déménage en 1859 dans de très modernes ateliers, où travaillent 150 ouvriers. À la reliure, s'ajoutent la fabrication des albums, des buvards, et la maroquinerie de luxe.À la mort d'Antoine Maître en 1871, son gendre Leclerc reprend la maison qui devient "Antoine Maître et compagnie", puis s'associe avec la maison Pellion-Marchet

TEILHARD DE CHARDIN Pierre

Barrière de la mort et co-réflexion ou de l'éveil imminent de la Conscience Humaine au sens de son Irréversion

S.l. s.d. [Janvier 1955] in-4 de 11 ff. cartonnage moderne papier marbré rose, lég. frotté, p. de titre rouge en long

Tapuscrit de 11 feuillets dactylographiés au recto et foliotés.Précieuse version dactylographiée quelques mois avant sa mort et portant des corrections autographes de l'auteur à l'encre bleue. Le titre comporte la coquille co-reglexion pour co-reflexion.Le feuillet de garde porte la mention manuscrite : Ce document m'a appartenu. J. Marie Mortier Secrétaire et légataire des écrits de P. Teilhard de Chardin 24 février 1982. De 1955 à 1976, treize volumes de l'oeuvre non scientifique de Teilhard de Chardin devaient être publiés par son héritière littéraire, Jeanne Mortier."Barrière de la Mort" est à comprendre comme on dit "Barrière du Son" précise l'auteur en marge. Ces feuillets s'achèvent sur son concept de noosphère, redevenu d'actualité avec le développement d'internet

BLANCARD Pierre

"Relation de la route et des circonstances du naufrage du vaisseau le Duc de Duras de Marseille commandé par le capitaine Pierre Blancard, parti de l'Isle de France pour Pondichery le 26e février 1777 et naufragé sur l'isle d'Emiti l'une des Maldives située par les 3 degrés 12 minutes de lattitude nord et par les 71 degrés de longitude orientale

1777 pet. in-folio (23 x 36 cm) de 8 ff.n.ch. et 2 f. bl. légères taches, conservé dans un étui-chemise demi-veau marron, dos lisse orné, pièce de titre rouge

Manuscrit autographe non signé du navigateur Pierre Blancard, comportant de nombreuses ratures et additions, mais cependant très lisible.Départ de l'Isle de France le 26 février 1777, mouillage à l'île Bourbon, puis des vents contraires l'obligent à "passer par la route de Mr. le chevalier Grenier (que j'avais déjà faite […] dans mon précédent voyage à Moka". Le navire s'échoue le 12 avril sur un récif des Maldives. La mer est si grosse qu'il n'est pas question d'utiliser un canot. Le capitaine fait construire un radeau qui permettra à tous les hommes d'atteindre une île voisine, mais le transport à terre de la cargaison se fait difficilement et très lentement. Les habitants de l'île leur vendent du riz et pillent le lendemain la cargaison restée à bord. Neuf jours plus tard des bateaux indigènes viennent les chercher pour les présenter au roi des Maldives. Il y a parmi les naufragés l'épouse de l'intendant de Pondichéry, Mme Chevreau, à qui le roi fait une grande réception. Blancard proteste vivement auprès du roi pour s'être fait voler et s'étend sur les négociations engagées pour récupérer ce qui se trouvait à bord. Le roi lui rend une partie de sa cargaison, quelques caisses de corail et de draps, et garde le reste pour lui. Enfin, "nous embarquames le 15 may, pour passer à Pondichery ou nous arrivames le 24 du même mois."Parmi les naufragés se trouvait Barras, le futur révolutionnaire qui n'est cependant pas mentionné dans le manuscrit.Le capitaine marseillais Pierre Blancard (1741-1826), fils d'un capitaine marin, "il suivit la carrière paternelle et fit, de 1759 à 1771, dix voyages aux Antilles pour le compte de diverses maisons de commerce. Capitaine en second de la Thétis, armée par les Audibert, de Marseille, il fit, de septembre 1771 à décembre 1772, un voyage à Batavia ; comme capitaine du Gracieux, il visita, de juin 1773 à avril 1775, Ceylan et les Indes. Commandant le Duc-de-Duras, il fit naufrage aux Maldives en 1777. Pendant la guerre d'Amérique, commandant le Saint-Charles, naviguant sous pavillon toscan, il ravitailla aux Indes, en 1783-1785, l'escadre de Suffren. L'année suivante, sur le même navire, il commerça en Cochinchine, à Macao, à Canton, dans l'Inde, et rapporta de Chine, à l'abbé Audibert de Ramatuelle, les premières boutures de chrysanthème. Rentré en France à la fin de 1789, il fut délégué par le Luminaire Saint-Elme (corporation des gens de mer de Marseille) à la fête de la Fédération à Paris, fut présenté au roi lors de la revue du 14 juillet 1790 et, le 25, se rendit aux Tuileries pour lui apporter les hommages des capitaines de navires. Les deux discours qu'il prononça à cette occasion portent le nom de Blancart. Après avoir rendu compte à ses commettants, Blancard s'embarqua de nouveau sur l'Argonaute (ex-Saint-Charles) et retourna en Chine. Sur le chemin du retour, il apprit l'état de guerre existant entre la France et l'Angleterre ; aussi se rendit-il à Philadelphie, où il vendit sa cargaison et son navire. Rentré en Provence, il se retira à Aubagne, où il mourut, le 7 avril 1818. Il avait publié, en 1806, un Manuel du commerce des Indes Orientales et de la Chine, qui fut très apprécié". (Dict. de biogr. française). Il est resté célèbre pour avoir été le premier à importer en France des boutures de chrysanthèmes depuis la Chine, en 1789.Important manuscrit inédit rédigé par Pierre Blancard, probablement pour se justifier auprès de ses armateurs

MESTRAL André

Diauloi [en caractères grecs] ad regem

Avenione Ex typographia I. Bramereau 1623 in-12 de 2 ff.n.ch. et 196 pp. vélin ivoire souple à surjets, dos lisse, titre manuscrit [Rel. de l'époque], très lég. rouss. à certains ff

Manque à Brunet. Quérard ne cite qu'une éd. de 1725.Edition originale très rare de cet ouvrage curieux et peu connu.Il a été composé par un avocat avignonnais dont c'est apparemment la seule publication. Il s'agit d'un recueil de jeux poétiques contenant principalement des palindromes, ou "vers rétrogrades", en grec, en latin et en français, adressés à divers notables de la cour du roi Louis XIII, à qui le volume est dédié.Débutant par un palindrome en grec qui a donné son nom à l'ouvrage (Diauloi), composé sous la forme d'un dialogue entre une muse, un poète et le roi, l'ouvrage contient à la suite un autre dialogue entre saint Pierre et le Christ, les éloges du roi et de la reine-mère, d'Henri IV, de la duchesse Henriette Catherine de Joyeuse, du pair de France Guillaume du Vair, etc. tous rédigés en vers latins rétrogrades.La seconde partie de l'ouvrage (pp. 97-192) est constitué par les notes anonymes sur le Diauloi et les autres poèmes de Mestral.Cet ouvrage, probablement le premier livre entièrement consacré au palindrome est d'une grande rareté (il a échappé aux principales bibliographies consultées).Bel exemplaire dans sa reliure en vélin souple d'origine

TYPOGRAPHIE] BARATTINI Francesco

Mostra di carattere greco

Bologna Lelio dalla Volpe [milieu du XVIIIe s.] 1 p. in-folio

« P. dalla Volpe afferma di avere "avuto il coraggio di erigere anche presso di sé l'arte dela getteria de' caratteri mancanti in Bologna". […] Sulla data dell'introduzione di tale arte si possono ora avanzare alcune ipotesi sulla base delle Mostre di caratteri incisi per i dalla Volpe da Francesco Barttini, diffuse con la data 1756. […] Come è noto tali Mostre venivano usate come campionario e catalogo di vendita da parte del titolare della getteria. » (G. Canterani, Catalogo ragionato dei libri a stampa pubblicati in Bologna dai tipografi Lelio e Petronio dalla Volpe, Bologne, 1979, p. IX.)Sur Barattini, on peut lire de G. Gori Gandellini, Notizie istoriche degli intagliatori, I, 1808.Très belle pièce de ce beau spécimen de caractères grecs

POUCHET Georges

Contribution à l'anatomie des édentés

[Paris Germer Baillière 1866] in-8 de 16 pp., 2 planches hors texte br., annotations sur la couverture, mouillures

British Museum (Natural History), IV, 1604. Extrait du Journal de l'anatomie et de la physiologie normales et pathologiques de l'homme et des animaux, 1866.Etude de deux mammifères à cuirasse dont les ossements ont été trouvés sur les rives de la Plata. Après avoir évoqué les travaux de Owen, Huxley, Burmeister et Serres, l'auteur décrit les os de la région cervicale du Glyptodon clavipes, puis les os du bassin du Glyptodon giganteus. Deux planches lithographiées illustrent ce mémoire. Fils de Félix Archimède Pouchet, célèbre pour sa controverse avec Pasteur au sujet de la génération spontanée, Georges Pouchet (1833-1894) était à l'époque aide-naturaliste à la chaire d'Anatomie comparée du Muséum d'histoire naturelle. Ayant publié un article très critique envers la politique du gouvernement relative à cet établissement, il fut destitué en 1869 et ne réintégra le Muséum que dix ans plus tard, avec cette fois le titre de professeur d'anatomie comparée. Cet exemplaire comporte un envoi autographe signé: "A Monsieur Chevreul, directeur du Muséum, respectueux hommage de l'auteur". Le célèbre chimiste occupa cette fonction jusqu'en 1879

QUATREFAGES DE BREAU Armand de

Note sur la classification des Annélides, et réponse aux observations de M. Claparède

[Paris 1865] in-8 paginé [253] à 296 br., envoi et titre manuscrit sur la couv., mouillure marginale

Extrait des Annales des Sciences naturelles, 5e série, Zoologie, t. III (1865). Importante étude sur la classification des Annélides. L'auteur divise cette classe de vers en deux ordres: annélides errantes et sédentaires, puis en 4 sous-ordres divisés en 26 familles selon différents critères: anneaux, branchies, cirres, tentacules. Les dix dernières pages présentent, sous forme de tableau, cette nouvelle classification. Zoologiste et anthropologue, Jean-Louis Armand de Quatrefages de Bréau (1810-1892) consacra de nombreuses publications aux animaux invertébrés (mollusques, annélides, échinodermes…). Ses conceptions théoriques furent proches de celles de son maître, Henri Milne-Edwards. Cet exemplaire présente un envoi autographe signé: "M. Chevreul, hommage de l'auteur". Professeur de chimie au Muséum, Eugène Chevreul (1786-1889) était aussi le confrère de Quatrefages à l'Académie des sciences

ARCET Jean-Pierre-Joseph d'

Note relative à l'extraction de la gélatine des os de la viande de boucherie, et à son emploi, en grand et pendant toute une année, dans le régime alimentaire de l'hôpital Saint-Louis. Par M. D'Arcet. Extrait du "Recueil industriel… et des Beaux-Arts", publié par M. de Moléon

S.l. Impr. Everat [vers 1830] in-8 de 15 pp. avec simple titre de départ br., couv. muette papier jaune, légers défauts intérieurs

Édition originale. Extrait du "Recueil industriel, Manufacturier (…) et des Beaux-Arts", publié par M. de Moléon.Jean-Pierre-Joseph d'Arcet (1777-1844), chimiste et fils de chimiste, vérificateur général des essais des monnaies en 1807, examinateur des alliages de la colonne Vendôme en 1811, installateur des bains et appareils de fumigation de l'hôpital Saint-Louis, s'adonna avec ferveur aux recherches sur la santé et l'hygiène publique, celle des travailleurs notamment."Il pratiqua l'extraction en grand de la gélatine des os, dans le but de l'utiliser plus tard à l'alimentation, mais cette utilisation fut sérieusement discutée par ses collègues de l'Académie des sciences, ce qui éloigna quelque peu d'Arcet de ce corps savant (…) D'Arcet est l'inventeur des pastilles de bicarbonate de soude, dites de Vichy, et de la poudre à coller les vins, dite poudre de Jullien". Cf. Dict. de biogr. française

LORD Joseph L. et Henry C.

Défense des droits du Dr Charles T. Jackson à la découverte de l'éthérisation suivie des pièces justificatives

Paris H. Vrayet de Surcy et Cie 1848 in-8 de 136 pp., br., couv. beige impr., quelques piqures

Garrison Morton 5660 signale, à la rubrique consacrée à Horace Wells (1815-1848), dentiste de Hartford, pionnier de l'anesthésie, que son élève "Morton got the idea of using ether instead of nitrous oxide from Charles T. Jackson (1805-1880). Jackson suffured from mental illness and later tried to claim that he had discovered surgical anaesthesia, as well as guncotton, and that he had described to Samuel F.B. Morse the essential features of the telegraph. Wells, who was not in very good mental health himself, eventually committed suicide by opening a vein in his arm and at the same time inhaling ether vapour."Édition originale de la traduction française due à M.H.C. d'Aquin.Rare

POUQUEVILLE Hugues

[Notes sur l'insurrection grecque]. Manuscrit autographe

S. l. n. d. [vers 1824] in-8 de 9 pp.n.ch. (19,5 x 15,5 cm), plus quelques feuillets restés vierges broché, non rogné, conservé dans une chemise portant l'inscription au crayon "1821", le tout conservé dans un étui-chemise demi-veau marron à l'imitation, dos lisse, pièce de titre en long noire

Intéressant manuscrit, entièrement constitué de corrections à apporter à la première édition de l'Histoire de la Régénération de la Grèce comprenant le précis des événements depuis 1740 jusqu'en 1824, Paris, Firmin Didot, 1824, 4 vol. in-8, œuvre du célèbre diplomate et écrivain philhellène François Pouqueville (1770-1838). Ces notes, qui se rapportent aux pages 348 à 599 du tome 2 de l'ouvrage imprimé, concernent les combats qui se déroulèrent à Patras d'avril à juin 1821, entre les insurgés grecs et les troupes turques. Hugues Pouqueville, qui était alors consul de France dans cette ville située au nord du Péloponnèse, ne put empêcher la destruction du consulat et dut se replier sur l'île de Zante, avant de rentrer en France en 1822. Il fut ainsi un témoin oculaire des débuts de l'insurrection grecque. Extraits: "[Page] 348. J'écris aux chefs des insurgés pour leur recommander les personnes et les propriétés des sujets de toutes les puissances abandonnées de leurs consuls &c. Cela n'est pas exact. J'écrivis aux Turcs lorsque les consuls se furent retirés, mais dès qu'ils furent rentrés, je me gardai bien de m'ériger en fier fa tuto […]. – 359. Un Turc qu'il avait chargé de cette dépêche fut reçu chez un nommé Condogouri. Pourquoi ce terme de mépris ? Il fallait dire Mr Condogouri. Pourquoi dire le commandant turc du château de Skatovouni ? Tu sais bien qu'il n'y a qu'un château à Patras et que Skatovouni qui n'en a pas domine ce château"."368. Des ruisseaux d'huile enflammée coulaient jusqu'aux rivages de la mer. Pourquoi ces exagérations ? Valtero est éloigné de près d'un quart de lieue de la mer. Il n'y avait point de morceaux de têtes ni de poteaux, seulement quelques cadavres sans tête. – 371-372. [En] parlant du tableau qu'offrait Patras lorsque nous montâmes au château. Encore une fois il était inutile de le charger. Il n'y avait point de Grecs empalés ni de prêtre présent au milieu des agonies de la mort. Cela peut faire un bel effet mais cela n'est pas vrai ! Toute la ville était en feu, les barbares au milieu des flammes enlevaient tout ce qu'ils pouvaient et tuaient le peu de Grecs qui s'étaient oubliés dans les maisons, mais le nombre en fut peu considérable…"."567. Tout ce qui suit n'est pas exact et si tu avais lu mon journal avec attention, tu aurais vu que je ne revins plus à terre après que l'escadre grecque eut jeté l'ancre sur la rade de Patras, que nous quittâmes avant le lever du jour et pas après que les Grecs eurent appareillés pour forcer le passage des châteaux. – 571. Les Juifs de Vrachori ne s'étaient retirés avec les Turcs que pour éviter la mort et après la capitulation les Grecs montrèrent beaucoup de cruauté envers eux. En général et il faut le dire pour la vérité de l'histoire, les Juifs de la Morée et de l'Etolie ne méritaient pas le sort qu'ils ont éprouvé. Ils ne commirent env[ers] les Grecs aucune hostilité; ils demandaient grâce en offrant leur fortune, ce qui ne fut accordé qu'à un très petit nombre". Précieux témoignage de la collaboration des deux frères Pouqueville.

CASSAIGNES Victor

Les Eaux de Marseille, de Nice, de Nîmes, etc. et en général les eaux souterraines naturellement filtrées contenues dans les graviers qui bordent les rivières

Marseille E. Camoin 1865 in-8 de 64 pp. br., couv. bleue imprimée

Cachet de rangement d'une bibliothèque.Bon exemplaire

RECUEIL D'AQUARELLES DE VOYAGE - BERTRAM (M.)

"Memoranda of Costume, Character, and Customs abroad. From pocket sketch Books of 1856, 1860 and 1861 (collected in 1865)". [Titre manuscrit figurant sur le premier contreplat]

In-8 oblong (26 x 18,5 cm) demi-basane noire, dos lisse muet, filets dorés [Rel. de l'époque]

Rare recueil de dessins et aquarelles de voyage signé M. Bertram, comptant au total 40 aquarelles et 31 lavis ou dessins à l'encre de Chine, tous montés sur papier fort, parfois avec des encadrements. Les légendes sont en anglais et le plus souvent datées.Les 27 premières aquarelles concernent essentiellement Menton et ses environs (le Cap Saint-Martin, les routes de Nice et de Turin, Saint-Julien de Menton...), Menton "ville libre", à la veille de son rattachement à la France, avec ses vendeuses de citrons, son littoral et ses pêcheurs, ses ânes, etc. Les scènes de rue sont nombreuses et pittoresques, on y voit même "la grande armée en promenade" et le Palais Grimaldi.Les 6 lavis ou encre de Chine suivants montrent Toulon, Fréjus, le Rhin, le Château d'Hougomont et Waterloo en 1860, Morges...25 lavis et 13 aquarelles dépeignent ensuite le sud de l'Espagne : Alicante, Gibraltar, Malaga, Cadiz, Grenade, Xeres, avec des études de paysans, de mendiants et de pêcheurs andalous, des ânes, parfois montés par des "english ladies in search of the picturesque", des scènes de bateau où l'on croise "a Nubian slave" sur le pont, etc. Deux petites aquarelles supplémentaires ont été collées dans le premier contreplat : "The cat of the Hotel de Rivoli Paris 1863" et "Corsica at sunrise 30 dec 1860 about 120 miles of Mentone"Rare et pittoresque ensemble

TANI Antoine

Brevis enarratio eorum, quæ gesta sunt in Persia a reverendo Patre Antonio Tani magistro dominicano ex Provincia Romana post secundum ex Persia in Italiam regressum summo pontifici Bo. mem. Clemeti Nono oblata, latine ex italico sermone translata ad commodiorem usum reverendorum admodum PP. in comitiis generalibus congregatorum

Romæ, Florentiæ s.n. 1672 pet. in-4 dérelié, conservé dans un étui-chemise demi-veau marron à l'imitation, dos lisse orné, pièce de titre rouge en long, petites restaurations, tache d'encre, annotation manuscrite

4 pp.Ternaux-Compans Bibliothèque asiatique et africaine, 3114. Manque à Hage Chahine. Epitome de la Bibliotheca oriental... vol. I col. 316. Aucun exemplaire ni au CCF ni au WorldCat. Rarissime seconde édition (aussi rare qu'une première qui aurait été publiée en 1670) de cette brève relation traduite en latin de ce qu'a fait en Perse le Père Antonio Tani, Dominicain. Reçu à la cour de Perse, il tenta de négocier auprès de la puissance ottomane des conditions de vie plus favorables pour les chrétiens de la province d'Arménie

SZUHÀNYI Francisco Xaverio

Notitia Orbis e variis Peregrinationibus ab illustribus viris susceptis deprompta, ac in meliorem redacta

Cassoviae (Ko ice) Joannes Michael Landerer 1788 in-4 basane marbrée, dos à nerfs orné à froid, pièce de titre beige, tranches rouges [Rel. de l'époque], épidermée, coins émoussés, tampon effacé sur le titre rest

185 et (3) pp.Sommervogel, VII, 1795-96.Rare première et unique édition de ces descriptions, historiques et géographiques des diverses parties du monde, établies par le Jésuite François Xavier Szuhànyi (Erlau 1742 - après 1821) à partir des récits des plus fameux voyageurs.L'ouvrage contient une description physique de chaque pays, de ses ressources naturelles, de ses richesses et de son commerce, de ses moeurs et coutumes, et de la religion qu'on y pratique. Les Turcs tiennent les tortues en horreur et, s'ils pouvaient, passeraient leur temps à fumer ; les Japonais ne boivent que l'eau chaude et reçoivent leurs invités assis; l'Alaska est une île, les Canadiens portent des lunettes protectrices contre l'aveuglement de la neige, etc.On notera la part importante faite à l'Amérique, le chapitre s'intitulant d'ailleurs "Americae Inventio". Il y est traité bien sûr de l'Amérique du Nord et du Canada, au lendemain du Traité de Paris qui reconnaissait l'indépendance des États-Unis d'Amérique, mais aussi de la Californie, du Chili, du Paraguay... Plus étonnante est la place accordée aux îles caraïbes, puisqu'un chapitre entier est consacré à chacune des îles de la Guadeloupe et de la Martinique.La Chine occupe les pp. 147 à 150, le Japon les pp. 150 à 153 de la première partie; la Californie les pp. 149-151, le Paraguay pp.159 à 162, la Martinique et la Guadeloupe pp. 165 à 168 de la seconde.Szuhànyi était le directeur de l'Académie Jésuite de Kaschau (nom allemand de Ko ice), deuxième ville de Slovaquie, située sur la rivière Hornad, non loin de la frontière hongroise

GEERTS Anton Johannes Cornelis

A Report upon the mineral waters in Ashino-Yu, Hakoke [sic]

[Japon] [1880] in-12 de 8 pp. br., couv. imprimée (défauts)

Aucun exemplaire au WorldCat. Absent aussi bien de la National Diet Library du Japon que de la Koninklijke Bibliotheek - Nationale bibliotheek van Nederland. Rare impression japonaise sur les eaux minérales de Ashinoyu, dans la région de Kanto sur l'île de Honsh . L'ouvrage est du chimiste néerlandais Anton Johannes Cornelis Geerts (1843-1883) qui travailla sur le terrain et fut l'un des premiers à proposer une description approfondie des sources thermales japonaises."In July 1875, his first report concerning Japanese hot springs had been published by a German Academic Society in Japan" (Shozo Nakagawa, "Analyses of mineral waters in Unzen by A. J. C. Geerts and his biography")

ARIOSTO Ludovico

La primera [et Segunda] parte de Orlando Furioso dirigido al principe don Philippe nuestro Senor: traduzido en Romance Castellano por don Ieronimo de Urrea Coregido segunda vez por el mismo//con el verdadero sucesso de la famosa batalla de Roncefualles, fin y muerte de los doze Pares de Francia: dirigida al muy llustre Senor Don Pedro de Centellas Conde de Oliua, &c. por Nicolas Espinosa nueuamente corregida

Anvers Martin Nucio 1557-1558 2 parties en 1 vol. grand in-8 (15,5 x 22,5 cm) vélin ivoire souple, titre manuscrit en long au dos, traces de lacets [Rel. de l'époque], pet. rest. et défauts int

260 ff. (dont le titre avec la grande marque de l'éditeur) + 2 ff. non numérotés (table), portrait et 45 bois dans le texte; 3 ff. non numérotés (titre, dédicace et sonnets), 180 ff. et 1 f. (table) et 35 bois dans le texte.Brunet I, 443. Palau 16603. Vindel I, 173.Illustré au total d'un portrait et 80 bois dans le texte.Édition revue et corrigée de la traduction estimée de Jeronimo de Urrea (Saragosse vers 1510 - Naples vers 1573), premier traducteur du Roland furieux de l'Arioste qu'il introduisit en Espagne. L'oeuvre a été clairement identifiée comme une des sources d'inspiration de Cervantes pour la composition de Don Quichotte.Le titre pourrait induire en erreur, car la seconde partie est en réalité une suite en espagnol du Roland Furieux, imaginée par Valencien Nicolas Espinosa. Elle avait été publiée pour la première fois à Saragosse en 1555.Cette seconde partie est considérée comme "assez rare" dès le XVIIIème siècle et David Clément note: "Nicolas des Espinosa, bon poëte, selon Nicolas Antoine, qui vivait du tems de l'empereur Charles Quint a composé cette seconde partie en Espagnol pour la joindre au Roland Furieux traduit dans la même langue par Jérôme de Urrea... Il est très difficile de joindre les deux parties du Roland furieux en espagnol, ce qui fait qu'il est beaucoup plus rare que l'original" (David Clément. Catalogue raisonné des livres difficiles à trouver. Göttingen, 1751. vol. II p. 69).

CORDOBA Antonio

Relacion del ultimo viage al estrecho de Magallanes de la fragata de S.M. Santa Maria de la Cabeza en los años de 1785 y 1786. Extracto de todos los anteriores desde su descubrimiento impresos y mss. y noticia de los habitantes, suelo, clima y producciones del estrecho. Trabajada de orden del Rey

Madrid Viuda de Ibarra, Hijos y Compañia 1788 in-4 veau brun, dos à nerfs orné de filets dorés [Rel. moderne, à l'imitation]

Portrait en frontispice, 3 ff.n.ch., XVI et 359 pp., 4 tableaux in texte (correspondant aux pages 71 à 74), 2 cartes et 2 plans hors texte. Sabin, 16765. Leclerc, 1971. Chadenat, 552. Édition originale, illustrée d'un portrait de Magellan et de 4 cartes et plans représentant le détroit de Magellan. Sans l'Appendice publié en 1793. "Ouvrage difficile à rencontrer avec la seconde partie" (Chadenat). Intéressante relation sur cette partie de l'Amérique du Sud. Elle contient les illustrations suivantes : Carta Esferica de la parte sur de la America Meridional, año 1788. – Carta reducida des estrecho de Magallanes, año 1788. – Primer plano de varios puertos del estrecho de Magallanes, levantados el año de 1786. – Segundo plano de varios puertos del estrecho de Magallanes, levantados el año de 1786. Précieux exemplaire ayant appartenu au capitaine de vaisseau Gaston de Rocquemaurel (1804-1878), second de Dumont d'Urville lors de l'expédition au Pôle Sud et en Océanie de 1837 à 1840, avec sa signature sur la page de titre.Beau spécimen de reliure à l'imitation du XVIIIème siècle

TABAC

Herbier réalisé avec les feuilles de plants de tabac de différentes régions du monde

Fin du XIXe - début du XXe siècle in-folio 3 vol., en feuilles, chemises de papier bleu, étiquettes de titres manuscrites sur les plats

4, 6 et 6 ff. de feuilles séchées sur papier quadrillé, encadrement et légendes à l'encre de Chine, carte manuscrite des régions concernées collées sur les chemises, pour les États-Unis et Java-Sumatra.La chemise consacrée aux États-Unis contient des feuilles de Maryland, Seed-Leaf, Kentucky et Virginie Brightness-Belt. Les deux autres sont dédiée aux tabacs des Indes Néerlandaises et aux tabacs d'Orient (Algérie, Bulgarie...).Bel ensemble en très bon état

FISCHER VON WALDHEIM Johann Gotthelf

Notice sur le Tettigopsis nouveau genre d'Orthoptères de la Russie. Programme d'invitation à la séance publique de la Société Impériale des Naturalistes, de Moscou pour la réception de son nouveau Président le Prince Dmitri Golitzin, Gouverneur général militaire de Moscou, Président de la Société Impériale d'Agriculture etc

Moscou Auguste Semen 1830 in-4 cartonnage de l'époque, dos de papier turquoise, titre manuscrit en long, lég. frotté

16 pp. et une planche hors texte en couleurs.A échappé à Nissen. Édition originale. Rare.Natif de Mayence, ami de Humboldt et élève de Cuvier, Grigori Ivanovitch Fischer von Waldheim (1771-1853) était professeur d’histoire naturelle à l’Académie de Moscou et directeur de son muséum. Il avait fondé, en 1805, la Société impériale des naturalistes de Russie. Il est enterré au cimetière allemand de Moscou

AÉROSTATION - BLANCHARD Jean-Pierre

Da habt ihr den Blanchard, den Luft-Ball und seinen Fallschirm in Versen!

S.l. 1786 4 pp. in-12 en feuilles

Curieuse ode en allemand au célèbre Blanchard.Le poète cite également Pilatre.Blanchard (1750-1809) avait acquis la célébrité dans le monde de l'aérostation en faisant pour la première fois la traversée de la Manche en ballon en janvier 1785, avec Jeffries. Audacieux mais vivant de réclame, cet aéronaute effectua au cours de son existence une soixantaine d'ascensions en ballon dont il organisait le spectacle, en vendant des billets par souscription. Rare et en parfait état de conservation

VIAS Balthasar de

Henricea Ad christianissimum Galliae et Navarrae Regem Henricum IV

Aquis Sextiis [Aix] Ex Typographia Iohanis Tholosani [Jean Tholosan] 1606 in-4 (16,5 x 23,5 cm) vélin ivoire souple, dos lisse orné de filets et de cinq lys dorés, titre manuscrit au dos, filets dorés encadrant les plats, armoiries dorées au centre, tranches dorées [Rel. de l'époque], dans une boîte moderne de maroquin bordeaux à dos lisse, doublée de moire verte, pet. travail de rongeur sur le 1er plat, mouill. marg. aux 3 premiers ff

Frontispice gravé, 2 ff.n.ch., et 176 pp.Cioranescu 66248. Ce recueil en vers, dédié à Henri IV, comprend, après un panégyrique, près de cent pages d'emblèmes, un épithalame et en fin de volume un poème astrologique (genethliacum) au Dauphin, futur Louis XIII.Seule édition, ornée, outre le frontispice avec encadrement surmonté du portrait d'Henri IV, de 4 curieuses planches gravées à l'eau-forte à pleine page dans le texte, relatives à Henri IV et à Louis XIII enfant (le roi Henri IV à cheval, le même au pied d'un arbre généalogique, celui-ci en Hercule gaulois (avant le poème nuptial) et enfin le Dauphin en pied auprès de son frère, le Duc d'Orléans au berceau, dont deux lions lèchent les mains). L'Hercule gaulois, avec la peau de bête et la massue, ses attributs traditionnels, symbolisait déjà dans les Emblèmes d'Alciat l'éloquence supérieure à la force. La bête tenue à la chaîne figure les passions domptées (celles du Vert galant) et les deux femmes assises à l'arrière-plan, la France et la Navarre.Balthazar de Vias, poète néo-latin né à Marseille en 1587, était avocat au Parlement de Provence et également féru de numismatique et d'astronomie. Il est mort en 1667, non sans avoir été nommé par Louis XIII, qu'il semble avoir connu enfant, gentilhomme de la chambre du Roi et conseiller d'État.Précieux exemplaire dans une élégante reliure de l'époque aux armes d'Henri IV (OHR 2492, fer n°2).Exemplaire cité par Olivier Hermal et de Roton. A figuré au Bulletin de la Librairie Morgand, dirigée par Édouard Rahir (janv. 1920 n° 640)

BORGNIS-DESBORDES Gustave

85 lettres autographes signées à sa famille

Versailles, Toulon, Saïgon 1868-1871 environ 550 pp., la plupart in-8 conservé dans une boîte moderne de papier gris foncé, pièce de titre noire

Dictionnaire de biographie française, VI, 1104-1105. Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs français du XIXe siècle, Afrique, pp. 40-41.Né à Provins en 1839, Gustave Borgnis-Desbordes fut admis à l'École Polytechnique en 1859, puis à l'École d'application de Metz d'où il sortit, en 1863, lieutenant d'artillerie de marine. Il fut alors affecté à Toulon. Promu capitaine en 1867, il servit à Paris avant de faire campagne en Cochinchine de février 1868 à mars 1871. Il revint ensuite à Toulon, à l'École de pyrotechnie, avant de servir à la direction de l'artillerie, puis à l'inspection générale de l'arme. Il effectua par la suite trois importantes campagnes dans le Haut-Sénégal et le Haut-Niger (1880-1883), prit part à la campagne du Tonkin (1884-1885), fut nommé, en 1890, général de division et inspecteur général de l'artillerie de marine, puis commandant supérieur des troupes françaises en Indochine en 1899. Il mourut à Hanoï en 1900. Ces lettres ont été écrites pendant la campagne de Cochinchine (1868-71) : appareillage de Toulon le 16 février 1868 à bord de la Seine, arrivée à Alexandrie le 28, visite de la ville puis du Caire, excursion aux Pyramides le 10 mars, départ pour Suez le 17 puis embarquement le lendemain sur la Sarthe, traversée de la mer Rouge, du golfe d'Aden et de l'océan Indien, arrivée à Saigon le 4 mai : installation, adaptation à la chaleur et à l'humidité, vie militaire, évocation de soulèvements en Cochinchine en juin 1868, inspection et manœuvres des troupes, rapports avec ses supérieurs, condamnation d'Annamites par un conseil de guerre, problèmes de santé (dysenterie), retour en France en septembre 1869, puis nouveau départ pour l'Indochine en décembre, avant de revenir à Saïgon le 27 février 1870. Le mois suivant, son colonel le met aux arrêts; sa maison est cambriolée, malgré la présence de six officiers, puis il est témoin, au mois de mai, d'actes d'insubordination chez les canonniers et évoque, en août, la guerre qui vient d'éclater entre la France et la Prusse. Parmi cette importante correspondance, 40 lettres sont adressées à sa mère, Louise Borgnis-Desbordes, 25 à sa sœur Claire (épouse d'Henry Lethier, ingénieur des Ponts et Chaussées), et 20 à ses frères, Ernest, Alexandre et Paul. Si la première lettre est datée de Toulon, du 19 janvier 1868, la plupart ont été écrites à Saigon entre mai 1868 et octobre 1870. Quelques-unes ont été écrites pendant la traversée, ou à Versailles, et la dernière est de Toulon, du 19 mars 1871. On joint une photographie le représentant à l'âge de 28 ans, au moment de son départ pour la Cochinchine (par Camille Rensch, photographe, 19 rue Royale à Paris), avec une carte de visite annotée, l'ensemble sous enveloppe de deuil, ainsi qu'une lettre autographe signée de son frère Ernest (Versailles, 12 décembre 1868, 2 pp. in-16). Extraits : 1868 : "J'ai été faire une excursion au Caire. J'ai parcouru les bazars célèbres de cette grande ville, j'ai visité la citadelle et sa grande mosquée, le puits de Joseph, le fossé où les Mamelouks ont été traîtreusement engagés et égorgés. J'étais accompagné d'un docteur de la Marine et du Substitut du Procureur Impérial, tous les deux aimables et joyeux compagnons... Nous quittions notre hôtel à six heures du matin et à dix heures nous étions aux pieds des Pyramides. Nous avons trouvé des Arabes qui sont là aux pieds de ces singuliers monuments, et qui vous empoignent pour vous faire monter absolument comme le feraient nos sergents de ville pour conduire un coupable récalcitrant; un Arabe vous prend la main gauche, un autre la main droite, un troisième pousse derrière, et un quatrième monte avec une gargoulette pour vous donner une goutte d'eau quand la fatigue et la sueur vous ont rendu le palais sec comme un four à plâtre. Nous avons gravi la plus haute des Pyramides, la pyramide de Chéops, qui a à peu près 152 mètres de haut... Enfin j'arrivai au sommet avec mes quatre Arabes, et après avoir aperçu gros comme des enfants mes deux compagnons qui étaient encore au 1/3 de la route, je me couchai ou plutôt je me laissai tomber par terre, épuisé par cette course fantastique faite trop rapidement…" (lettre 117-5, 14 mars, en rade d'Alexandrie). "Nous sommes au milieu de la Mer Rouge, la chaleur est étouffante, nous avons vent debout et nous remuons assez pour que la manœuvre du porte-plume soit assez difficile" (lettre 117-8, 29 mars, à bord de la Sarthe). "Le lundi 23 je vais avec un évêque, passager à bord, et un colonel d'infanterie, visiter un transport anglais, l'Euphrate. On ne peut imaginer comme les Anglais ont plus que nous le respect de la vie de leurs soldats et le sentiment du confortable… A bord de l'Euphrate on voit des infirmeries, des hôpitaux, des chambres à bains, installés avec luxe, propreté et beaucoup d'air. A bord de la Sarthe l'hôpital est dans la batterie, et les hommes malades asphyxiés par la chaleur et l'odeur de la machine et des cuisines sont dans les meilleures conditions possibles pour crever comme des chiens..." (lettre 117-9, 30 mars, Aden, à bord de la Sarthe). Saigon : "Je monte mon ménage un peu tous les jours, et j'espère arriver bientôt à être très convenablement installé. Je suis forcé d'avoir à faire aux Annamites et surtout aux Chinois qui accaparent presque tout le commerce. Les Chinois sont les Juifs de I'Asie. Le dialogue est quelquefois très amusant, le nombre de mots très limité, et par suite les nuances du langage disparaissent complètement. Ainsi, quand un Chinois veut vous faire payer un prix exagéré, pour lui dire qu'il n'est pas raisonnable, on lui parle ainsi : toi, voleur; et il répond : moi, pas voleur. Ils savent aussi le mot filou, et ils connaissent parfaitement la chose que ça veut dire..." (lettre 117-12, 11 mai, à la suite de la lettre du 12 avril). "Je me lève à 4h 1/2 ou 5 h à la lumière tous les jours, car comme adj. major je suis forcé d'assister à l'appel du matin, et d'organiser les manœuvres… Depuis lundi, c'est moi qui dirige l'éducation pratique de nos hommes; à 6 h précises une batterie attelée quitte le quartier, j'ai des mulets enragés attelés à mes voitures, et je fais faire à tout mon personnel des courses soignées jusqu'à 8 h du matin. A 8 h je rentre, je signe mon rapport de tous les jours, je signe ma comptabilité, je paye mes hommes quand c'est le jour de prêt, et je rentre me déshabiller. Je change de tout, car je n'ai pas un cheveu de sec... J'ai appris aujourd'hui la mort du fils du général Paté. Il faisait partie d'un poste qui a été massacré par les Insurgés, et le malheureux était nommé sous-lieutenant depuis 48 heures… Ce soulèvement n'aura aucune conséquence; hier le gouverneur a été informé par le cdt. de la colonne expéditionnaire que tout était entré dans l'ordre; nous n'avons à déplorer que la perte complète du personnel du poste qui a été surpris et qui se composait de 20 hommes et de 2 officiers... Nous jouissons d'ailleurs dans la Colonie d'une détestable réputation au point de vue politique. Bien des gens ne viennent pas dîner avec nous de peur d'être compromis. Il est vrai que les idées sont tellement avancées en général que moi, qui a toujours passé partout pour un révolutionnaire, je suis considéré ici comme un conservateur endurci et dangereux" (lettre 117-15, 4 au 25 juin). "Tu sais que la lutte me surexcite et produit dans tout mon être un développement momentané, mais très considérable, de ressort et d'énergie. Je me suis trouvé par la nature de mes fonctions en relations forcées avec le général d'infanterie commandant les troupes en Cochinchine. Nous nous sommes disputés de la plus belle façon au monde; j'ai mis le désordre dans toute une commission, mais j'ai réussi à être assez prudent pour en être quitte pour un magnifique sermon sur mon esprit d'opposition systématique... Tu as tort de croire mes promenades au loin dangereuses : nous sommes ordinairement cinq ou six à cheval ensemble et, sans aucune exagération, à coups de cravache nous ferions fuir au moins deux cents Annamites révoltés. Cette population n'est pas guerrière; elle a besoin d'une grande surexcitation pour arriver à se battre..." (lettre 117-22, 10 et 24 août). "J'ai été voir dernièrement un conseil de guerre jugeant des Annamites accusés d'avoir formé le complot de surprendre la citadelle, de brûler l'arsenal, de piller les magasins, etc. Ces braves gens défendaient leur pays : nous sommes ici par le droit du plus fort, et les jugements de nos conseils de guerre sont bien obligés d'avoir pour base que porter les armes contre nous, c'est se révolter contre l'autorité régulièrement établie… Bref, sur 14 accusés, onze ont été condamnés à avoir la tête tranchée. L'avocat était stupéfait; il avait défendu assez bien les accusés, mais avait cependant gardé ses arguments les plus décisifs et toute son éloquence pour la réplique. Mais le Commissaire impérial, qui était mon vieux capitaine d'artillerie de Brest, jugea inutile de lui donner l'occasion d'être aussi éloquent; et lorsqu'on lui donna la parole pour répondre à l'avocat, il déclara n'avoir rien à dire, ce qui forcément empêchait par cela même toute réplique…" (lettre 117-24, 10 septembre). 1869. Saïgon. "Il faut voir de près notre système colonial pour être bientôt convaincu que la France fait d'inutiles sacrifices pour ses colonies, tue ses hommes sous des climats affreux pour ne rien produire, diminue l'influence de notre drapeau au lieu de l'étendre... Ainsi la Cochinchine pourrait être pour la France une colonie admirable, le sol est aussi riche que celui du Bengale; le riz, le maïs, le paddy, le grahm, les fruits de toute nature, la soie, l'indigo, etc., suffisent pour faire de cette colonie française le pays le plus riche du monde. Nous sommes au milieu d'une population annamite d'un caractère timide, doux, mais peu laborieuse, peu industrieuse. Nous sommes entourés de Chinois, les Juifs de l'Asie, actifs, entreprenants, commerçants et industriels infatigables. Le peuple annamite accepte notre domination, il est abruti depuis longtemps par le despotisme, et peu lui importe quel est son maître. Il nous accepte même volontiers parce qu'avec nous il ne paye souvent l'impôt qu'une fois, et c'est plus économique qu'avec ses anciens Mandarins… Les Mandarins, les grandes familles dépossédées ne peuvent accepter et n'acceptent pas comme le peuple notre gouvernement. Ils voudraient bien susciter la révolte, recommencer la guerre. Il faut donc qu'avec les faibles forces dont nous disposons (3000 hommes au grand maximum) nous tenions en respect ces grands seigneurs, et pour cela il faut leur retirer tout pouvoir politique, nous mettre à leur place et leur montrer que là où nous sommes, ils ne sont plus rien. C'est l'inverse qu'on fait; on leur donne honneurs, dignités et fonctions, des croix d'officier de la Légion d'honneur et des commandements… Si nous voulions préparer la révolte, recommencer la guerre, y aurait-il un moyen plus infaillible d'y arriver ?" (lettre 128, 10 mars). "Une bonne dysenterie est venue troubler mon repos… J'ai maigri en huit jours d'une façon incroyable, et aujourd'hui, sous mes pantalons de I'École d'application, je mets sans me serrer une ceinture de flanelle, une chemise de flanelle, un caleçon et une immense ceinture de flanelle à la zouave. Tu vois que je suis devenu un émule de Don Quichotte. L'hôpital ici est un séjour terrible : les officiers sont dans une case en bois recouverte de feuilles sèches et la chaleur y est intolérable. Le médecin n'y entend rien; les remèdes même manquent…" (lettre 137, 5 juin). "La race chinoise est complètement rétive à toute conversion. A Cholen, près de Saïgon, il y a 80 000 Chinois, et malgré les efforts des Missionnaires, ces contrebandiers de la Religion, ces commerçants éhontés, il n'y a pas 10 Chinois convertis. Quant à l'Annamite, c'est beaucoup plus simple, ils sont tous voltairiens sans le savoir, et se moquent parfaitement de tout ce qui est culte, cérémonies et dogme. Ils sont catholiques, juifs, bouddhistes, comme on veut, ça leur est bien égal. Les conversions sont alors assez faciles avec quelques sous, mais leur valeur est minime" (lettre 143, 18 juillet). 1870. Saigon. "La nouvelle certaine de la déclaration de guerre entre la France et la Prusse est arrivée hier à Saigon. Il y a longtemps déjà que ce bruit courait en Cochinchine, et le 18 juillet on disait que la guerre était décidée. Comment pouvait-on le savoir ? Je l'ignore, et il y a vraiment quelque chose d'étrange dans la rapidité avec laquelle se propagent les funestes nouvelles… Ici notre cœur est serré, l'émotion est silencieuse, triste sans découragement. Savoir la France exposée à de tels périls et être là les bras croisés dans ce pays où l'on meurt aussi, mais sans l'émotion de la lutte, sans l'enthousiasme du succès ou la colère de la défaite… Moi, je cherche la guerre partout, et je ne puis la rencontrer..." (lettre 163, 5 août). "Les nouvelles télégraphiques se succèdent désastreuses; battue à Forbach, battue à Lunéville, battue à Nancy, l'armée française est refoulée sur Metz. Une grande bataille est imminente, fatale, nécessaire des deux côtés, elle a dû avoir lieu le 15 ou le 16 Août. Une dépêche non officielle est arrivée jusqu'ici; elle porte ces cinq mots sans ponctuation : Nancy occupé Prussiens victoire Metz. Qu'est-ce que cela veut dire ? J'ai peur de comprendre" (lettre 167, 27 août 1870). "Cette capitulation de Sedan est une infamie. Les généraux qui ont signé devraient passer en Conseil de guerre et être fusillés. On ne rencontre de pareils exemples de lâcheté que chez les peuples abrutis qui doivent bientôt disparaître. Heureusement ce n'est pas l'armée qui a fait cette infamie, mais ses généraux et notre Empereur, ce général de parade, qui a osé traîner dans la boue un nom qu'il n'a pas le droit de porter..." (lettre 169, 21 octobre)

MOUCHEZ Charles

Campagne du Duguay-Trouin 1904-1906. Manuscrit autographe

S.l. 1904-1906 petit in-folio (29,7 x 19,2 cm) de 1 f.n.ch. (titre) et 150 pp.n.ch., plus qqs ff. restés vierges toile noire, étiquette manuscrite sur le premier plat [Rel. de l'époque]

Journal personnel de Charles Mouchez sur le croiseur-école d'application le Duguay-Trouin, destiné à la formation des aspirants de marine. Il couvre deux campagnes : du 10 octobre 1904 au 20 juillet 1905, puis du 10 octobre 1905 au 1er août 1906. A chaque fois, le départ et l'arrivée ont lieu à Brest. Les principales étapes sont les Açores (Fayal, port de La Horta), les Canaries (Las Palmas), la Trinité, la Martinique (séjour à Fort-de-France, visite des ruines de la ville de Saint-Pierre dévastée par l'éruption de 1902), La Havane, Dakar, Cadix, etc. Le navire se rend ensuite en Méditerranée (longs séjours à Venise et à Alger), en mer Égée puis en mer du Nord (Écosse). À l'automne 1905, il repart pour Dakar et les Antilles, puis vers l'Irlande et l'Angleterre. Le journal se clôt sur un récapitulatif des deux campagnes et des distances parcourues. Il est illustré de 14 photographies dont 13 collées en regard du texte, de 11 dessins ou croquis dont 2 aquarelles, et de 2 cartes postales. Les photographies représentent, pour la première campagne : Le Duguay-Trouin (sous le titre). - Port de La Horta. - Vues de St Pierre de la Martinique (2 photos montrant les ruines de la ville). - Arrivée à La Havane, épave du Maine (2 photos). - Dakar : vue des terre-pleins où sera construit l'arsenal de la Marine. - Venise. - Le Duguay-Trouin échoué (à St Jean-de-Luz). - Arsenal de Brest, les ouvriers pendant le repas de midi (2 photos). Pour la deuxième campagne : Le Goëlan, aviso de station, Dakar. - Palais du gouverneur général de l'Afrique Occidentale Française (AOF). - Le lieutenant de vaisseau Glou Villeneuve à Dakar. Les dessins, à l'encre noire ou au crayon, montrent une Fayalienne en costume, un profil du pic de Ténériffe, le plan de l'atterrissage à la Trinité, un pélican, l'épave du Maine à La Havane, une vue du port de Dakar, le croquis de l'échouage à St Jean-de-Luz (déchirure), une vue de l'île de Staffa (Écosse) et le plan du mouillage à Funchal (Madère). Les deux aquarelles, exécutées sur papier fort, représentent une vue de Las Palmas, le 26 octobre 1904, et une de Tarente, les 16-17 mars 1905. Quant aux deux cartes postales, elles reproduisent des photographies prises lors de la campagne du Duguay-Trouin en 1905-1906 : le commandant et l'officier des montres examinant un cercle (signée J. Geiser, photographe à Alger) et une femme de Griot à Dakar (J. Geiser, Alger). L'auteur de ce journal, Charles Louis Ernest MOUCHEZ (1867-1911) était le fils de l'amiral Mouchez, directeur de l'Observatoire de Paris et membre de l'Académie des sciences. Entré dans la Marine en 1885, il devint aspirant en 1888, enseigne de vaisseau en 1891 puis lieutenant de vaisseau en 1897. Officier breveté torpilleur, il servit dans l'escadre de la Méditerranée et dans celle d'Extrême-Orient. De 1902 à 1904, il commanda en second l'Ecole des mécaniciens de Brest. Professeur à l'Ecole navale sur le Borda en 1911, il périt noyé lors d'une permission à l'occasion d'un bain de mer. On joint quelques notes sur des feuillets libres ainsi que l'Itinéraire du Duguay-Trouin pour les deux campagnes (4 pp. hectographiées)

MANUSCRIT MARINE

Marine, An 7. Etat Nominatif des Batimens de Guerre et tout rang, actuellement existants

Paris Ministère de la Marine 1799 4 ff. in-folio, dont un blanc, papier vergé

État nominatif complet manuscrit, parfaitement lisible, des bâtiments de la marine française en 1799, à la fin du Directoire, classé par vaisseaux (48), frégates (50), corvettes (42), bricks (14), lougres (10), cutters (16), avisos (12), demi-chebecs (6), goélettes (11), flûtes et gabares (14), chaloupes canonnières (25), bateaux canonniers (135) et bateaux construits pour la déserte et Angleterre (177).Le ministère de la marine est, sous le gouvernement du Directoire, particulièrement instable, notamment l’année 1799 voit se succéder trois ministres : Charles Joseph Mathieu de Lambrechts (du 4 au 7 mars), Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord (par intérim du 7 mars au 2 juillet) et Marc-Antoine Bourdon de Vatry (du 2 juillet au 22 novembre). C’est à la suite du départ de l’expédition d’Egypte (19 mai 1798) que se dessine une crise maritime qui aboutira à la destruction par Nelson de la flotte française à Aboukir (1 août 1798).Les succès mitigés des Français en Orient coïncident avec le retour de Napoléon au Caire le 14 juin 1799 et son retour d’Orient à Paris le 16 octobre suivant. Le Coup d’État de Brumaire les 9-10 novembre 1799 place provisoirement Bonaparte, Sieyès et Ducos au pouvoir et, dès le 12 décembre, Bonaparte devient premier consul. C’est sous ce panorama militaro-politique que s’esquisse cet état de la Marine française, peu de jours avant la prise du pouvoir par Napoléon

MANUSCRIT - MARTI Fray Domingo

Memorias sobre [la vida y muerte de] XXVII venerables siervos de Dios, que en los años mil ochociontos [sic] treinta y ocho, treinta y nueve y cuarenta murieron por la Religion catolica en el Vicariato Apostolico, del Tun Kin Oriental

[Nam An 1841] petit in-4 de 6 ff. n. ch., 2 ff. n. ch. blancs et 117 ff.n.ch. (paginés avec erreurs) basane granitée, double filet à froid encadrant les plats, dos orné de roulettes et filets dorés, pièce de titre brune, tranches ébarbées (Victorio Arias, relieur à Madrid)

Précieuse copie manuscrite du célèbre mémoire resté inédit du père dominicain espagnol Domingo Marti (1811-1852), haut missionnaire et vicaire apostolique au Viet Nam, rédigé dans ces contrées en 1841, contenant la biographie et le récit des circonstances de la mort violente des vingt-sept martyrs catholiques victimes de la répression de l’empereur Minh-Mang, le « Néron de l’Indochine ». Ces faits constituent l’une des pages les plus sombres de l’histoire moderne du Viet Nam, et l’une des plus douloureuses de la présence occidentale dans ce pays.Ce document contient aussi des précieux renseignements sur les mœurs, les us et coutumes des vietnamiens, des détails sur leur système de justice et sur leur mentalité. Dépassant le cadre historico-religieux, ce manuscrit livre une foule de détails sur les stratégies politiques de Minh Mang face aux occidentaux et sur les luttes intestines entre le pouvoir impérial, le mandarinat, les seigneurs et la population.Notre exemplaire semble être celui cité par Palau y Dulcet, qui est décrit comme ayant « 250 pages » ; collationnement rigoureusement identique au présent manuscrit.Manuscrit établi dans les missions espagnoles du Viet Nam en 1841 et resté longtemps sur place dans la Maison des Dominicains du Tonkin Oriental. Parfaitement lisible, il a été rédigé à l’encre noire sur papier fin de Chine. L’introduction porte la signature autographe et le paraphe de l’auteur, le père Domingo Marti, ainsi que quelques corrections autographes de cet illustre prélat. Titre encadré d’un double filet gras et maigre et orné d’un fleuron allongé dessiné à la plume.Pour la rédaction de cet ouvrage le père Marti eut accès à des informations de première main livrées par des témoins oculaires et des documents originaux conservés dans les archives de son diocèse, outre les événements qu’il put constater lui-même. Dans ce vaste travail l’auteur présente tout ce qu’il a rigoureusement contrôlé et documenté, et il a soumis à des examens scrupuleux et dignes de la plus grande véracité tous les faits avancés. Il donne en guise d’introduction un précis sur l’histoire des missionnaires et des martyrs du Tonkin depuis 1627 jusqu’aux martyrs de 1837-1840.Le manuscrit contient la vie, la passion et le martyre des bienheureux, avec des renseignements biographiques très intéressants, classés comme suit : – Agustin Huy, soldat chrétien, scié par le milieu du corps le 13 juin 1839. – Nicolas Thé, soldat chrétien scié par le milieu du corps le 13 juin 1839. – Domingo Dat, soldat chrétien, étranglé le 18 juillet 1839. – Ignacio Delgado, espagnol, évêque de Mellipotamie, vicaire apostolique du Tonkin oriental, meurt en prison le 12 juillet 1838. – Domingo Henares, espagnol, évêque de Fesseite, décapité le 25 juin 1838. – Vincente Do Yen, prêtre, décapité le 30 juin 1838. – Francisco Chiêu, catéchiste, décapité le 25 juin 1838. – José Fernandez, dominicain espagnol, décapité le 24 juillet 1838. – Pedro Juan ou Thuan, prêtre, mort en prison le 15 juillet 1838. – José Uyên ou Nguyen Dinh Upen, catéchiste, mort le 4 juillet 1838. – Bernardo Duê, prêtre, décapité le 1er août 1838. – Domingo Hânh, dit Diêu, dominicain, décapité le 1er août 1838. – José Dang Dinh (Nien) Vien, prêtre, décapité le 21 août 1838.– Pedro Tu ou Thi, prêtre, et six de ses compagnons, dont François -Xavier Ha Thong Mâu, catéchiste, Domingo Bui Van Uy, catéchiste, Agustin Nguyen Van Moi, laïc, Esteban Nguyen Van Vinti, laïc, Tomas Nguyen Van Du ou Dé, tailleur, tous décapités le 19 décembre 1839. – Domingo Tuoc, prêtre, assassiné le 2 avril 1839. – Francisco Tomas Du, prêtre, décapité le 26 novembre 1839. – Domingo Nguyen Van (Doan) Xuyen, prêtre, décapité le 26 novembre 1839. – Agustin Dien, catéchiste, égorgé, en novembre (?) 1839. – José Do Quang Hien ou Haon, prêtre, décapité le 9 mai 1840, frère d’Antonio Nguyen Huu Nam Quynh, laïc, décapité le 10 juillet 1840.– Tomas Toan ou Thieu, catéchiste, mort le 27 juin 1840. – Domingo Trach Doai, prêtre, décapité le 18 septembre 1840. – Un enfant, fils d’Augustin Huy, étranglé en juin 1838.Ces bienheureux font partie d’un groupe de soixante-quatre martyrs morts entre 1798 et 1853, béatifiés le 27 mai 1900 par le pape Léon XIII. Ils constituent le groupe de cent-dix-sept martyrs du Viet Nam canonisés par le pape Jean-Paul II le 19 juin 1988.Parmi ces bienheureux, on comptait dix prêtres français des Missions étrangères de Paris, onze dominicains espagnols, quatorze religieuses, et le plus lourd tribut payé par quatre-vingt-seize vietnamiens.Le père Domingo Marti, frère de l’Ordre des Prêcheurs en 1827, est né à Morella (Castellon de la Plana), en Espagne, en 1811. Le 14 mai 1828, en compagnie de dix-sept autres frères, il part de Cadiz à bord de la frégate « Socorro » vers Manille, où il débarque le 24 octobre de la même année. Nommé prêtre en 1834, il est envoyé en 1837 à Cagayan, aux Philippines, puis la même année au Viet Nam. Le pape Grégoire XVI signa un bref pour sa nomination de vicaire apostolique en 1845, fait effectif sous le pontificat du pape Pie IX, en 1847. Monseigneur Marti est ensuite promu à la Mission du Tonkin Central, au Viet Nam, puis la même année il prend le titre d’évêque titulaire de Tricomia (Palestine). C’est en 1848, en qualité de vicaire apostolique du Tonkin Central, au Viet Nam, qu’il essuya les très violentes persécutions contre les catholiques de la part des autorités vietnamiennes. Le père Marti, dit Dua Thay Gia en tonkinois, est mort à Hong Kong dans la Maison de missionnaires français ad exteros lors de son retour vers Manille le 26 août 1852. Il est auteur de quelques ouvrages et rapports épistolaires sur les martyrs massacrés en Extrême-Orient, dont le plus important est Memorias sobre XXVII venerables siervos de Dios, que en los años mil ochociontos [sic] treinta y ocho, treinta y nueve y cuarenta murieron por la Religion catolica en el Vicariato Apostolico, del Tun Kin Oriental, rédigés en 1841 et restés manuscrits. Le père Marti rédigea aussi un Año Cristiano en langue tonkinoise, avec les vies des saints de son ordre, resté également inédit.Histoire et politique du Viet NamCet ouvrage sur les martyrs du Tonkin s’inscrit dans une longue lignée d’événements historiques et socioculturels du Viet Nam. Le Tonkin a été sous domination chinoise depuis les débuts du premier millénaire jusqu’à l’année 939, date à laquelle le général Ngô Quyên (897-944) prend le pouvoir devenant le premier roi du Viet Nam, libérant en même temps son pays de la domination chinoise et fondant la dynastie Ngô. Le pays sera gouverné par des vice-rois en permanente guerre fratricide, les Douze Seigneurs, depuis la mort de Ngô Quyên en 944, jusqu’à l’année 968, date à partir de laquelle le Viet Nam sera gouverné par Dinh Bô Linh, le premier empereur du Dai Cô Viêt, l’ancêtre du Viet Nam. Cet empereur, au trône de 968 jusqu’à son assassinat en 979, est le fondateur de la dynastie des Dinh. De 980 à 1009, le pouvoir est contrôlé par la dynastie Lê antérieure, les Nhà Tiên Lê, célèbres pour avoir mis en échec l’invasion chinoise des Song. Trois dynasties vernaculaires, la Lê antérieure, la Ly et la Tran, garderont le pouvoir jusqu’au commencement du XVe siècle. Les chinois reprirent à nouveau le pouvoir pour une période brève. Issu de la dynastie Lê postérieure, qui donnera une succession de rois de 1428 à 1788, avec quelques interruptions, Soï, chef du parti national, après une longue guerre de dix ans qui coûta la vie à 300 000 chinois, selon les sources, obtint une indépendance relative pour son pays, néanmoins il est contraint de verser un tribut en fruits payé tous les trois ans. En 1523, Lê Du détrône son beau-père, le roi Coung Hoan, et inaugure la dynastie des Mac. Les horribles exactions du fils et successeur de celui-ci permit aux partisans des Lê d’asseoir un membre de cette dynastie sur le trône. Le clan des Mac se replia avec ses roitelets sur le petit royaume de Cao Bang, dans les montagnes au nord du Tonkin. Les Lê et leur famille vont régner sur le Tonkin quasiment jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, avec une autorité relative car le pouvoir était entre les mains de la famille Trinh, qui donnait les Chua ou Seigneurs, vrais Maires du palais. Parallèlement, et dès le XVIe siècle, des déportés politiques du Tonkin en Annam prirent leur indépendance et formèrent sous la direction de la famille Nguyên le royaume de Cochinchine, qui comprenait les provinces de ce nom, le Cambodge et l’Annam à l’Est. Le pouvoir du Tonkin prit acte des faits moyennant une suzeraineté nominale. À la fin du XVIIIe siècle, la révolte des montagnards des contrées occidentales du Tonkin, sous le nom de Tay Son, déclarèrent la guerre aux Lê et aux Nguyên. Le dernier des Trinh ou Maires du palais, ne contrôlant plus la situation, se suicida, et le dernier des Lê s’enfuit en Chine où il disparut. Nguyên Phuc Anh, rejeton de Nguyen Phuc Luan, dernier roi de Cochinchine, se cacha dans les montagnes après que toute sa famille fut exterminée, où il connut la misère et la faim. Le rétablissement de cette dynastie sur le trône de la Cochinchine fut possible grâce à l’intervention providentielle de son vicaire apostolique, Monseigneur Pierre Pigneau de Behaine (1741-1799), qui prêta secours au jeune prince et qui emmena plus tard un fils de celui-ci à Versailles, Nguyên Phuc Canh, pour demander de l’argent et des hommes à la France. Le clan Tay Son fut chassé du trône et Nguyên Phuc Anh (1762-1820) reconquit son royaume et celui du Tonkin, devenant le fondateur de la dynastie impériale des Nguyên et le réunificateur du Viet Nam. Prenant le nom de Gia Long il fut proclamé empereur d’Annam le 31 mai 1802. Durant son règne, il donna de très nombreuses marques de reconnaissance à l’Église catholique et à Monseigneur Pigneau de Béhaine – grâce à qui il avait pu monter sur le trône – et le recommanda vivement à son fils Minh Mang, connu plus tard sous le nom de « Néron de l’Indochine ». C’est ce même Minh Mang, qui oubliant la gratitude paternelle, se transforme en sombre et féroce persécuteur des chrétiens jusqu’à la fin de son règne en 1841. Son successeur fut son fils aîné, Thiêu Tri, qui règne de 1841 jusqu’à sa mort en 1847 ; puis son petit-fils, Tu-Duc, au trône de 1847 à sa mort en 1883. Ils ont tous été les « adversaires ombrageux, impitoyables, de la propagande catholique » (H. Gautier). Puis vint l’empereur Duc Duc, le cinquième souverain de la dynastie des Nguyên, qui ne règne que trois jours, du 20 au 23 juillet 1883. Il fut suivi enfin par Hiêp Hoà, sixième empereur issu de la dynastie des Nguyên, qui règne de juillet à novembre 1883, assistant impuissant à la défaite de son pays face à la marine française lors de la bataille de Thuan An, le 20 août 1883. Signataire cinq jours plus tard du traité de Hué, qui faisait du Viet Nam un protectorat de la France. Hiêp Hoà acculé, se suicide le 29 novembre 1883.Évangélisation du Viet NamLa première mission des Jésuites en Cochinchine fut établie par le père Francesco Buzomi, de Naples, qui en compagnie du père portugais Diego Carvalho, mis le cap depuis Macao et arriva le 18 janvier 1615 à Da Nang, le cœur plein « de la belle espérance qu’on pouvait avoir de convertir ce royaume ». Dès leur arrivée, ils préparèrent et baptisèrent dix catéchumènes, ce qui conforta les missionnaires dans l’espoir de convertir les populations de ce grand royaume.Le premier Jésuite qui entra au Tonkin fut le père Antonio Marquez en 1626, suivi dès l’année suivante par le père Alexandre de Rhodes, d’Avignon. Le roi Vin Tho leur concéda la liberté de prêcher le christianisme dans ses États et de bâtir une église dans la capitale, qui profitait de l’acceptation des mandarins. Rapidement, les bonzes et les courtisans voyant le succès de la religion nouvelle demandèrent l’expulsion des missionnaires. Le père de Rhodes connut le même sort en Cochinchine, et alla ensuite à Rome pour soumettre à la Curie son idéal apostolique pour les peuples de l’Extrême-Orient. Il se rendit ensuite en France avec l’objet de trouver des ressources pour les missions ; il prêcha et fit des conférences à Paris auprès des étudiants en droit et en médecine communicant avec succès son zèle évangélisateur. C’est de ces conférences et de cet auditoire qu’est née la « Congrégation des Missions Etrangères ». C’est de là qu’est issu François Pallu, nommé par le pape Alexandre VII vicaire apostolique du Tonkin en 1658. Celui-ci arriva à Siam en 1664, sans jamais atteindre le Tonkin, nonobstant le père Pallu prépara plusieurs Annamites au sacerdoce. Les dominicains des Philippines, accompagnés d’autres missionnaires, commencèrent à nouveau l’évangélisation du Tonkin, encore sans succès, car au terme de trois ans ils furent arrêtés, cangue au cou et expulsés. Seul le père Juan de Santa Cruz, en se cachant, continua l’évangélisation jusqu’en 1681 où le père milanais Raimondo Lezoli vint lui prêter main forte avec sa foi et ses connaissances en médecine, ce qui s’avéra fort utile dans ces contrées. Par la suite, il sera le premier évêque dominicain au Tonkin. Durant douze ans ils furent les seuls missionnaires dominicains au Tonkin bâtissant soixante-dix chapelles et baptisant plus de 18 000 personnes. À partir de 1693, de nombreux évangélisateurs vont venir au Tonkin gagnant à la foi chrétienne plus de 20 000 fidèles en 1701 et plus de 60 000 en 1750.La Congrégation de Propaganda Fide, dans un décret du 1er août 1757, stipule que la moitié du Tonkin, à l’orient du fleuve Rouge, serait confié aux dominicains, dont le vicaire apostolique de cette Mission serait le père Santiago Hernandez. Nommé en 1758, il est arrivé au Tonkin le 12 mars 1763. À cette époque, on trouve au Tonkin des missionnaires Dominicains, Jésuites, Franciscains, Récollets et des Pères des Missions Étrangères.Contexte politique et religieux du massacre des MartyrsCe fut le zèle du mandarin Trinh Quang Khanh, surnommé le « Boucher des missionnaires », gouverneur de la province de Nam Dinh depuis 1836, qui désireux de plaire servilement à l’empereur, n’accepta pas les critiques qu’il essuya sur la pratique de la religion catholique dans sa province lors d’une visite qu’il fit au roi à Hué, siège du pouvoir impérial, en novembre 1837. Au retour dans sa province une véritable chasse à l’homme commença, on chercha partout les missionnaires, notamment les européens, avec l’aide d’espions et de soldats. Tous les lieux et les objets de culte furent saisis et confisqués, brûlés ou saccagés. Le père « indigène » Joseph Viên prit un émissaire parmi ses catéchistes locaux pour faire parvenir quelques lettres au vicaire et à cinq autres religieux. Lorsque celui-ci traversait le village de Rem Bon, en proie aux profondes rivalités entre chrétiens et païens il fut reconnu comme catholique et traduit devant un tribunal. En effet une querelle s’était élevée entre ces villageois et les chrétiens à cause d’une sorte d’impôt ou quote-part que ces derniers devaient verser pour le service du culte païen. Les chrétiens avaient obtenu gains de cause dans un procès et étaient exempts de cet impôt, selon aussi un accord avec l’ensemble des autorités locales. Malgré les démarches entreprises pour libérer le catéchiste et son compagnon, en allant même jusqu’à soudoyer la soldatesque, les catholiques avec l’aide d’intermédiaires ne purent rien obtenir. Un chantage fut opéré par les locaux : ils exigeaient que les chrétiens de leur village renonçassent à l’ancien accord les exonérant de payer le tribut au culte païen. Devant le refus des catholiques, ils remirent leurs prisonniers et les lettres ayant soulevé ce litige au mandarin principal le 19 avril 1838 de sorte à pouvoir continuer à instruire le procès. Après un interrogatoire infructueux, les mandarins conclurent qu’il fallait bruler les lettres sans en faire part au roi, car dans les rapports qu’ils adressaient à l’administration royale ils assuraient que la situation dans leurs provinces était sous contrôle, et que les missionnaires européens étaient retournés dans leurs pays. Le mandarin principal voulant sauver sa tête passa outre la volonté de ses pairs de moindre pouvoir et le 13 mai 1838 il envoya les lettres et les rapports des déclarations à l’empereur. Ces lettres, destinées a des Européens et à des Tonkinois, ne contenaient aucun mot vexatoire contre quiconque, encore moins contre le roi. Elles servirent cependant de prétexte pour aggraver la situation et Trinh Quang Khanh consacra toute son énergie à la persécution des missionnaires et à l’éradication de la religion catholique. Le 25 mai 1838 arriva un rescrit impérial menaçant les mandarins de la privation de tous leurs droits et d’encourir le sort et les châtiments réservés aux catholiques s’ils ne prenaient pas tous les pères européens et tonkinois. Pour l’exécution de ce commandement, huit mille soldats furent mis à la disposition des mandarins pour capturer en moins d’un mois tous ces malheureux religieux et les sommer de piétiner la croix et les saintes images. Un mandarin ad hoc, Lê Van Duc, fut nommé le 2 juin 1838, porteur des instructions royales dans ce sens.Sobre reliure espagnole de Victorio Arias. Le relieur madrilène Victorio Arias y Lopez Izquierdo (1856-1935) ouvrit son atelier en 1885, après avoir fait son apprentissage chez Antonio Gil, Miguel Ginesta et Carlos Garcia. Il eut plusieurs adresses successivement, dont la dernière fut celle de la rue Mayor, n° 76, où il exécuta la reliure de ce manuscrit. Arias a travaillé pour la Maison royale ainsi que pour plusieurs bibliophiles et libraires espagnols. Ex libris manuscrit de l’époque sur le titre : « Ex Libris Ordin[nis] Praed[icatoris] Tunk[inensis] Or[ienta]lis » et cachet de la « Biblioteca del Colegio de Santo Tomas de Avila » du début du XXe siècle

VIN]. BASSI Agostino

Nuova maniera di fabbricare il vino a tino coperto senza l'uso di acuna macchina

Lodi Gio. Battista Orcesi 1824 petit in-4 (14 x 21,3 cm) broché, couverture muette, papier vermiculé vert

46 pp. et 1 f.n.ch.Manquait à la collection Kilian Fritsch. Rare.Quelques annotations manuscrites marginales au crayon noir

YNIGO C. T. , de N.

Vocabulario Japonés

Tokyo Z.P. Maruya & Co, (Maruzen Kabushiki Kwaisha) 1897 in-18 percaline souple vert foncé de l'éditeur, dos lisse, titre en lettres dorées en long au dos et sur le premier plat, tranches blanches, traces de mouill. sur le second plat, qqs rouss. en fin de vol

1 f.bl., 2 ff.n.ch., 139 et 71 pp., 3 ff.n.ch. et 1 f. bl.Avait échappé à Cordier. Palau 337960. Édition originale du premier vocabulaire espagnol-japonais, suivi de leçons de japonais qui furent également publiées à part.Très rare impression de Tokyo

BEAUHARNAIS Eugène de

Lettre signée à Cuvier

Milan 31 mai 1808 in-4, dans une chemise cartonnée noire filigrane à ses nom et titre de vice-roi d'Italie

Eugène de Beauharnais (1781-1824), fils de Joséphine et fils adoptif de Napoléon I, vice-roi d'Italie, envoie à Cuvier "l'exemplaire... d'une nouvelle édition polyglotte de l'oraison dominicale comme un témoignage particulier des sentiments d'estime que je vous porte. Cette édition a été faite par le célèbre typographe Bodoni. Elle m'a paru si belle que je l'ai acquise toute entière...".Cette célèbre édition de l'Oratio Dominica avait été publiée en 1806. Le prologue était imprimé avec les caractères Bodoni et l’ouvrage dédié au prince Eugène de Beauharnais qui en avait financé la publication. Contenant la traduction en 155 langues du Notre Père, il était alors le plus vaste catalogue de caractères typographiques jamais publié.Giambattista Bodoni (1740-1813), génial graveur, imprimeur et typographe italien, travaillait à Parme; le caractère auquel il a donné son nom, affirmant un grand contraste entre les pleins et les déliés, constituait une innovation de taille. Créant quelques 143 types de caractères et publiant près de 1.400 éditions de classiquesgrecs, italiens et français, Bodoni a porté son art au plus haut degré de la perfection. L’Empereur lui-même le gratifia en 1810 d’une pension de 3.000 francs

VALVERDE DE HAMUSCO Juan

La Anatomia del corpo umano. Nuovamente ristampata: e con l'aggiunta di alcune tavole ampliata

Vinetia Stamperia de Giunti 1586 in-4 maroquin olive, dos à nerfs orné de caissons de filets dorés encadrant un chiffre doré répété, 3 filets dorés encadrant les plats, armoiries dorées au centre, tranches dorées [Rel. de l'époque], lég. rest., pet. défauts intérieurs, gardes renouvelées ; conservé dans une boîte moderne toile bise, doublée de velours vert, pièce de titre rouge au dos

18 ff.n.ch. y compris le titre gravé et le portrait de Valverde, et 154 ff. comprenant 42 grandes figures anatomiques à pleine page comprises dans le texte et 4 planches hors texte insérées entre les ff. 82 et 83.Choulant, p. 206. Garrison & Morton 378.2. DSB XIII, 568-569. Waller 9806. Wellcome Hist. Medical Libr. 6479. Adams V 231.Traduction italienne du vaste traité d'anatomie de Juan Valverde de Hamusco, initialement paru en 1566 à Rome, en langue castillane, sous le titre Historia de la composicion del cuerpo humano. Juan Valverde di Hamusco, le premier grand anatomiste espagnol, né vers 1525, étudia à Padoue et à Rome. Il eut pour maîtres Realdo Columbo (de Crémone) et Bartolomeo Eustachi. "He was alive in 1586, when his engraved portrait first appeared in the edition of the Historia published in that year... Thirteen years after Vesalius's Fabrica, [that text] brought him fame. Valverde based his illustrations on Vesalius', although he offered fifteen new ones and improved Vesalius' with copperplates engraved par Gaspar Becerra; he also made more than sixty corrections and additions to Vesalius' work, including the description of stapes of the ear, the short palmar muscle, the human uterus, and in particular the true nature of the cardiac septum. On the basis of experiments performed with Realdo Colombo, Valverde corrected Galen's and Vesalius' idea that blood passed through the septum from the right ventricle to the left, and he gave an accurate and correct description of the pulmonary circuit of the blood. His text ran to thirteen editions and was printed in preference to Vesalius' Arturo Castiglioni stated that Valverde's Historia was the most widely read and studied book of the Renaissance" (DSB XIII p. 569).Précieux exemplaire aux armes et au chiffre de Jacques-Auguste de Thou (O.H.R. pl. 216 fers n°s 1 et 3). La plupart des livres de cet illustre amateur, qui "faisait tirer sur un papier spécialement fabriqué pour lui deux ou trois exemplaires de tous les bons livres qui paraissaient tant en France qu'à l'étranger", étaient reliés en maroquin par Le Gascon et ornés de ses armes et de son chiffre. La présente reliure est strictement contemporaine de l'ouvrage, le fer étant celui que de Thou faisait frapper avant son mariage avec Marie Barbançon en 1587.Joint: un portrait gravé de Jacques-Auguste de Thou par Petit, contrecollé sur un feuillet volant

Relaçao

Relaçao de hum novo descobrimento

[in fine:] Lisboa 1758 in-4 cart. papier marbré moderne

8 pp.Édition originale de ce voyage imaginaire qui décrit la découverte, par un navire français de Dieppe faisant route vers le Canada, d'une île inconnue, avec des détails sur ses habitants, leur langue, leurs activités, leur gouvernement, etc. Très rare

PLINE LE JEUNE

C. Plinii Caecilii secundi novocomensis, Epistolarum Libri X. Eiusdem Panegyricus Traiano dictus. Cum Commentariis Joannis Mariae Catanaei...

[Genève] Paulus Stephanus 1601 3 parties en 1 vol. in-4 maroquin citron, dos lisse et plats entièrement ornés d'un fin décor composé de branchages, fleurs, filets et médaillons dorés, armoiries dorées au centre des plats, tranches dorées [Rel. de l'époque], rest., qqs défauts int., 1 f. taché d'encre

1 f.bl.14 ff.n.ch., 646 pp., 1 f.bl., 14 ff.n.ch. (index); 4 ff.n.ch., 168 pp.; 151 pp.Pas dans Brunet ni Schreiber The Estiennes.Rare édition de Genève, due à Paul Estienne (1566-1629) qui, établi en cette ville en 1599, y donna, à la suite de son père, Henri, d'excellentes éditions de textes grecs et latins. La marque de cette dynastie d'éditeurs figure sur la page de titre avec sa devise Noli altum sapere (Ne cède pas à l'orgueil).Les dix livres de la correspondance de Pline sont suivis du Panégyrique de Trajan et, en dernière partie, de celui de Maximien et Constantin. L'ouvrage est enrichi de précieux commentaires de l'humaniste Giovanni Maria Cattaneo (14 - 1529?).Pline le Jeune, qui en a été un témoin direct, décrit l'éruption du Vésuve de 79, près de trente ans plus tard, dans deux lettres à Tacite (pp. 368 et suivantes de la présente édition).Le premier feuillet blanc porte une inscription manuscrite signée Antoine Perrin, préfet des études, qui décerne cet ouvrage à un élève du Collège Jésuite Henri le Grand à La Flèche, comme deuxième Prix de Version latine, le 31 août 1619. Quelques annotations manuscrites dans le texte.Bel exemplaire, en reliure de l'époque, aux armes de Guillaume Fouquet de La Varenne (1560-1616), bienfaiteur et donateur, ici posthume, du célèbre Collège des Jésuites à La Flèche. Très en faveur auprès d'Henri IV, "ce fut lui qui eut la principale part au retour des Jésuites en France, et en ce magnifique établissement qu'ils ont à La Flèche, dont il partagea la seigneurerie avec eux. Il s'y retira à la mort d'Henri IV, très riche, et vieux, et y vécut fort à son aise" (Saint-Simon Mémoires)

RIVAN Antoine

La Composition et practique de la ligne geometrique. Le plus simple, facile, & commode de tous les Instruments encores inventez, pour sçavoir cognoistre la mesure de toute distance : En l’usage de laquelle est rapporté tout ce qui peut servir à l’Art Militaire par la practique de la Geometrie

Paris Denys Langlois 1619 petit in-4 demi-veau brun, dos finement orné, pièce de titre rouge [Rel. moderne], accroc au titre

8 ff.n.ch., 28 pp. Édition originale rarissime de cet opuscule et premier ouvrage d’Antoine Rivan, dévoilant un nouvel instrument de mesure de sa propre invention. Il donne l’explication et l’usage de celui-ci, un ancêtre des règles de calcul de distances, des compas à usage géométrique et de plusieurs appareils de levés topographiques comme le quart-de-cercle terrestre de l’abbé Picard.La « ligne geometrique » est un instrument formé de trois règles, dont une « fiduciale », fixées par une « pinule » transversale à la hauteur d’un tiers de leur longueur, le tout soutenu par un pied. Elle sert à la pratique des angles « couchez », et constitue un complément primitif au célèbre cercle hollandais, au graphomètre, à la planchette et à l’alidade des topographes.Médecin, mathématicien et inventeur originaire de Carpentras, Antoine Rivan (15..-16..) s’est occupé de problèmes liés à la « trisection » de l’angle ou de sa division en trois parties égales dont il affirme avoir trouvé la démonstration. Ses recherches sur la géométrie, science de la grandeur immobile, l’ont conduit à s’intéresser en particulier à la géométrie pratique et à ses applications dans l’art militaire. Rivan est auteur de quelques ouvrages, notamment De Anguli rectilinei divisione in tres aequales demonstratio geometrica (Paris, D. Langlois, 1623) ; L'art de fortifier les places regulieres & irregulieres. Ensemble la maniere de practiquer et tracer sur le terrain, les forts, forteresses, et les fortifications autour de toutes sortes de places. Oeuvre que personne n'avoit encores entrepris (Paris, P. Gaillard, 1628), dédié au cardinal de Richelieu, et à la même date, à Paris, chez Pierre Pic, réédité par ce dernier en 1636.Parfaite reliure à l'imitation des reliures du XVIIème siècle

Disegno

Disegno del vasto Stendardo Maggiore del Turco, quale si retrovava in mezzo l esercito sono Barcan nell'Ungheria a forza d'Armi levato dall' Invitissimo Gio: III Re di Polonia, e da S.M. si manda al presente in Roma all'Em° Sigr Card: Altieri, accio lo faccia appendere, ad perpetuam rei memoriam, alla Sa Casa di Loreto. Adiis Maggio 1684 si ritrova in Venetia nella Casa dell Ill.mo Signr. Baron Tassi, & è stato Spegato in Collegio Veneto

[Venise vers 1684] 1 f. manuscrit de 31 x 21,5 cm lég. traces de plis et pet. mques dus à l'action de l'encre

Rare dessin original à la plume représentant le Grand Étendard de l'armée turque, conquis en 1683 par Jean Sobizeski, roi de Pologne, au cours de la bataille de Barcan (Hongrie).Ce précieux étendard tissé d'or et d'argent, représenté ici au milieu du texte, avec son décor de soleils, d'étoiles et de croissantes de lune, fut offert par le roi de Pologne au cardinal Altieri, neveu adoptif du pape Clément X. Il fut exposé au mois de mai 1684 au Collegio Veneto, institution vénitienne pour les artistes et les médecins, fondée en 1616.Ce dessin fut vraisemblablement réalisé à l'occasion de cet événement.Bel exemplaire

LAMÉ Gabriel

Théorie de l'escompte incertain Manuscrit

[Paris ?] 1854 in-4 en feuilles, conservé dans un étui-chemise moderne demi-chagrin noir

10 pp., plus une L.A.S. de 1/2 p. in-4, datée 29 Xbre 1854.Dictionary of Scientific Biography pp. 601-602.Important manuscrit du mathématicien Gabriel Lamé (1795-1870), certainement adressé au grand probabiliste et statisticien Irénée-Jules Bienaymé (1796-1878), professeur de probabilités à la Sorbonne jusqu'en 1851.Lamé avait, à cette date, obtenu la chaire de Calcul des probabilités à la Faculté des sciences de Paris.Saint-simonien convaincu, il faisait partie de cette génération de Polytechniciens persuadés de la nécessité d'un enseignement scientifique de qualité.Ami de Clapeyron, il enseignera avec lui durant onze années à Saint-Pétersbourg (1820-1831) pour y former les élèves de l'École des voies de communications. Le tsar Alexandre Ier leur confiera plusieurs grands projets de viabilité en Russie, dont la construction de ponts suspendus.Nommé à son retour professeur à l'École Polytechnique il participera également à l'étude du tracé de la ligne de chemin de fer Paris-Le Pecq, en qualité de membre, avec beaucoup d'autres saint-simoniens, de la Compagnie de Chemin de Fer de Paris à Saint-Germain.Les 10 pages de cette "8e leçon - Théorie de l'escompte incertain" sont donc soumises à son "Camarade".... "maître en probabilités, maître en matière de finances"..., exposant "ces idées maladroites remu(a)nt un sujet neuf et mûr .... dont l'opportunité est flagrante".Sa théorie étant exposée sur près de dix pages, Lamé conclut, non sans avoir évoqué "le crime de l'usure":"Notre théorie de l'escompte incertain est donc viable; n'eut-elle pour résultat que d'appeler l'attention des contractants sur les chances qu'ils peuvent courir, en signant une transaction, et de les amener à estimer, et non mépriser, le calcul des probabilités, ce serait déjà beaucoup"...Il conclut sur l'intérêt pratique de son exposé et sur "l'influence que les probabilités ont sur l'évaluation des capitaux, sur leur échange, leur transformation, sur la sûreté de leurs placements et conséquemment sur leur accumulation".Précieux document provenant du fonds Bienaymé

MOTTEZ Adolphe-Lucien

Réflexions sur des points de météorologie

Paris-Nancy Berger-Levrault 1884 In-8 broché

15 pp.Un seul exemplaire au CCF (BnF). Très rare extrait de la Revue maritime et coloniale. Entré dans la marine en 1837, Adolphe-Lucien Mottez (1822-1892) la quitta en 1884 avec le grade de contre-amiral. Il était le frère du peintre Victor Mottez (1809-1897).Envoi autographe de l'auteur à Le Vire

SALUTIO Bartolomeo Cambi da

Minerae seraphicae Seu Inventores divini amoris

Cologne Ioannus Crithius 1619 in-12 vélin ivoire souple à recouvrements, dos lisse portant le titre manuscrit, armoiries en noir au centre des plats, tranches rouges, lacets jaunes et bleus [Rel. de l'époque], fortes rousseurs, cachets

498 pp.Édition originale (?) posthume.Bartolomeo Cambi da Salutìo (1558-1617) avait pris l'habit franciscain en 1575. Familier de la tradition théologique de l'Ordre et en particulier de la pensée de Duns Scot, il était aussi un tenant de la tradition poétique et mystique dont il irriguait ses prédications et qui marqua la riche production littéraire de ses dernières années. "I numerosi scritti che si richiamano variamente all'amore divino (Inventione d'amore...) ridondanti di immagini erotiche e sensuali" (Adriano Prosperi Dizionario Biografico degli Italiani vol. 17 1974). Exemplaire en vélin de l'époque portant, sur le premier plat, les armes des Fugger-Kirchberg-Weissenhorn (Bavière), "famille qui a fourni plusieurs bibliophiles remarquables" (Guigard II, 227). Le second plat est orné de l'emblème de l'ordre de Saint-Jacques de l'Épée (Santiago de la Espada), ordre religieux et militaire portugais.Il pourrait s'agir de l'exemplaire d'Othon Henri Fugger, comte de Kirschberg et de Wessenhorn (1592-1644), cité dans Le Mausolée de la Toison d'Or (Amsterdam, Henry Desbordes, 1689, pp. 367-368).Cachets du Grand Séminaire de Grenoble

ROMIEUX Henry Oscar

[Vue de Tahiti]

[Tahiti vers 1850] dessin au crayon noir sur papier beige (21,7 x 31,4 cm)

Dessin original à la mine de plomb réalisé sur le motif par l'orientaliste Henry Oscar Romieux (1826-1908): - Paysage de Tahiti: esquisse non signée, non datée, mais une autre version de cette vue de village est connue, signée par Romieux et portant la mention "Nouttiua" (?).Les vues originales de cette région sont rares

GIACINTA

Giacinta Marescotti S. Romana del Terz'Ordine di S. Francesco morta in Viterbo nel monastero di S. Bernardino sotto la cura e governo de' PP. Minori osservanti l'anno 1640 di sua ettà 55

[Rome] s.d. [vers 1800] in-folio (40 x 31 cm) en feuille, avec une fine bordure en dentelle de métal doré

Gravure sur soie par Salvatore de Franceschi, représentant la sainte en prières devant la Croix tenue de la main gauche, le coude posé sur un livre, avec un crâne à ses pieds, attributs traditionnels de la dévotion au sacrifice du Christ.Joint : S. Giacinta Mariscotti V[ergine], nobile Romana del Terz'Ordine di S. Francesco nata nel 1585, morta nel 1640. Canonnizzata nel 1807. Il di cui corpo si venera in S. Bernardino della città di Viterbo. Rome, Secundo Bianchi, s.d. [1807], pet. in-folio (37 x 25 cm), en feuille, avec une fine bordure dentellée de métal doré. Gravure sur soie représentant la sainte en médaillon, prenant allégoriquement son envol entourée d'angelots dodus lui présentant une croix.Née aux environs de Viterbe, Giacinta Marescotti passa du statut de jeune femme frivole contrainte de demeurer au couvent San Bernardino en conséquence d'une union manquée, à celui de moniale exemplaire, confite dans les macérations, la pénitence et la fondation d'oeuvres de charité. Elle demeure très vénérée à Viterbe, qui fêta en 2007 le bicentenaire de sa canonisation par Pie VII (fête fixée le 30 janvier, dies obitus de la sainte)

SIGNAUX D'ESCADRE

Signaux de reconnoissance pour tous les jours de la semaine

S.l. [Toulon] s.d. [1758] in-4 en feuille

[3] pp., formulaire imprimé, renseigné et signé à la main.Absent de Polak. En soi, et dans sa version seulement imprimée, ce genre de documents, d'un usage courant dans la marine de l'époque, a peu survécu ; on en trouve cependant ici ou là quelques exemplaires conservés dans des recueils de notices sur les signaux.Mais notre exemplaire a été rempli à la main pour servir de directives ; il est signé "A bord du Foudroyant le 1er février 1758. Duquesne". Il s'agit de Michel-Ange Duquesne de Menneville (1700-1778), neveu d'Abraham Duquesne, et dont le vaisseau amiral fut le Foudroyant pendant la Guerre de Sept ans. Lancé en 1750, ce vaisseau de ligne de 80 canons, porta La Galissionière à la bataille navale de Minorque en 1756. La date permet de préciser exactement le contexte de notre écrit, qui en acquiert une saveur particulière : Duquesne avait, en ce début de 1758, reçu le commandement d'une petite escadre de trois vaisseaux chargée de sortir de la rade de Toulon pour secourir la flotte de La Clue-Sabran bloquée par les Anglais dans le port de Carthagène. Mais les trois vaisseaux furent capturés par l'escadre de 10 navires sous le commandement de l'amiral Osborn, le 28 février 1758, Duquesne fut fait prisonnier, et Le Foudroyant passa au service de la Royal Navy dès 1759 (il ne fut désarmé qu'en 1787)

HARTE Francis Bret

The Heathen Chinee, illustrated by Joseph Hull

Chicago The Western News Company s.d. [vers 1870] in-8 en feuilles, chemise enveloppe imprimée

9 planches de caricatures lithographiées et légendées chacune d'un poème.Aucun exemplaire au CCF. Première version séparée de Plain language from truthful James, qui parut d'abord sous forme d'article dans The Overland monthly en septembre 1870. Il s'agit au départ d'une satire féroce contre les préjugés raciaux des travailleurs d'origine irlandaise à l'encontre des émigrants chinois très nombreux sur le territoire, et en compétition pour la construction du chemin de fer, mais l'opuscule fut interprété à rebours, comme une moquerie des dits immigrants. Pourtant l'écrivain et poète juif Francis Brett (Bret) Harte (1836-1902) était opposé depuis longtemps à toute forme de discrimination raciale et il s'était déjà fait connaître par sa violente dénonciation du massacre des Indiens Wiyot à Tuluwa en février 1860. C'est cette utilisation détournée qui fit dire à l'auteur un peu plus tard qu'il s'agissait du "worst poem I ever wrote, possibly the worst poem anyone ever wrote"

FOUQUELIN Antoine

In Auli Persii Flacci Satyras Commentarius, Ad Petrum Ramum, eloquentiae & philosophiae Regium Lutetiae professorem

Parisiis [Paris] Apud Andream Wechelum [André Wechel] 1555 in-4 vélin ivoire souple à rabats, titre manuscrit en long, traces d'attaches [Rel. de l'époque], avec pet. manques, mouillure marginale

1 f.bl., 4 ff.n.ch., 184 pp. (chiffrées par erreur 186) et 4 ff.n.ch. (index).Adams I, F 733. Édition originale de ce commentaire exhaustif des six Satires de Perse, dédié à son maître et ami, Pierre de La Ramée (1515-1572), alors lecteur en philosophie et éloquence au Collège Royal. André Wechel, imprimeur renommé qui succédait à son père, publiait d'ailleurs les deux auteurs.Ces commentaires de Fouquelin, publiés la même année que sa Rhetorique française dédiée à Marie royne d'Écosse qui en aurait été l'instigatrice, étudient l'oeuvre de Perse d'un point de vue rhétorique, divisant le texte en courtes sections de quelques vers chacune, suivies de quelques pages de commentaires. Des en-têtes entre crochets éclairent les satires point par point et permettent d'expliquer les figures de style, mettant ainsi en pratique les méthodes d'analyse développées par Fouquelin et par ses pairs, Omer Talon (1510-1562) et Pierre de la Ramée. L'oeuvre de Fouquelin, dont la Rhétorique était un des premiers ouvrages publiés en français, s'inscrit naturellement dans la perspective humaniste propre à la Renaissance qui verra se développer les langues vernaculaires.Nombreuses annotations manuscrites anciennes.Ex-libris manuscrits Geoffrenet de Fontblain et H. Caudan, sur la page de titre qui porte l'enseigne de Wechel, le Cheval volant

ALBUM - AQUARELLES - INDE

[Album de croquis et aquarelles réalisé en Inde]

1837-1838 petit in-folio oblong basane rouge, dos lisse orné de filets et fleurons à froid

10 pages ornées de croquis et aquarelles, certaines à pleine page. Album amateur comportant de charmantes scènes prises sur le vif et des vues de Pondichery et Karikal, datées au datées 1837 et 1838.Plusieurs sont accompagnées de légendes manuscrites:- Rade de Pondichéry (1837)- Passage des Panilles de la rivière de Cavery (1837)- Chauderie de Patchapoulé- Entrée du Gouvernement à Karikal (1838)- Tombeau de Nervy Madarsahib Marikar- Vue de la rue de la grande alvà - Prise de la porte du TanaUne branche d'arbre en fleurs à l'aquarelle et trois planches aquarellées sur papier papier fin de coquillages ou papillons ont été ajoutées à la fin de l'album.Noté au crayon sur la page de garde: Album du grand-père de Bonnemard (?)

ANGELIS Père Alexandre de

In Astrologos coniectores libri quinque. Secundo prodeunt ab Auctore multis Amanuensium erroribus liberatio, nouisq; exemplis illustrati

Romae Ex Typographia Bartholomaei Zannetti 1615 in-4 veau fauve, dos à nerfs orné, fleurdelysé, filets et roulettes dorés encadrant les plats entièrement recouverts d'un semis de grosses fleurs de lys dorées, tranches dorées [Rel. ancienne], habilement restaurée, piqûres éparses

12 ff.n.ch., 304 pp. et 12 ff.n.ch. Caillet I, 291. 3361. Rosenthal Bibliotheca Magica et Pneumatica 3361. Sommervogel I, 387. Deuxième édition, parue la même année que l'originale lyonnaise, de cet ouvrage entièrement consacré à l'astrologie et signalé par Caillet comme rare.Belle édition à deux colonnes, ornée de deux gravures dans le texte (aspects et domicile des planètes). Alexandre de Angelis (1542-1620), père Jésuite né à Spoleto en Ombrie, préfet des études au Collège romain, enseignait la philosophie et la théologie.Précieux exemplaire de la bibliothèque de Stanislas de Guaïta (1861-1897), avec son ex-libris collé sur le premier contreplat et la mention manuscrite en fin de volume : Collationné complet à Nancy 27 Xbre 1895. Guaita. Il figure sous le n° 15 du catalogue de la Bibliothèque occulte du fondateur avec Péladan de l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix. La richesse de sa bibliothèque, dont témoigne le catalogue préfacé par René Philipon, a été vantée par Maurice Barrès, son condisciple au lycée de Nancy (Un rénovateur de l'occultisme: Stanislas de Guaita, Chamuel, 1898)

IMPRESSION SUR SOIE

[Christ aux outrages]

[Bavière XVIIIème siècle?] 24 x 33 cm épreuve sur taffetas de soie jaune, contrecollée sur papier fort, encadrée d'une dentelle de métal argenté

Belle gravure sur soie du XVIIIème, représentant une flagellation du Christ, prise dans un encadrement style rocaille composé de plusieurs cartouches avec réserve pour le texte, surmontant un joli paysage.Rare souvenir de pèlerinage au monastère Saint-Jean Baptiste de Steingaden (Bavière, Allemagne), représenté sur la gravure.Très bien conservé

MAORI - JONES William

Children brought to Christ. Ka mau-rio nga ta-ma-ri-ki ki te ka-rai-ti.

[Sydney Jones, Printer, Bridge Street vers 1833] in-folio (39 x 45,5 cm) placard, en feuille

Ferguson 1674. Williams 13. Texte en anglais et en maori. Rare placard imprimé vers 1833 à Sydney à l'usage des écoles de la Church Missionary Society. Le texte, en maori syllabaire, est une traduction de l'évangile selon saint Matthieu (19, 13-15): On présenta des enfants à Jésus pour qu’il leur impose les mains en priant. Mais les disciples les écartaient vivement. Jésus leur dit: «Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent.»Ce placard est connu pour faire le pendant d'un autre titré Christ raiseth Lazarus to Life = Ka wa-ka-a-ra-hia a Ra-ha-ru-hi e Te Ka-rai-ti.Exemplaire en parfait état de conservation

MERAULT Messire Olivier

Poëme et bref discours de l'honneur, où l'homme estoit colloqué en l'estat de sa création, de la cheute d'iceluy par son péché de désobéissance et des misères en provenuës [...] Avec quelques cantiques spirituels..

Rennes Michel Logeroys 1600 petit in-8 (11 x 16 cm environ) vélin ivoire souple, dos lisse orné de filets et fleurons dorés, filet doré encadrant les plats, médaillon formé de branchages dorés au centre, tranches dorées [Rel. de l'époque], petit travail de rat à la rel., 2 cahiers jaunis

8 ff.n.ch., 72 ff. numérotés par erreur 80.Lepreux Gallia Typographica Bretagne pp.96-97. Édition originale.Relié avec, du même auteur: Hymnes catholiques, composez en l'honneur de la nativité... Ibid., id. 1600. 47 ff. Édition originale.Réunion de deux ouvrages imprimés à Rennes par Michel Logeroys, "typographe [qui] peut être classé parmi les meilleurs que la capitale de Bretagne ait possédés". Il semble y avoir été nommé par Henri IV en personne (Lepreux).Importantes notes manuscrites marginales dans le second ouvrage (f. 44).Ex-libris manuscrits sur la page de titre.Agréable exemplaire en vélin de l'époque

MOURADJA D'OHSSON

Avis. On annonce la livraison du second volume in-folio du Tableau général de l'Empire Othoman...

[Paris] Didot le jeune 1790 in-8 1 f. recto verso sur papier vergé, sous verre, encadrement moderne double-face

Prospectus détaillé annonçant la livraison du second volume de l'édition originale de l'un des meilleurs et des plus beaux livres sur l'Empire Ottoman. Le premier volume avait vu le jour en 1787. Le document signale: "Il est sans doute fâcheux que différentes circonstances aient retardé jusqu'ici la publication de ce second volume, ce qui au fond n'est qu'au désavantage de l'Auteur". Une nouvelle souscription est lancée pour le reste de l'ouvrage.Rare document, parfaitement conservé

FONTANUS Nicolaus

Observationum rariorum Analecta

Amstelodami [Amsterdam] Henrici Laurentii Bibliopolae 1641 in-4 cartonnage moderne, papier marbré bleu, dos lisse muet

10 ff.n.ch., 126 pp. et 1 f.n.ch. (errata), 6 planches gravées dans le texte. Édition originale, rare.Nicolaas Fonteyn (c.1589-c.1667), médecin, anatomiste et poète hollandais a dédié ce recueil d'études médicales au roi Louis XIII. Éditeur en 1642 de l'Epitome de Vésale avec ses propres commentaires et annotations (Librorum Andreae Vesalii Bruxellensis, De Humani Corporis Fabrica Epitome, Cum Annotationibus Nicolai Fontani), il a publié divers ouvrages d'anatomie et de médecine. Il est considéré comme le premier à avoir étudié la substance amyloïde dont l'accumulation est jugée aujourd'hui décisive dans l'apparition des maladies neurodégénératives, comme la maladie de Alzheimer (voir E. Dunstan A brief overview of amyloids and Alzheimer’s disease).L'ouvrage se compose de 46 textes médicaux décrivant des cas chirurgicaux et cliniques rares, difficiles ou extraordinaires, notamment de neurologie, certains sous forme de lettres échangées avec des médecins et des personnalités de l'époque (Zacutus Lusitanus, célèbre médecin juif portugais (1575-1642), Paul Bodot, évêque d'Arras, Gisbertus ab Isendoorn (1601-1657), professeur à l'Université de Harderwijk, etc.)Le volume est illustré de 6 figures gravées sur cuivre à pleine page (trépanation, laryngotomie, grosseurs, etc.).Exemplaire probablement unique auquel ont été ajoutées 3 planches gravées hors texte, doubles de celles figurant dans le texte mais avec une légende légèrement différente.Inscription manuscrite ancienne sur la page de titre

HARVEY] UMEAU François

In Circulationem sanguinis Harveïanam Exercitatio Anatomica

Poitiers Jean Fleuriau 1659 in-4 maroquin vert, dos lisse finement orné à la grotesque, titre en long, jeu de filets et fleurons dorés à la Du Seuil encadrant les plats, dentelle intérieure, tranches dorées [Rel. moderne], petite restauration marginale aux 2 premiers ff., sans atteinte au texte

8 ff.n.ch. et 43 pp.Édition originale et seule édition, très rare, de cet ouvrage concernant la découverte de la circulation du sang.François Umeau, né à Poitiers en 1608, mort en 1683, d'une famille poitevine distinguée, acquit une grande réputation comme médecin. Il fut doyen de la Faculté de Médecine de la ville.Cette première édition n'existe que dans la bibliothèque de Poitiers et dans celle de Montpellier. La BNF n'a qu'un exemplaire d'une édition de la même année parue à Paris, chez Lambert.(Dreux du Radier Bibliothèque historique et critique du Poitou, contenant la vie des Savants de cette province pp. 211-212).Exemplaire grand de marges, dans une belle reliure à l'imitation, avec décor à la Du Seuil

FAUCONNERIE

Rei accipitrariae scriptores nunc primum editi. Accessit Kynosophion, Liber de cura canum, ex Biblioth. Regia Medicea

Paris Jérôme Drouart 1612 2 parties en un vol. in-4 veau brun granité à l'imitation, dos à nerfs cloisonné et fleuronné, tranches mouchetées [Rel. moderne]

8 ff.n.ch. (titre, table des traités, dédicace à Louis XIII), 278 pp. (texte grec), [8] ff. n. ch. (table des chapitres) ; 6 ff.n.ch., 211 pp. (traduction latine), 120 pp. (poème de De Thou).Brunet V, 244-245. Souhart, 670-71. Thiébaud 499-500. Unique édition, très rare, de ce recueil publié par Nicolas Rigault et qui fut partagé entre trois libraires (Drouart, Morel et Cramoisy). Il contient dix traités essentiellement en grec sur la fauconnerie (Thiébaud en donne la liste détaillée).Bel exemplaire, dans une élégante reliure pastiche

PRONY Gaspard-Clair-François Riche de

Mécanique philosophique, ou Analyse raisonnée des diverses parties de la science de l'équilibre et du mouvement

Paris Imprimerie de la République an VIII [1800] in-4 veau fauve moucheté, dos lisse orné de grecques et fleurons dorés, pièce de titre rouge, dent-de-rat, filet et guirlande dorés encadrant les plats, tranches jaunes [Rel. de l'époque], restaurée

2 ff.n.ch. (faux-titre et titre), vij et 477 pp., 2 pp.n.ch. d'errata.Poggendorff, II, 535. Quérard, VII, p. 354. D.S.B., XI, pp. 163-166. Bibliotheca mechanica, p. 268. Édition originale.Tiré à part du Journal de l'École Polytechnique (tome III, 7° et 8° cahiers). L'ouvrage était initialement prévu en cinq parties, mais les deux dernières, annoncées au verso du faux-titre, n'ont jamais paru.Texte majeur dans l'oeuvre de Gaspard de Prony (1755-1839), qui reprend ses cours dispensés à l'École Polytechnique depuis sa création en 1794. Conçu sous forme synoptique dans un but pédagogique, ce travail se veut un tableau complet des théorèmes de la mécanique. Il en rassemble les définitions, les problèmes et les résultats (statique, dynamique, hydrostatique et hydrodynamique), en donnant au lecteur "les moyens de bien saisir l'ensemble et la correspondance des diverses parties de la science". Prony voulait offrir avec ce manuel l'équivalent pour la mécanique de ce qu'avait fait Fourcroy pour la chimie avec sa philosophie chimique, établissant ici une taxonomie des théorèmes de mécanique.L'ingénieur, physicien et mathématicien Riche de Prony débuta sa carrière par un Mémoire sur la poussée des voûtes, dans lequel il défendait le téméraire projet du pont de Neuilly, à tablier horizontal. Directeur, puis inspecteur général de l'École des Ponts-et-Chaussées, la théorie et la pratique lui doivent quelques avancées. Un frein porte son nom.Exceptionnel exemplaire de la bibliothèque de l'École polytechnique (cachet sur la page de titre) offert par le Conseil de l'École "au citoyen Bonaparte premier consul de la République française". Il a été par la suite relié pour la bibliothèque de Joséphine et de l'empereur à la Malmaison, avec le monogramme PB si caractéristique. (Petit manque au texte manuscrit de la dédicace sur la page de titre, dû au ciseau du relieur)

HERRERA Antonio de

Novus orbis sive descriptio Indiae Occidentalis... Accesserunt & aliorum Indiae Occidentalis

Amstelodami, [Amsterdam] Apud Michaelem Colinium Bibliopolam [Michel Colin] 1622 in-folio demi-veau brun, orné à froid de fleurons et pièce d'armes couronnée en tête, plats de vélin teinté [Rel. de l'époque], restaurée, ff. lég. jaunis

4 ff.n.ch. (dont le titre gravé) et 17 cartes hors texte sur double page, dont une du Pacifique, dépliante, et 5 planches gravées dans le texte. Sabin 31540. Borba de Moraes I, 400-401. Leclerc 281. Brunet III, 132 Première édition latine, publiée simultanément en latin, français et hollandais avec trois cartes nouvelles, ajoutées par rapport à l'édition de Madrid 1601. Certains exemplaires contiennent un portrait de Le Maire, qui cependant ne figure pas dans la liste des planches.Les deux premières parties de l'ouvrage concernent le Nouveau Monde. Elles contiennent des cartes du plus grand intérêt, reflétant les nouvelles découvertes géographiques. Le but du voyage de Jacob Le Maire effectué en 1615-1617, outre la découverte d'un continent austral, était l'ouverture d'un nouveau passage de l'Atlantique vers le Pacifique. L'expédition, menée avec Schouten, découvrira en effet, le 29 janvier 1616, un passage à la l'extrême pointe du continent américain, qu'ils baptisèrent le Cap Horn. Ce voyage permit en outre de nombreuses découvertes dans le Pacifique. Un petit vocabulaire des Iles Salomon figure aux ff. 81-83

BIGNICOURT Simon de

Poésies latines et françoises

Londres s.n. 1756 in-12 maroquin citron, dos lisse orné de guirlandes et fleurons dorés, filet et chaînette dorés encadrant les plats, tranches dorées, guirlande intérieure [Rel. de l'époque]

95 pp.Cioranescu, XVIII, 11 883. On ignore à peu près tout du Rémois Simon de Bignicourt (1709-1775), sinon qu'il fut conseiller au Présidial de Reims ; il publia plusieurs recueils de poésies et de maximes.Bel exemplaire

CLICHTOVE Josse

De Necessitate peccati Adae/ & foelicate culpae eiusdem: apologetica disceptatio

Parisiis [Paris] Apud Henricum Stephanum [Henri Estienne] 1519 in-8 carré demi-veau aubergine à coins, orné à froid, titre en long [Rel. du XIXème siècle], restaurée, dos frotté, titre restauré, rousseurs

48 ff. num., dont le titre pris dans un grand encadrement gravé sur bois.Brunet II, 107. Adams C2190. Renouard p. 21, n°3 (avec un titre différent). Édition originale, rare, de cet ouvrage exposant la nécessité du péché originel. Le nom de l'auteur se trouve en tête de l'épître dédicatoire. Le mathématicien et humaniste flamand, Josse Clichtove (1473-1543), d'abord formé à Louvain, poursuivit en France ses études de théologie et de philosophie jusqu'à être nommé professeur à la Sorbonne en 1506. Partisan de la Réforme dans sa jeunesse, il devint par la suite un adversaire déclaré des doctrines de Luther.La plupart des ouvrages de ce théologien controversiste ont été publiés par Henri Estienne. Il s'agit là de l'une des dernières productions de l'illustre typographe, premier du nom, qui publia diverses oeuvres de Clichtove, parmi lesquelles la première monographie sur le mystère des nombres (De mystica numerorum significatione Opusculum, 1513). Nombreuses annotations manuscrites anciennes dans les marges

UZZIEL Jonathan Ben

Chaldae Ionathae, Uzielis filii, Interpretatio in duodecim prophetas, diligenter emendata, & punctis iuxta analogiam gra[m]maticam notata

Parisiis [Paris] Ex Officina Caroli Stephani Typographi Regii [Charles Estienne] 1557 5 parties en 1vol. in-4 basane mouchetée, dos à nerfs finement orné, pièce de titre rouge [Rel. du XVIIIème siècle], restaurée, titre restauré, cachets

Avec : - Chaldaea Interpretatio Amos, Abdiae & Jonae, punctis juxta analogiam grammaticam notata, cum varia lectione per Joan. Mercerum. Accesserunt ejusdem scholia in loca difficiliora Targum. Ibid., id., 1557. - Chaldaea Interpretatio Michaeae, Nahum, Habacuc, Sophoniae, Haggaei, Zachariae et Malachiae, punctis juxta analogiam grammaticam notata... Ibid. id., 1558.La pagination est en arabe et hébreu, alternativement, avec comme dernier n° de page en chiffres arabes 70. Signatures: A-M4 N6 (E4 et I4 blancs). Adams B 1293. Renouard p. 110 n°s 2, 3 et 4. Rare première édition par Charles Estienne du Targum (ou Paraphrase) en langue hébraïque, des Douze petits Prophètes, dû à l'illustre rabbin Jonathan Ben Uzziel. Elle forme trois volumes, dont le premier, qui porte le titre général, contient seulement Osée et Joël. Le deuxième contient Amos, Abdias et Jonas et le troisième Michée, Nahum, Habacuc, Sophonias, Aggée, Zacharie et Malachie. Ce dernier est à la date de 1558. Les trois parties de cet ouvrage furent publiées séparément par Charles Estienne et se trouvent donc difficilement réunies comme c'est le cas ici. Renouard précise: "J'ai rapporté les trois intitulés afin que, rencontrant séparément l'un ou l'autre de ces trois rares volumes, on sache positivement ce que l'on devroit encore avoir pour compléter le recueil. "Relié avec, du même auteur : - Chaldaea Ionathae in sex Prophetas interpretatio, Michaeam, Nahum, Habacuc, Sophoniam, Zachariam & Malachiam, Latinitate nunc primum donata, & scholiis illustrata. Ibid., id., 1559. Titre et 84 pp. Inconnu à Renouard et Schreiber. Adams B 1292. Première édition de la traduction latine de Jean Le Mercier de la paraphrase d'Uzziel de six des douze petits prophètes.- Chaldaea interpretatio sex prophetarum, Hoseae, Ioëlis, Amos, Abdiae, Ionae & Haggaei, per Ioan. Mercerum linguae Hebraicae professorem Regium, Latinè reddita. Parisiis, Guil. Morelium [Paris, Guillaume Morel], 1559. 2 ff.n.ch. et 59 pp. Première édition de la traduction latine de Jean Le Mercier de la paraphrase d'Uzziel des six autres des douze petits prophètes.Jonathan Ben Uzziel aurait, selon la notice de la BNF, vécut "quelques dizaines d'années avant la destruction du Second Temple de Jérusalem" (en l'an 70 par les Romains). Il était très réputé pour son savoir "Les Juifs rapportent que pendant qu'il composait le Targum, Dieu avait permis, pour que rien ne le détournât de son oeuvre, que tout oiseau qui volait et toute mouche qui se posait sur son papyrus, fussent à l'instant consumés par le feu du ciel" (Larousse).Les notes et commentaires de ces éditions sont dues au savant hébraïsant Jean Le Mercier (mort en 1570), élève de Vatable et son successeur à la chaire d'Hébreu au Collège Royal.Ex-libris du Grand Séminaire de Viviers.Exceptionnelle réunion, en reliure du début du XVIIIe siècle

HELVETIUS Jean-Claude-Adrien

Mémoire du sieur Helvétius, sur les maladies des bestiaux

S.l. s.d. [1714] in-4 dérelié

12 pp.Seulement 2 exemplaires au CCF (BnF et Nantes). Jean-Claude-Adrien Helvétius (1685-1755), le père du célèbre philosophe matérialiste, était un praticien réputé qui fut premier médecin de la reine Marie Leczinska, et inspecteur général des hôpitaux de Flandre

BIOT Édouard-Constant

Lettre autographe signée à Natalis Rondot

Paris 19 mai 1847 3 pp. in-4 in-8 avec quelques caractères chinois dans le texte, adresse

Au sujet de la signification de trois noms de districts chinois:"Depuis les Han, le Siu-Tcheou du Kiang-nan a conservé le même nom [...]. En remontant plus haut, ce nom désigné dans le chapitre Yu-kong du Chou-xing, le pays compris entre le mont Tchaï-chan du Chang-toung et le Hoaï, paysa essentiellement montagneux. Le nom de Hoaï-Tcheou a été porté, sous les Thang, par l'arrondissement de Thang, dont le chef-lieu est situé sur un affluent du Hoaï-ho et dépend de Nan-Yang-fou (Ho-nan). Ce nom a pu aussi, vers la même époque, désigner une partie du pays arrosé par la rivière Hoaï, qui se jette dans le Hoang-ho près de son embouchure actuelle. Le nom de Hou-kiun n'est pas dans mon Dictionnaire [...]. Le mot Kiun désignait au 3e siècle avant l'ère chrétienne, des provinces ou grands districts. Thsin-chi-hoang en avait établi trente-six dont plusieurs avaient le nom de Kiun. Plus tard ce même mot a désigné des départements...".Il est ensuite question d'une étoffe dont le nom ne se trouve pas dans le Tcheou-li, puis de son élection à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, où il entrera la même année.Ingénieur et sinologue, Édouard Biot (1803-1850) est l'auteur de nombreux ouvrages et mémoires concernant l'astronomie, les sciences, la géographie, l'histoire, la vie sociale et l'administration de la Chine. Il publia, en 1842, un Dictionnaire des noms anciens et modernes des villes et arrondissements dans l'Empire chinois. Son correspondant, Natalis Rondot (1821-1900), était un économiste qui participa, en 1843, à une mission extraordinaire envoyée en Chine pour y négocier des traités de commerce; il contribua ensuite au développement de l'industrie de la soie à Lyon

AMI Abd al-Ra m n ibn A mad N r al-D n

Achter et Djéida, extraite du Béharistân de Djami, traduite en français par Ch. Defrémery

[Paris] Imprimerie Royale 1842 in-8 dérelié

20 pp.Un seul exemplaire au CCF (Bulac). Très rare extrait du n° 8 du Journal asiatique de 1842. L'auteur, Djami (1414-1492) était un des poètes afghans les plus réputés du XVe siècle, fortement marqué par la pratique du soufisme, qui vécut à Samarcande et à Hérat ; parmi ses nombreuses productions (environ 90 titres), le Beharistan (= Séjour du printemps) forme un ensemble mixte (poésie et prose) à sujets moraux

BOURGEOIS Constant

[Fête révolutionnaire Vendémiaire An IV. Palais des Tuileries avec les aménagements réalisés pour la circonstance]. Technique mixte (aquarelle, rehauts de gouache, plume, encre de Chine) sur papier

[Paris Octobre 1794] L. 29,6 cm x H. 19 cm marge supérieure rognée au filet d'encadrement, petit manque en marge inférieure à droite

Fine aquarelle avec rehauts de gouache et d'encre de Chine réalisée par Constant Bourgeois lors de la fête révolutionnaire des 9, 10 et 11 octobre 1794, organisée à l'occasion du transfert des cendres de Jean-Jacques Rousseau au Panthéon. Cette aquarelle est le pendant de l'œuvre originale qui se trouve au Musée du Louvre : Tombeau de Jean-Jacques Rousseau aux Tuileries [département des Arts graphiques (Inv. 25032)]. Elle montre le décor à escalier monumental installé à l'occasion de ces fêtes, sur la façade donnant sur les jardins. De nombreux personnages, militaires et civils en promenade, animent la scène.On distingue dans les parterres de fleurs, les pommes de terre qui furent plantées cette année-là dans le jardin des Tuileries sur Ordre du Comité de Salut Public, afin d'éduquer le peuple à la consommation de cet aliment."Le transfert des cendres de Rousseau, d'Ermenonville au Panthéon, le 20 Vendémiaire de l'an IV (11 octobre 1794) fournit l'occasion de ce qui fut, de l'avis de tous les contemporains, l'une des plus grandes et belles fêtes de l'époque révolutionnaire - et l'une des plus coûteuses de surcroît. " (voir Ourida Mostefai. Jean-Jacques Rousseau écrivain polémique Querelles, disputes et controverses au siècle des Lumières. Brill/Rodopi, 2016)."C'était vraiment la plus belle des fêtes et la mieux ordonnée", selon le conventionnel Marragon, cité par Raymonde Monnier dans L'Apothéose du 20 Vendémiaire, p. 417. Cette fête rassembla "une foule immense" et "une jeunesse nombreuse", donnant l'occasion aux Français, tout juste sortis de la Terreur, de célébrer les récentes victoires de l'armée révolutionnaire à Aix-la-Chapelle et à Cologne. Autour de l'île aménagée à cette occasion au centre du bassin des Tuileries, devenues Palais National, la population parisienne vint rendre hommage à Rousseau".Constant Florent Fidèle Constant Bourgeois (1757-1841), natif de Picardie avait quitté l'armée pour la peinture. Élève de Jacques Louis David, il devient peintre d'histoire et surtout de paysages, contemporains ou historiques. Il sera également parmi les premiers peintres de panoramas, assistant Pierre Prévost dès 1799, avec une Vue de Paris depuis les Tuileries. Sous le Consulat, Vivant Denon le chargera de dessiner des scènes des campagnes de Bonaparte. Il recevra de nombreuses commandes officielles et collaborera à plusieurs ouvrages monumentaux de l'ère romantique. Ses paysages d'Italie, de France et de Suisse sont particulièrement appréciés

NICOLAS DE LYRE

Postilla super Matheum [Marcum, Lucam, Johannem] [au colophon :] cum additionibus domini Pauli Burgensis episcopi [Pablo de Santa Maria, évêque de Burgos] & cum replicationibus fratris Mathei Doringk [Matthias Doering] ordinis minorum

Mantoue Paul Johann de Puzpach [Butzbach] 24 juillet 1477 en un vol. in-folio veau fauve à l'imitation, dos à nerfs orné de filets et croisillons à froid, plaque d'encadrements à froid sur les plats [Rel. moderne], petite déchirure au f. n9

243 [sur 244] ff.n.ch., 1 f.bl., impression gothique sur deux colonnes, sign. a(9) [sur 10], b(10), c(8), d(10), e(8), f(10), g(8), h(8), i(10), k(8), l(10), m(8), n(10), o(8), p(10), q(8), r(8), s(8), t(8), u(8), y(8), &(10), x(8), z(8), ii(8), kk(8), s(8), j(9). Exemplaire dans lequel les cahiers ii et kk ont été reliés par erreur à la fin du volume, et le cahier & de façon erratique ; manque le f. a5.Hain-Copinger, 10 386 (ne compte que 241 ff.). La collation de notre exemplaire correspond pour le nombre de feuillets à celle de la Bayerische Staatsbibliothek, en dehors de celui manquant en a5. Une collation détaillée des signatures se trouve au Worldcat.Deschamps, 798. Paul de Butzbach (c'est sa localité de naissance) fut un ouvrier typographe de l'atelier de Gutenberg, embauché à Mantoue pour fonder dans cette ville le premier atelier d'imprimerie, qui fonctionna dès 1472.Une des très nombreuses éditions incunables des commentaires exégétiques du franciscain Nicolas de Lyre (1270-1349), qui figurèrent parmi les premiers textes livrés à la nouvelle technique de l'impression. Exemplaire du libraire et collectionneur Walter Goldwater (1908-1985), avec vignette ex-libris contrecollée sur les premières gardes

GOLYCHEV]

. . [Monuments de l'architecture religieuse en bois. Vieilles églises du gouvernement de Vladimir]

[Golychevka, circa Mstera] 1879 in-folio demi-percaline bleu ancienne, plats refaits

2 ff.n.ch. (faux-titre et titre), 6 pp. et 21 lithographies sepia en dégradé de couleur hors texte.Fekula 5945. Première et unique édition. Rare album lithographié, tiré à 300 ou 400 exemplaires seulement (cf. Twymman History of chromolithography p. 662).Ivan Alexandrovitch Golychev (1838-1896), né dans une famille de serfs de la région de Vladimir, fut tout à la fois lithographe, archéologue et ethnologue. Il avait ouvert dès 1858 un atelier de lithographie à Mstera qui produisait essentiellement des images populaires et des reproductions de tableaux. Leur coloriage à la main fournissait du travail à plusieurs centaines de familles.Il fut, après l'abolition du servage, le premier élu d'origine servile au Comité de la statistique de sa province administrative, domaine dans lequel il signa de nombreux articles. Il était membre de plusieurs sociétés savantes d'archéologie.Son oeuvre de lithographe ethnographe de la Russie est particulièrement prisée, la plupart des architectures de bois présentées dans cet album, églises pour la plupart, ayant été détruites pendant la révolution ou après. Bel exemplaire

BIBLIOTHÈQUE BLEUE

Le Nouveau tableau de la mer. Où l'on voit en général l'état de ceux qui s'embarquent. Avec un détail très-curieux du combat, & manière dont on s'y dispose. Nouvelle édition, corrigée de nouveau & mise en vers François. Augmentée du cantique de Notre-Dame de la Garde pour les mariniers

Limoges François Chapoulaud s.d. [vers 1780] petit in-8 cartonnage Bradel moderne, dos muet, étiquette de titre contrecollée au centre du plat supérieur

16 pp.Rare livret populaire du XVIIIe siècle, décrivant, en vers, la vie à bord des navires et le sort des matelots ("le Pilote", "le Repas", "le Combat", "le Chirurgien major", "la Tempête", etc.)

SEIJAS Y LOVERA Francisco de

Theatro naval hidrografico de los fluxos, y refluxos de las corrientes de los mares, estrechos, archipielagos, y pasages aquales del mundo, y de las variaciones de la aguja de marear, y efectos de la luna, con los vientos generales, y particulares, que reynan en las quatro regiones maritimas del orbe. Que en esta tercera edicion sale a luz, corregido, y augmentado, con un tratado muy particular, en que se demuestra que la variacion de la aguja de marear, depende totalmente de la piedra iman, sobre que se dan reglas generales, y particulares para ajustarla por todos los rumbos de la aguja

Paris Pierre Gissey 1704 in-4 basane fauve marbrée, dos à nerfs orné d'ancres et de fleurs de lis dorées (fers postérieurs), tranches rouges [Rel. de l'époque], coiffes rognées, mors frottés

10 ff.n.ch. (faux-titre aux armes du comte de Toulouse, titre, dédicace, préface, privilège), 259 pp. mal chiffrées 249 (il y a saut de pagination de 249 à 240), 7 figures et cartes dans le texte, un tableau dépliant.Palau 306 610. Seulement deux exemplaires au CCF (Sainte-Geneviève et Albi). Leclerc, p. 288. Polak 8762 (pour l'édition en français). Une traduction française in-12 parut en même temps que cette troisième édition en castillan. La première édition était parue en 1688 à l'adresse de Madrid, et l'ouvrage est important pour la description des côtes de l'Amérique. Francisco de Seijas y Lobera, quoique issu d'une famille plutôt portée vers le droit et la théologie, ressentit tôt une vocation maritime et effectua de nombreuses navigations tout autour du monde, jusqu'à ce qu'il fût appelé par le Conseil des Indes en 1685 pour servir de "consultant" dirions-nous aujourd'hui. Ses différents ouvrages maritimes datent de cette époque. La fin de sa carrière le verra auprès de Louis XIV à Versailles, ce qui explique en partie l'adresse de notre édition.Cf. Diaz-Fierros Viqueira (Francisco) : Francisco de Seijas y Lobera, un navegante por todos os mares del mundo, en Album da ciencia (2012)

LA RAMÉE Pierre de

Arithmeticae libri tres, ad Carolum Lotharingum cardinalem

Paris André Wechel 1555 in-4 veau havane, dos à nerfs orné de fleurons dorés, filets à froid et fleurons dorés à la Du Seuil sur les plats [Rel. moderne]

7 ff.n.ch. (titre, préface), 1 f.bl., 110 pp., 1 f.n.ch. d'explicit. Accrocs au titre.Waddington, Ramus, 19 (pp. 450-51). Édition originale de ce traité d'arithmétique, qui constitue un peu une révolution pédagogique, dans la mesure où Pierre de La Ramée (1515-1572), alors principal du Collège de Presles, venait de l'introduire en sus de l'étude du trivium : jusque lors, cette matière était considérée comme purement utilitaire, et indigne d'un enseignement universitaire.Le cardinal Charles de Lorraine (1524-1574), archevêque de Reims, auquel l'ouvrage est dédié, avait été le condisciple de Ramus au Collège de Navarre, et il couvrit l'auteur de sa protection jusqu'en 1561, date à laquelle Ramus manifesta publiquement pour la première fois son adhésion aux principes de la Réforme.Nombreuses annotations manuscrites de l'époque, tant marginales que sur les ff. vierges liminaires.Exemplaire ayant appartenu au couvent des Augustins réformés de Saint-Nicolas à Paris (les Petits-Augustins, fondés par Marguerite de Valois en 1613), avec ex-libris manuscrit

POLYNÉSIE

Procès-verbal de l'arrestation du sieur J. Labbé, agent de commerce à Magareva [sic], archipel Gambier, pour la maison Faucher frères de Valparaiso. Pièce (ici en duplicata) signée par Cyprien Liausu, délégué du gouvernement français, et par le roi de Mangareva. Manuscrit

S.l. [30 août 1854] in-folio de 4 pp. en feuilles

Arrestation d'un agent de commerce pour corruption de jeunes gens, relations illicites avec une femme mariée, incitation à l'évasion et au vol, et résistance à l'autorité française. Il est incarcéré jusqu'à une décision de la justice militaire. Religieux picpucien, le Père Cyprien Liausu arriva aux îles Gambier en 1834 et y demeura jusqu'en 1855, date de son retour en France (cf. O'Reilly, Bibliographie de Tahiti et de la Polynésie française, 7452)

POLYNÉSIE

District de Tuuhora. Chants qui accompagnent les danses des jeunes filles. Manuscrit

Milieu du 19è siècle in-folio en feuilles

4 pp., texte en français et en polynésien. On joint 10 pp. de transcription de chants polynésiens, avec traduction en anglais

FERNANDEZ Andrés Maria

Breve refutacion a las dos palabras sobre la cuestion Trabajo de las succesivas de San Nicolas

Sucre Imprenta de Pedro Espana 1869 in-12 dérelié

14 pp.Aucun exemplaire au CCF ni au Worldcat. Très rare avis juridique concernant une affaire relative au droit minier. Sucre (La Plata) était encore en 1869 capitale du gouvernement de Bolivie, La Paz n'ayant endossé ce rôle qu'en 1898

DIEZ DE MEDINA Ruben

Misterios claustrales y defensa de reverendo Padre Sebastian Chochi, en el juicio criminal que se le sigue, por imputacion del delito de tentativa de envenenamiento

Potosi Tipografia del Progreso décembre 1872 in-8 broché sous couverture jaune imprimée, manque la seconde couverture

44 pp.Aucun exemplaire au CCF ni au Wordlcat. Rédigée par l'avocat du prévenu, Ruben Diaz de Medina, cette pièce rarissime documente un croustillant cas de tentative d'empoisonnement collectif, qui défraya la chronique dans la Bolivie de la fin du XIXe siècle : le 9 septembre 1872, la communauté franciscaine de San Antonio de Potosi découvrit qu'à ses aliments avait été adjointe une dose significative de strychnine. Les soupçons se portèrent immédiatement sur un des religieux ...Cf. Quiroga (Augusto Jordan). Themis con los pies descalzos (Potosi, 2010)

QUINTEROS Valentin

El Doctor Valentin Quinteros ante la opinion publica en su completa vindicacion. Colqezchaca noviembre de 1879

Sucre Tipografia Colon janvier 1880 in-12 dérelié

titre, 11 pp.Aucun exemplaire au CCF ni au Worldcat. Rarissime mémoire juridique en faveur de Valentin Quinteros, suspecté du meurtre de Pedro Lizarazu

PLACARD

La Première représentation de la reprise de Robinson Crusoé dans son île, pièce en 3 actes et à grand spectacle, tirée des Aventures de Robinson, mise au théâtre de Saint-Martin par M. Guilbert de Pixerécourt (...)

Orléans Imprimerie de Mad. Vve Huet-Perdoux s.d. [décembre 1822] placard in-folio de 52 x42 cm en feuille

Texte dans un encadrement de feuillages, imprimé sur papier bleuté.Belle et rare affiche de spectacle invitant à une représentation provinciale d'un grand succès parisien. En effet, Robinson Crusoé, créé et représenté pour la première fois en 1805 au Théâtre de la Porte Saint-Martin, forma l'un des spectacles les plus réussis de René-Charles Guilbert de Pixerécourt (1773-1844) : il garda l'affiche toute l'année 1805 à Paris

GREAVES John

Epochae celebriores, astronomis, historicis, chronologis, Chataiorum, Syro-Graecorum, Arabum, Persarum, Chorasmiorum usitatae : ex traditione Ulug Beigi, Indiae citra extraque Gangem principis : eas primus publicavit, recensuit, et commentariis illustravit Johannes Gravius

Londres James Flesher 1650 in-4 basane brune, dos à nerfs cloisonné et fleuronné, tranches mouchetées [Rel. de l'époque], rest.

3 ff.n.ch. (titre, dédicace, poésie liminaire), 104 pp., texte arabe et traduction latine en regard, 23 ff.n.ch. de tables, 1 f.bl., le tout disposé à l'orientale, les pp. 24-27 ont été reliées par erreur entre les pp. 31 et 32, manque le feuillet de faux-titre.Brunet V, 1008. Première version latine des Tables sultaniennes (zij-e-soltani) compilées et rédigées au XVe siècle à l'observatoire de Samarcande par une équipe d'environ 60 savants, mais mises sous le nom du prince-astronome Ulugh Beg (1394-1459), qui avait fait construire l'observatoire.L'astronome anglais John Greaves (1602-1652), qui enseigna essentiellement à Oxford au temps de la Révolution anglaise, était surtout connu pour ses recherches sur la métrologie et la chronologie des Anciens. Il avait effectué un grand périple au Moyen-Orient.Relié à la suite, édité par le même Greaves : Chorasmiae et Mawaralnahrae, hoc est, regionum extra fluvium Oxum descriptio, ex tabulis Abufedae Ismaelis, principis Hamah. Londres, 1650, 7 ff.n.ch. (titre, dédicace à James Ussher, préface), 64 pp. Généralement joint au titre principal, il s'agit d'un extrait de la Géographie d'Abulféda (1273-1331)

SOSNOVSKI]

[Expédition scientifique et commerciale russe en Chine dans les années 1874-1875] - 1874-1875

[Saint-Pétersbourg] [V.A. Poletiki] 1876 in-8 broché, couverture muette papier bleu, nom de l'auteur manuscrit sur le premier plat, non coupé, rousseurs

121 pp. et une carte dépliante hors texte.Manquait à Cordier.Rare tiré à part de la revue Le Recueil militaire ( ).Le colonel Ioulian Adamovitch Sosnovski (1842-1897) s'était vu confier cette mission à la suite de ses excellents travaux de recherches en matière de géographie militaire en Djoungarie, dans l'Altaï et en Mongolie. L'expédition dont il est ici question allait permettre d'ouvrir une nouvelle route vers la Chine sensiblement plus courte."La mission avait été organisée par les ministères russes des affaires étrangères, des finances et de la guerre dans le but de reconnaître et lever la route qui, partant de Zaïsan, traverse la Zoungarie et la province de Ssé-Tchouen, d'examiner quel profit le commerce russe pourrait tirer de cette route, enfin de se renseigner sur la terrible insurrection des Dounganes et sur les moyens dont le gouvernement chinois disposait pour la réprimer. Outre le capitaine Sosnovski, elle comptait (...) M. Paulinow chargé du lever topographique et le Dr Piassetski chargé de l'histoire naturelle. (...) Outre les études commerciales et industrielles, l'expédition de M. Sosnovski a fait la détermination astronomique de douze points, une série complète d'observations magnétiques (...). Elle a rapporté enfin des collections si considérables qu'au retour leur transport exigeait cinquante chameaux" (Bulletin de la Société de géographe, 1877).

MONTGÉRY Jacques-Philippe Mérigon de

Mémoire sur les mines flottantes et les pétards flottans, ou machines infernales maritimes

Paris Bachelier 1819 in-8 dérelié

2 ff. n. ch., 78 pp., une planche dépliante.Polak 6795. A échappé à Sabin. La planche représente l'explosion, dans la rade de Walmer, du brick danois "La Dorothée". Cette expérience était l'oeuvre de l'ingénieur américain Robert Fulton (1765-1815) ; la plus grande partie de ce mémoire très rare est d'ailleurs consacrée aux recherches et découvertes du grand savant américain mort en 1815Officier de marine très porté sur les progrès industriels et techniques, Jacques-Philippe Mérigon de Montgéry (1782-1839) avait participé à l'expédition Baudin ; il était plutôt spécialiste de l'artillerie navale.Envoi autographe de l'auteur au comte Frédéric-Christophe d'Houdetot (1778-1859), Pair de France

LIPS Friedrich

Hell-Glänzende Cometen-Fackel, welche der grosse Wunder-Gott den 6. December des mit Gott noch lauffenden 1680. Jahrs vor unsern Augen völlig auffgestecket, welche auch bisshero am Firmament hell geschienen, in der Furcht Gottes am heil. Stephans-Tag den 26. December anno 1680 in offentlicher Kirchen-Versammlung in des Heil. Röm. Reichs-Stadt Rotenburg demuthig betrachtet

Rotenburg ob der Tauber Friedrich Gustav Lips 1681 petit in-4 cartonnage papier marbré moderne à la Bradel, pièce de titre rouge en long, rousseurs, petit défaut de papier au dernier feuillet

24 pp., 4 ff.n.ch.Pas d'exemplaire au CCF. Trois exemplaires au Worldcat (Augsbourg, Erlangen, Munich). Rarissime relation qui documente l'observation au-dessus de la petite ville de Rothenburg, de la Grande comète de 1680, une comète rasante dite aussi Comète de Kirch, ou Comète de Newton, et qui fut visible du 30 novembre 1680 au 19 mars 1681, avec un pic de luminosité le 29 décembre, soit juste après l'observation relatée dans notre texte (le jour de la Saint-Étienne Protomartyr, soit le 26 décembre). Elle marqua les esprits par sa queue spectaculaire, et le fait qu'elle était visible aussi en plein jour. Notre texte est encore rempli des poncifs du merveilleux, qui concernaient aussi bien le monde catholique que protestant par rapport aux phénomènes astronomiques.Typographiquement, Deschamps ne signale pas de presses à Rothenburg ob der Tauber à la différence de son homonyme wurtemburgeoise. Friedrich Lips (1638-1695), qui était directeur du lycée de la ville (1666 à 1683), semble avoir lui-même assuré l'impression de la plaquette, avec l'aide de son parent Friedrich Gustav ; ce ne fut d'ailleurs pas le seul texte qu'il produisit sur cet événement

JEU

Quadrille international. Nouveau casse-tête

S.l. s.d. [vers 1900] in-16 (8 x 6 x 2 cm) dans une boîte de carton azur, titre en noir et rouge sur le plat supérieur

16 cartes sur papier fort de couleurs, et un feuillet in-8 de règle sur papier jaune.Il s'agit en fait d'un jeu des quatre familles : une française (les Prudhomme, sur fond jaune), une allemande (les Michel, sur fond gris), une anglaise (les Bull, sur fond rose), et une américaine (les Jonathan, sur fond bleu). Chacune est classiquement composée du père, de la mère, d'un garçon et d'une fille. Le jeu consiste à disposer en carré les 16 cartes, de manière que sur chacune des lignes horizontales et verticales, et sur chacune des deux grandes diagonales, il y ait un père, une mère, un garçon et une fille de nationalité différente

LOUIS XIV - CANADA

Comptant au Sr Hangé par gratification pour aller s'habituer en Canada. Pièce calligraphiée et apostillée, signée "bon Louis"

Saint-Germain-en-Laye le 10 avril 1668 1 p. in-4 (23 x 29 cm) en feuille, taches brunes et petits accrocs au papier sans atteinte au texte, encadrement sous verre moderne

Le roi Louis XIV accorde par ce document au Sieur Hangé, la somme de quatre cents livres "pour luy donner moyen de s'en retourner en Canada où il va demeurer avec sa famille". Au-dessus de la mention "bon", Colbert a également pris la plume et inscrit "comptant au tresor royal", donnant ainsi ordre au garde du Trésor Royal, Estienne Jehannot de Bartillat de payer comptant cette somme. Ce dernier, une fois la somme délivrée, a biffé la signature du roi.Précieux document, d'une grande rareté, concernant l'installation des premières familles françaises au Canada, encouragée par Louis XIV et son gouvernement

BOULENGER DE RIVERY Claude-François-Félix

Recherches historiques et critiques sur quelques anciens spectacles et particulièrement sur les mimes et pantomimes, avec des notes

Paris Jacques Merigot 1751 2 parties en 1 vol. in-12 maroquin gris-vert, dos lisse orné, pièce de titre rouge, 3 filets et fleurons dorés encadrant les plats, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure [Rel. de l'époque],

2 ff.n.ch. (faux-titre et titre), vi et 176 pp., 1 f.n.ch. (approbation).Barbier IV col. 21. Conlon 51 447. Édition originale, rare, de cette étude sur les pantomimes antiques. Claude-François-Félix Boulenger de Rivery (1725-1758), avocat de formation, originaire d'Amiens, y retourna en qualité de lieutenant particulier au baillage et de conseiller du Roi. On lui doit également un ouvrage sur la tragédie d'Oreste. Relié avec : FAGAN (Barthélemy-Christophe). Nouvelles observations au sujet des condamnations prononcées contre les comédiens. Paris, Chaubert, 1751. 59 pp. et 2 ff.n.ch. (privilège). - Conlon 51 610. Filippi 209. Édition originale de ce texte prônant la levée de l'excommunication, dix ans avant la brochure commandée par l'illustre comédienne Mlle Clairon, Liberté de la France contre le pouvoir arbitraire de l'excommunication.Bel exemplaire, grand de marges

GRÜTSCH Johann [Conrad]

Sermones quadragesi- / males fratris Johannis Gritsch ordinis / Fratrum minorum doctoris eximii : una / cum registro sermonum de tempore et / de sanctis : per totum anni circulum : cum tabula alphabetica noviter impressi et ac- / curatissime castigati

Lyon Johann Haguenau [imprimé par Claude Davost] 25 juin 1506 in-8 gothique veau havane, dos à nerfs orné de fleurons dorés et filets dorés et à froid, jeu de filets à froid encadrant les plats, fleurons dorés aux angles et au centre des plats [Rel. moderne, à l'imitation], rest. de papier en fin de vol., trace de mouillure marginale en début et fin de vol

250 ff.n.ch., sign. a [8], b [10], c-z [8], puis A-G [8], et H [6], texte sur 2 colonnes.Baudrier XI, 302-303. Au CCF, exemplaires à la BnF, Lyon, Amiens et Valognes. Beau titre en noir et rouge avec une vignette par Leroy représentant le Christ. Une des dernières éditions de ce sermonnaire pour le Carême qui, quoique toujours imprimé sous le nom de Johannes Gritsch [ou Grütsch, 1420-1470], est l'oeuvre de son frère Conrad, né vers 1409 et mort en 1475, Franciscain, étudiant à l'Université de Paris, lecteur dans différents couvents (Zürich, Mulhouse, Berne, Fribourg), et prédicateur très apprécié. La première édition est celle de 1475.Cf. Murith (André). Jean et Conrad Grütsch de Bâle. Contribution à l'histoire de la prédication franciscaine au XVe siècle (Fribourg, 1940).Annotations manuscrites anciennes dans les marges.Deux pages manuscrites très anciennes sur vélin (?) ont été réemployées comme pages de gardes

MANUSCRIT]. [CLAUTRIER Gilbert

Plan de conduite sur les monnoyes, dont l'exécution donnera les moyens au ministre de satisfaire avec facilité aux besoins actuels de l'Etat

S.l. s.d. [vers 1740] in-folio en feuilles

6 ff. n. ch., couverts sur la partie gauche d'une écriture moyenne et très lisible (environ 30 lignes par page).Tourne essentiellement autour des moyens de soulager le Trésor royal pendant une guerre dispendieuse menée par le Royaume, notamment en Allemagne, mais qu'il est difficile de cerner davantage (Guerre de succession de Pologne, 1733-38 ; ou Guerre de succession d'Autriche, 1740-48 ?)Rapport inédit, non signé, mais dont les informations du dernier paragraphe suggèrent un rédacteur ("Il existe encore dans l'un des premiers bureaux du Contrôle général, un homme aussi distingué, par sa probité, sa haute capacité, et la longue expérience. Il seroit très convenable et très important de le consulter, et de l'employer dans le cours de cette grande et salutaire entreprise") : cette perle administrative enfouie au coeur des bureaux reçoit un nom en marge, c'est M. Clautrier, et on est en droit de supposer qu'il est l'auteur de ce mémoire. Un paragraphe très louangeur pour l'action de Desmaretz pendant la Guerre de Succession d'Espagne (f. 1v) va également dans ce sens, car c'est ce contrôleur général qui fit toute la carrière de Clautrier.Gilbert Clautrier, né à Lyon le 28 mai 1674, était le fils d'un receveur général des finances de la Généralité de Lyon ; il commença sa carrière comme commis de Renouard de La Touanne, trésorier général de l'extraordinaire des guerres, puis avança rapidement quand Desmaretz, revenu en grâce en 1703, l'appela auprès de lui, lui confiant peu après (1708) le poste de premier commis au contrôle général, qu'il occupa jusqu'en 1749, y compris pendant la polysynodie, jouant un rôle de premier plan notamment dans la conservation des archives du contrôle général

CURIOSA

Accidents de chemin de fer

S.l. 1895 4 bifeuillets in-12 en feuilles, fragilisées

Petit ensemble regroupant des "occasionnels de bordel", destinés à aguicher la clientèle avant le choix ou la montée en chambre : chaque pièce se compose d'un petit texte autographié, prétexte au début anodin, qui s'interrompt au premier feuillet et d'une gravure libre, de facture naïve. Les deux dernières pièces s'intitulent 2e lettre et 3e lettre. On a successivement : 1. Un cunnilingus effectué dans une alcôve. - 2. Une partie à quatre avec force champagne, et ondinisme. - 3. [Manque la figure]. - 4. Autre quatuor avec spectaculaire éjaculation manuélisée.On joint : 3 figures volantes très libres, indépendantes, et de tailles diverses (de 13,5 x 9 cm à 20 x 15,5 cm), dont une représentant un quatuor de deux hommes et deux femmes.Rarissime

ORDRE DE LA MÉDUSE

Les Agreables Divertissemens de la Table, ou Les Reglemens de l'illustre Société des Freres & Soeurs de l'Ordre de Meduse

Lyon André Laurens 1712 in-12 veau blond, dos à nerfs orné, pièce de titre rouge, filet doré encadrant les plats, médaillon doré au centre, tranches dorées [Rel. de l'époque], qqs habiles restaurations

Frontispice et 64 pp., 4 gravures dans le texte.Vicaire Bibliographie gastronomique 7 (pour l'éd. de Marseille, sans date). Brunet I, 112. Simon Bibliotheca gastronomica 66. Oberlé coll. Kilian Fritsch 452. "Sans doute s'agit-il de la seconde édition" précise Oberlé, de ce "petit livret de la plus grande rareté". L'auteur pourrait être le facétieux abbé de Charnes, né à Villeneuve-les Avignon en 1641, mort en 1728. Le frontispice gravé est signé l'Afriquain Medusien. La vignette de titre, reprise en cul-de-lampe, et la gravure allégorique à pleine page, de même vraisemblablement que le frontispice, sont dus à Jean-Baptiste Bouchet, peintre et graveur actif à Lyon entre 1676 et 1714. La gravure à mi-page représentant un festin de la compagnie n'est pas signée. Cette confrérie gastronomique et bachique semble avoir été fondée à Marseille, ou Toulon, par le sieur Hurault, marquis de Vibraye, en 1683 ou 1684 (voir Arthur Dinaux Les Sociétés badines, bachiques, littéraires et chantantes). Elle n'était composée que de gens de qualité et les femmes y étaient admises. Dès leur entrée dans l'ordre, les membres étaient affublés du titre de frère et de soeur; suivant les règlements, au cours des réunions qui étaient mensuelles, aucun nom de famille ne devait être prononcé (Gabriel Vicaire). Ainsi, le liste des membres qui suit les statuts ne donne qu'un surnom (Frère Ardant, Frère Biby, Soeur Bienf-aisante...) et l'initiale du nom de famille, suivis de quelques vers en guise de portrait-éloge.L'emblème de l'ordre, qui orne les plats de la reliure, consistait en un buste de Méduse, à figure jeune et agréable, la poitrine découverte, la chevelure entremêlée de serpents sans qu'ils eussent rien d'effrayant, avec cette devise: Loetificando petrificat. La pétrification consistait dans l'immobilité immédiate de tous les convives, sur un signal du prieur ou de tout autre membre qui frappait sur la table." (Dinaux). Les membres pétrifiés ne devaient plus remuer sous peine d'être condamnés à lamper."Lamper, autrement dit boire, était, avec chanter et rire, la principale occupation de cette société joyeuse qui ne tarda pas à s'étendre dans toute la France". Dissout à la Révolution, l'Ordre devait renaître en 1951.Grand médaillon ovale de maroquin brun collé dans la doublure portant l'inscription Le Frère distingué en lettres dorées entourée d'une guirlande de raisins et serpents dorés. Le même médaillon orne les exemplaires de la bibliothèque de l'Arsenal et de la Méjanes. Ex-libris armorié gravé du XVIIIème siècle. Ex-libris David Lionel Goldsmid Stern Salomons et Édouard Pelay.Bel exemplaire

EAU DE COLOGNE FARINA]. GESLIN

[Affiche] Seul entrepôt d'Eau de Cologne de F. Marie Farina. Geslin Fournisseur de l'Eau de Cologne du Roi de S.A.R. Monsieur et de S.A.R. Mme la Duchesse d'Orléans. Seul Fournisseur [...] Eau de Cologne supérieure, admise à l'exposition au Louvre

S.l. s.n. s.d. [ca. 1818] in-folio, 41,5 x 54 cm environ en feuille, trace de pli, petits défauts de papier marginaux

Affiche ornée et coloriée, aux armes de Louis Philippe d'Orléans.Elle officialise la qualité de seul Fournisseur autorisé de Sa Majesté du sieur Geslin, "connu de puis longtemps pour la qualité de son Eau de Cologne" et invite en son magasin, situé rue Saint-Honoré, n°188, près celle des Bons-Enfans. L'eau fameuse de Jean-Marie Farina (1685-1766), parfumeur à Cologne qui avait repris et développé au début du XVIIIe siècle la formule de l'Aqua mirabilis inventée par Giovanni Paolo Feminis, faisait en effet l'objet de nombreuses copies et autres contrefaçons. Joint: Le Brevet de Marchand d'eau de Cologne en partie manuscrit daté Paris, au Palais Royal le 20 novembre 1819, signé et contresigné, 1 p. in-folio (25,5 x 39 cm) sur bi-feuillet, imprimé aux Armes royales. Délivré à Mr. GESLIN, parfumeur rue Saint-Honoré, n° 188, il lui permet "d'en apposer le Tableau aux Armes de S.A.R. au-devant de sa maison et d'en prendre la qualité dans toutes les assemblées et en tous actes publics et particuliers". Traces de pliures, petits manques marginaux.Rares documents se rapportant à la même enseigne

GOUACHE ORIENTALE]. MARBOTTE Maria

Album de peintures à la gouache orientale. Douze sujets

Metz 1844 in-16 cartonnage rouge de l'époque, filet et guirlande dorés encadrant les plats, titre en lettres dorées au centre du premier plat, tranches dorées, dos moderne

3 ff.n.ch. (faux-titre & titre, table des planches), 12 sujets au pochoir (fleurs, fruits et animaux) réalisés naïvement avec le procédé dit de la "gouache orientale", sous serpentes.Très rare attestation de cette technique de peinture amateur, qui connut une vogue très courte (1820-1850 environ) et était surtout pratiquée par les dames de la société, mais céda vite le terrain à d'autres pratiques.On ignore tout de Maria Marbotte, sinon qu'elle semble de langue allemande.On joint : un article contemporain sur cette technique (Die orientalische Malerei) extrait du périodique wurtembourgeois Quelle nützlicher Beschäftigungen zum Vergnügen der Jugend (1834, un bifeuillet in-4 paginé 4-6, avec une planche).Rarissime

CHEVILLARD Jacques et Jacques-Louis

Catalogue des cartes de blazon des Sr Chevillard père et fils

Paris chez un libraire, à la Providence s.d. [vers 1725] in-folio (26 x 17 cm) en feuille sous passe-partout cartonné moderne

Texte sur deux colonnes.Très rare catalogue, sous forme d'affiche gravée, donnant la liste des tableaux héraldiques qui formaient, sur trois générations, la spécialité des Chevillard : Jean Chevillard, son fils Jacques (vers 1660 - après 1724), son petit-fils Jacques-Louis (1680-1751). Parmi les pièces présentées se trouve celle du Sacre de Louis XV (1722), ce qui permet une datation approximative, à laquelle il ne faut cependant pas trop se fier : tout comme les différents membres de cette famille de graveurs et généalogistes, très souvent difficilement discernables, les productions de leur atelier se laissent malaisément dater, d'autant qu'elles préservent longtemps des archaïsmes de forme et de composition

LA SAGRA Ramon de

Historia economico-politica y estadistica de la Isla de Cuba, o sea de sus progresos en la poblacion, la agricultura, el comercio y las rentas

La Havane Vves Arazoza y Soler 1831 petit in-4 demi-basane havane, dos lisse orné de filets et fleurons dorés, tranches mouchetées [Rel. de l'époque], coiffes frottées, déchirure au f. v-vi perte de qqs lettres au dernier ff., rest

2 ff.n.ch., xiii pp., 2 ff.n.ch. de table des matières, 386 pp.Kress 26 754. Palau 284 794. Sabin 74 919. Édition originale de cette étude préliminaire à la monumentale Historia fisica, politica y natural de la isla de Cuba (Paris, 1832-1861). Elle utilise et exploite les données des recensements de 1774, 1792, 1817 et 1827. Économiste de tendances proudhoniennes, Ramon de La Sagra (1798-1871) avait émigré à Cuba en 1821 et demeura aux Amériques jusqu'à son arrivée à Paris en 1835.Envoi de l'auteur au naturaliste et explorateur Alcide Dessalines d'Orbigny (1802-1857), qu'il dut rencontrer lors d'une escale à Cuba au cours du long voyage de sept années qu'il avait effectué en Amérique du sud pour le Muséum (1826-1834)

PAGNINO Santes

Thesaurus linguae sanctae, sic enim inscribere placuit lexicon hoc hebraicum : quod quem admodum ex thesauro pretiosissima quaeque depromere in proclivi est, ita ex hoc uno, non solum vocularum significata, sed & abstrusiores quosq[ue] sacrae scripturae sensus, e varijs rabinorum commentarijs selectos, haurire liceat

Lyon Sébastien Gryphe s.d. [1529] in-folio basane brune, dos à nerfs orné, tranches rouges [Rel. du XVIIe siècle], dos refait

16 ff.n.ch. (titre avec encadrement historié gravé, dédicace, tables), 2752 colonnes mal chiffrées 7152, un f. n. ch. de "loca obscuriora", 1 f. vierge.Brunet IV, 310. Baudrier VIII, 52. Édition originale du tout premier dictionnaire hébreu-latin, donné par le grand érudit que fut le lucquois Santes Pagnino (1470-1541), un des disciples récupérables de Savonarole.L'exemplaire de Jacques-Nicolas Colbert (1655-1707), second fils du grand Colbert, et archevêque de Rouen de 1691 à sa mort, avec ses armoiries dorées au centre des plats (notre fer est curieux, mixte entre OHR 1298-2 et 1298-3)

RELIURE DE DÉVOTION

S.l. s.d. [vers 1750] in-16 (12 x 9 cm) toile caramel sur ais de bois, dos lisse muet, plats entièrement ornés de broderies et de canetille en relief, monogramme IHS sommé d'une croix au centre du plat supérieur, chiffre MA au centre du plat inférieur, les deux accompagnés d'un coeur, tranches décorées [Rel. de l'époque], petits manques de canetille

Petit support de dévotion portatif en forme de livre-coffret composé de deux compartiments opposés dont les couvercles servent de plats :I. Compartiment de gauche. Il comprend :1) Sur le contreplat supérieur, une gravure sur bois rehaussée au pastel représentant saint Jan Nepomuk (patron de la Bohême), avec cette légende H. Johann v. Nepo. Comme ce martyr du secret sacramentel ne fut canonisé qu'en 1729 par Benoît XIII, son image nous donne le terminus a quo du coffret.2) En regard, une aquarelle dans un médaillon serti de broderies métalliques, représentant saint Pierre, sur fond de taffetas rose et au centre d'un décor richement profus (broderies métalliques, petits compartiments).II. Compartiment de droite. Il comprend :1) Une autre aquarelle représentant saint François d'Assise dans un décor similaire à celui de saint Pierre (en plus, une guirlande de perles).2) En regard, sur le contreplat supérieur, une miniature peinte représentant la Vierge en médaillon, dans un décor de fruits. Avec la légende en allemand : "Wer wird also [?] rein / Wie die Mutter Gottes seyn".L'ensemble évoque irrésistiblement une fabrication d'Europe centrale et probablement d'Autriche ou de Bohême, pays dans lesquels la dévotion à saint Népomucène s'était particulièrement développée, alors que le personnage est notablement moins connu en-dehors de cette aire

MALMAISON

Almanach de Flore, ou Description de douze plantes rares des jardins de la Malmaison ; suivie de plusieurs morceaux de poésie. Orné de gravures coloriées

Paris Rosa [Imprimerie de P. Didot l'aîné] 1818 in-16 maroquin cerise à long grain, dos lisse orné de filets et fleurons dorés, encadrement de simple filet et guirlande dorés sur les plats, tranches dorées, encadrement doré sur les contreplats [Rel. de l'époque]

viij pp., 171 pp., 10 ff. n. ch. de calendrier et de notes-souvenirs, 12 planches coloriées finement gravées par P. Bessa.Un seul exemplaire au CCF (BnF). Grand-Carteret, Almanachs français, 1785. Unique année connue (Grand-Carteret donne 1817, ce qui semble une erreur). Ce ravissant almanach fait suite aux autres productions de l'imprimeur Rosa centrées sur les fleurs, mais il a la particularité notable de se concentrer sur des spécimens rares rapportés de Chine et du Cap de Bonne-Espérance pour les jardins de l'Impératrice à Malmaison. A l'époque de l'impression, le domaine n'était plus habité (son héritier, le prince Eugène, vivait en Bavière), mais le parc continuait d'être surveillé par le botaniste Etienne Soulange-Bodin (1774-1846), qui était très proche des Beauharnais. Il ne put cependant éviter qu'une partie soit lotie, et vendue séparément. Cette situation dura jusqu'en 1828, date à laquelle la propriété fut vendue par la veuve d'Eugène au banquier suédois Jonas Philip Hagerman.Très bel exemplaire

LANCELOT Claude

Nouvelle méthode pour apprendre rapidement la langue grecque, contenant les règles des déclinaisons, des conjugaisons, de l'investigation du thème, de la syntaxe, de la quantité, des accens, des dialectes, & des licences poëtiques ; mises en François dans un ordre très clair & très abrégé : avec un grand nombre de remarques très solides & très nécessaires pour la parfaite connoissance de cette langue, & pour l'intelligence de ses auteurs. Nouvelle édition, corrigée & augmentée de nouveau

Paris veuve Brocas & Denis-Jean Aumont ; et Charles-Nicolas Poirion 1754 in-8 veau blond, dos lisse orné de filets et de motifs géométriques dorés, pièce de titre rouge, encadrement doré sur les plats, tranches dorées, grecque dorée intérieure [Rel. du début du XIXe s.]

xlv pp., 3 pp.n.ch. de privilège et d'avertissement, 592 pp., 4 ff.n.ch. de table.Cioranescu, XVII, 39 932 (pour l'originale). Dernière édition du XVIIIe siècle de cette méthode novatrice, fruit de la collaboration de Claude Lancelot (1615-1695), un des créateurs des "Petites écoles", avec Antoine Arnauld et Pierre Nicole, tous trois amis de Port-Royal. Elle était parue originellement en 1655. Il en existe peu de versions du XVIIIe siècle, qui vit un très net déclin de la connaissance du grec ; le philhellénisme remit la langue à l'honneur et l'ouvrage fut de nouveau édité sous la Restauration.Bel exemplaire dans une reliure signée de François Bozérian le Jeune (1765-1826 - exerce de 1801 à 1818)

THÉ

The Tea plant

S.l. s.d. [milieu du XVIIIe siècle] in-folio oblong (38 x 48 cm) en feuille, contrecollée sur papier fort, marie-louise, verre et encadrement modernes

Très belle aquarelle non signée, représentant un théier, avec fleurs et fruits, sans doute composée pour la Compagnie anglaise des Indes orientales, qui possédait alors le quasi-monopole sur l'importation de la plante

BOURDIN

Le Tumbeau de messire Gilles Bourdin, chevalier, seigneur d'Assy, conseiller au privé Conseil du Roy, & Procurauer general de Sa Majesté au Parlement de Paris. En plusieurs langues. Recueilli de plusieurs scavans personnages de la France

Paris Robert Estienne 1570 in-4 demi-maroquin rouge, dos à nerfs orné de caissons de filets à froid, non rogné, tête dorée (Lortic), qqs rousseurs

12 ff.Renouard p. 172, n°2. Manquait à Schreiber. Lachèvre Recueils collectifs du XVIe siècle I, p. 243. Edition originale.Ce tombeau de l'humaniste Gilles Bourdin réunit 25 pièces en hébreu, en latin, en français et en grec, composées par plusieurs écrivains et poètes dont Jean Dorat, Etienne Pasquier, Etienne Jodelle, Jean-Antoine de Baïf, André Thevet et Philippe Desportes.Gilbert Genebrard est l'auteur du premier hommage, en vers hébreux et latins. Les vers suivants, en grec et en latin sont de Jean Dorat. Léger Du Chesne (Leodegarius à Quercu) signe les suivants, avec Etienne Pasquier, Jean Antoine de Baïf et Etienne Jodelle, François de Bellefores, etc.L'épitaphe rédigée par André Thevet, est imprimée à pleine page en lettres capitales. Elle évoque en Bourdin "le miroir des hommes scavans de nostre aage, et premier es langues hebraïque, arabesque, grecque, et latine, et des vulgaires les plus prisées en notre Europe". Celle composée par Desportes est jugée "excellente" par Malherbe: elle date des débuts littérairesdu poète, dont le premier sonnet imprimé avait paru deux ans plus tôt. La Complaincte de Baïf a été reprise dans ses Passetems et les trois pièces de Dorat dans ses Poematia.Avocat général au Parlement de Paris en 1555, puis procureur général du roi en 1557, Gilles Bourdin (1517-1570) s'est illustré comme savant commentateur d'Aristophane.De la bibliothèque du Plessis Villoutreys avec ex-libris armorié gravé. Bel exemplaire, bien relié au XIXème par Lortic, de cet ouvrage rare

CARDANO Girolamo, dit Jérôme Cardan

Hieronymi Cardani, Mediolanensis, Proxeneta seu De Prudentia civili liber; Recens in lucem protractus: vel è tenebris erutus

Lugd. Bat. [Leyde] Ex officina Elzeviriana [Elzevir] 1627 fort vol. petit in-12 veau havane, dos lisse orné de filets, chaînettes et fleurs de lys dorés, pièce de titre maroquin rouge prise dans un médaillon ovale, jeu de filets dorés encadrant les plats, médaillons de maroquin rouge mosaïqué encadrés d'une fine dentelle aux petits fers sur les plats, tranches marbrées [Rel. de l'époque], coiffes usées, mors fendillés, petit travail de ver sur le premier plat

12 ff. dont le titre gravé et 767 pp., figures dans le texte.Willems 272 (qui signale un ex. en maroquin rouge de Le Gascon au chiffre de L. Habert de Montmort). Pieters p. 92 n°23 et 117 n°163. Brunet I, 1573 ("bon ouvrage"). Tamizey de Larroque Lettres de Peiresc aux frères Dupuy I, 893, 627, 170. J.P. Cavaillé Mensonge et politique au début de l'âge moderne (travaux du Grihl - Groupe de Recherches Interdisciplinaires sur l'Histoire du Littéraire, 2000). E. Boeuf La bibliothèque parisienne de Charles Naudé en 1630 Genève, Droz, 2007, p. 62. Première édition de cet ouvrage, réimprimé par les Elzevir de Leyde, sous le titre de Arcana Politica, à la date de 1635.Ce petit traité sur l'art de la dissimulation politique, paru longtemps après la mort de son auteur, est très à part dans l'oeuvre du médecin et philosophe Jérôme Cardan (1501-1576).Il semble que Gabriel Naudé, dont les Considérations politiques sur les coups d'État paraîtront secrètement à Rome en 1639, ait contribué à sa publication.La transformation de la pensée politico-morale au début de la modernité avec l'affirmation selon laquelle on ne saurait gouverner les hommes sans les tromper est alors portée par une abondante littérature qui fait état de cette vérité politique, pour la déplorer et/ou en faire une règle d'action, d'Alberti jusqu'à Pontano et Machiavel, Cardan, Bacon,Charron et bien d'autres.Ce petit volume excita vite la curiosité des bibliophiles de l'entourage des frères Dupuy (Pierre Dupuy (1582-1651) et son frère Jacques étaient tuteurs des enfants de Jacques-Auguste de Thou et bibliothécaires du Roi). Il en est fait plusieurs fois mention dans leur correspondance avec Peiresc: "J'envoyerai par l'ordinaire un petit livre de Cardan De Prudentia civili fort bien relié et à Mr le cardinal Barberin; ce livre n'a jamais esté imprimé et très bien par Elzevier de Leyden; le livre est gentil." (lettre de Pierre Dupuy à Peiresc du 27 décembre 1627 - lettre XL)."Je vous remercie de tout mon coeur de cette faveur..., comme aussy du livre de Cardan que vous avez donné à M. Gassendi, dont je vous suis bien redevable veu la peine que je sçay que vous aviez eüe pour en faire venir des païs bas" (lettre de Peiresc du 9 juin 1628 - lettre CXVI).Provenance: Le premier plat de la reliure porte la devise Et Florida Pungunt qu'utilisait Magdeleine de L'Aubespine, dame de Villeroy (1546-1596), poète et dame d'honneur de Catherine de Médicis, amie de Ronsard et de Desportes dont elle aurait été la maîtresse. La reprise de cette devise L'Aubespine et la date de 1628 figurant dans le second médaillon évoquent comme possibles possesseurs les neveux de Magdeleine de L'Aubespine, Gabriel de L'Aubespine, évêque d'Orléans ou, mieux, son frère Charles de L'Aubespine, marquis de Châteauneuf (1580-1653) ambassadeur et Garde des Sceaux.Il n'est pas avéré que les frères Dupuy aient procuré cet exemplaire de Cardan à l'amateur qui le fit établir en 1628 dans cette élégante reliure attribuable à l'atelier de Macé Ruette, mais les liens des L'Aubespine avec le cercle Dupuy sont attestés par plusieurs lettres, notamment celle de Peiresc adressée à Jacques Dupuy le 21 mars 1627:"Je ne doute pas que Mr de Chasteauneuf n'ayt peu apporter de belles curiositez des païs ou il esté; Si Mr d'Orléans vient en cette ville comme il promettoit, je tascherai d'en apprendre ce qu'il en sçaura...".L'intriguant Charles de L'Aubespine (qui conspira contre Richelieu et fut impliqué dans la cabale des Importants tramée contre Mazarin) pourrait ainsi être le possesseur d'un tel ouvrage et l'amateur caché derrière cette devise

LE BON

Mémoire sur le commerce du Levant]. Manuscrit

Auteuil lès Paris [1787]-1788 in-folio de 3 et 7 pp.n.ch. la première partie en feuilles, la seconde brochée, ruban de soie bleue

Observations sur le commerce français au Levant et l'attitude des autres puissances européennes. La première partie, présentée sous forme de lettre, s'ouvre ainsi : "Monsieur, permettez moy d'avoir l'honneur de vous adresser quelques faibles observations au sujet de notre commerce du Levant et à une partie des suites qui peuvent résulter de la guerre qui existe de ce côté, dont je soumets volontiers le détail à l'étendue de vos lumières sans prétendre vouloir vous donner du neuf…". L'auteur y dénonce la menace conjointe (et les appétits militaires) de la Russie et de l'Angleterre, avec la complicité tacite de la Hollande et de la Norvège, de mettre la main sur le commerce du Levant détenu par les Turcs :"En outre de l'escadrille que la Russie a formée dans la Méditerranée, dont les Anglais luy ont fourni un nombre des vaisseaux construits dans les ports de la Sardaigne, de Livourne, dans le royaume de Naples, et à Trieste, par des constructeurs anglais, et l'empereur l'artillerie en partie, elle se dispose d'y envoyer une flotte considérable sitôt que le tems le permettra, plusieurs de ses officiers sont déjà à Naples pour la recevoir dans les ports où elle relâchera…". Dans la seconde partie, la plus importante, il relate les événements de 1787-1788 concernant les intrigues de la Russie et de l'Angleterre face aux Turcs : "La Russie a usé de stratagème de concert avec ses alliés pour séduire les Cours de Versailles et de Madrid, en leur disant que l'occasion était des plus favorables pour faire revivre le siècle des croisades et qu'il fallait que les puissances chrétiennes se réunissent pour expulser les Turcs […] hors de l'Europe. Elle a fait servir le mot de religion de jouet et de ressort à sa politique, qu'elle a su rendre valide parmy un certain nombre de crédules peu instruits ou fanatiques…". Puis l'auteur évoque une "concurrence mercantile" et une "concurrence militaire" dans le cas où la Russie s'installerait sur les îles de l'Archipel, avec l'appui des Anglais et des Autrichiens, au détriment des Français et des Espagnols. Enfin, il explique la politique extérieure de l'Angleterre, qui cherche par tous les moyens à nuire aux intérêts français en mettant en place un jeu de manipulations parmi les nations européennes : "Que la Russie fut venue naviguer dans la mer du Nord, dans l'océan français et espagnol jusques dans la Méditerranée, avec des vaisseaux pour le commerce, on devrait la bien accueillir, mais non armés en guerre. Les Anglais prendront toujours prétexte de la liberté que l'on a accordé à la Russie d'introduire des escadres dans nos mers, pour se servir de son pavillon pour harceler, et épouvanter notre commerce, les vaisseaux russes sont montés par des pilotes anglais, du moins ceux qui naviguent dans l'océan et dans la Méditerranée. La Porte, en leur permettant le passage libre de la mer Noire, et par le détroit des Dardanelles dans cette mer, n'a pas prévu tous les divers avantages qu'elle accordait à la Russie contre ses plus proches intérêts, surtout pour ses possessions dans l'Archipel…". Ensemble bien conservé

TABAC

Éloge du tabac en poudre

Paris Veuve Daudet et Joubert s.d. [1764] placard in-folio (39 x 25 cm) en feuille, partie supérieure légèrement salie

Texte sur deux colonnes avec encadrement floral surmonté d'une vignette dans laquelle un homme présente une tabatière contenant du tabac à priser à une femme qui tient une fleur.Présentation sous forme de placard d'un poème dialogué sur les mérites du tabac à priser. Le texte lui-même semble plus ancien que le milieu du XVIIIe siècle : il apparaît dès le XVIIe siècle dans un manuscrit conservé à la Bibliothèque de Bordeaux (mss. 696, fol. 18-21). Il commence par ces mots, prononcés par l'homme : "Non je ne sçaurais m'y résoudre, / Vous perdez temps à m'exhorter, / Iris, je ne peux plus quiter / Le tabac que je prends en poudre". L'ensemble témoigne de l'engouement pour la consommation du tabac dans la bonne société et de son utilisation à des fins thérapeutiques.Rarissime

PRESTIDIGITATION

Brilliant combination of attraction ! Astounding novelties ! Mr. Albert Walker the world renowned magician and ventriloquist

Hartford [Connecticut] Calhoun s.d. [1858] grand in-folio étroit (58 x 23 cm) en feuille

Affiche annonçant le spectacle proposé par Albert Walker (1836- ?), qui fut, au milieu du XIXe siècle, un des prestidigitateurs opérant dans le Connecticut. Il ne connut pas un grand succès à son époque, et renonça assez vite à cette activité, mais la découverte, en 2007, d'une malle contenant ses effets professionnels ainsi que 9 journaux manuscrits en firent rétrospectivement une célébrité de Hartford

THEATRE] TAGLIONI Filippo

Les Plaisirs de la campagne, tableau comique et animé, de Mr. Ph. Taglioni, musique arrangée par Mr. Lindpaintner

S.l. [Stuttgart] s.d. [1827] in-8 en feuille

Affichette annonçant un spectacle monté à Stuttgart le 31 décembre 1827 dans un cadre apparemment privé, avec le nom des interprètes.Filippo Taglioni (1777-1871), danseur et chorégraphe milanais, qui composa de nombreuses pièces pour l'opéra, mais aussi le théâtre. Quant à Peter Josef von Lindpaintner (1791-1856), considéré comme le meilleur chef d'orchestre de son temps, il assura la direction de l'orchestre de la Cour de Wurtemberg à Stuttgart de 1819 à sa mort.Très rare

IMPRESSION DE FELTRE]. PUJATI Giuseppe Antonio

De Morbo Naroniano tractatus

Feltre Imprimerie du Séminaire, Domenico Bordoni 1747 in-4 veau fauve, dos à nerfs orné, pièce de titre rouge, filets à froid encadrant les plats, tranches mouchetées [Rel. de l'époque], restaurations maladroites aux coiffes et charnières

6 ff.n.ch. (titre, dédicace, table des chapitres et pièces liminaires), 252 pp., 4 ff.n.ch. de table et d'errata.Seulement 2 exemplaires au CCF (Lyon et Montpellier). Deschamps, 492. Unique édition, rare. Premier livre imprimé à Feltre (Vénétie), et le deuxième publié par l'auteur ; il porte sur les maladies endémiques du district de Narento (Dalmatie). Né dans le Frioul, Giuseppe Antonio Pujati (1701-1760) prit ses grades de médecine à l'Université de Padoue, avant d'exercer à Venise et en Dalmatie. Relié à la suite, du même auteur : De Victu febricantium dissertatio. Padoue, imprimerie du Séminaire, 1758, 6 ff.n.ch. (titre, dédicace, préface, pièces liminaires), CLXXVI pp. Édition originale du titre qui valut à Pujati une renommée européenne.Les deux titres en Wellcome IV, 447

BIBLIOPHILIE

Catalogue de livres composant la bibliothèque de Mr. G.... Manuscrit

S.l. [vers 1880] petit in-folio (23,5 x 30,5 cm environ) demi-maroquin havane à coins, dos à nerfs orné de filets à froid et fleurons dorés, tête dorée [Rel. vers 1880]

2 ff.bl., 1 f.n.ch. (titre) et 141 pp. Inventaire manuscrit soigneusement calligraphié aux encres noire et rouge, récapitulant environ 730 ouvrages, tout d'abord par ordre alphabétique. Viennent ensuite les sections Livres et ouvrages en anglais (7 pp.), Pièces de théâtre détachées (1 p. 1/2), Omissions et additions (35 pp.).Pour chaque référence, le rédacteur a mentionné l'auteur, le titre, le nombre de volumes, le format, la description de la reliure, s'il y en a une et la condition.La littérature et l'histoire constituent la partie la plus importante: Balzac (Houssiaux, broché), Banville, Bernardin de Saint-Pierre, un bel ensemble de la Bibliothèque Elzévirenne, Chamfort, Chateaubriand, Madame Bovary en édition originale, plusieurs volumes de la Collection des Grands Écrivains de la France, Gautier, Goethe, Lamartine, Lesage, Nerval, Nodier, Saint-Simon, Vauvenargues, etc.Les ouvrages plus anciens sont bien reliés, souvent par les grands relieurs de la première moitié du XIXème siècle. Nous citerons L'Alcoran de Mahomet (La Haye, 1685) relié par Capé, Amusemens des eaux de Spa (Mortier, 1735) relié par Boutigny, Charron (édition de 1601, reliée par Purgold), etc. On notera parmi les derniers achats le Voyage dans la Russie Méridionale & la Crimée... d'Anatole Demidoff.Manuscrit agréablement présenté et bien conservé

INCUNABLE. - NICCOLO DA OSIMO

Supplementum [Summae Pisanellae]

Verceil Giacomino Suigo da San Germano 27 octobre 1485 in-8 gothique basane brune estampée à froid, traces de fermoirs métalliques [Rel. de l'époque], manque le dos, mouillures angulaires

1 f.bl., 478 ff.n.ch., sign. a-z, &, , , aa-zz, &&, , , A-H, toutes en 8, sau H (en 7), manquent H8 et I, texte sur deux colonnes à 43 lignes, initiales rubriquées, manquent les 9 derniers ff. (479-487). Incipit : In no[m]i[n]e d[omi]ni Jhu Xri. Amen. / Incipit liber qui d[icitu]r Suppleme[n]tu[m]. Le colophon se trouve au f. F3 : Impressum est hoc opusculum Vercellis per Jacobinum de Suico de Sancto Germano. M.cccc.lxxxv die xxvij octob[ris]. L'ouvrage est complet du corps de texte (rubriques disposées alphabétiquement, de Abbas à Zelus), de la table et des canons pénitentiels.Hain, 2167. Pellechet I, 1640 (compte le feuillet vierge initial dans sa numérotation). Deschamps, 1325. Cf. Brunet V, 594-95 (pour les toutes premières éditions). Nouvelle édition du Supplementum Summae Pisanellae, qui sortit pour la première fois des presses vénitiennes de manière posthume en 1472 (Pellechet 1623). Mais il s'agit du seul livre imprimé à Verceil au XVe siècle et il constitua comme un ballon d'essai pour le typographe Giacomino Suigo qui, ayant appris l'art d'imprimer à Venise, voulut en faire la démonstration aux habitants de Verceil par la reproduction de ce texte alors commun. Ils n'en furent semble-t-il pas impressionnés aussi Suigo s'installa-t-ol derechef à Chivasso (1486), avant de se fixer à Turin où il fut actif de 1487 à 1498.Le franciscain Niccolo da Osimo (né entre 1370 et 1375, mort en 1453) fit une belle carrière, notamment sous la protection d'Eugène IV. Il composa en outre de nombreux ouvrages comme canoniste et théologien : ce Supplementum (novembre 1444) forme son titre le plus connu ; il vint compléter la Summa casuum conscientiae - dite Pisanella - due au dominicain Baryolomeo da San Concordio (ou da Pisa), et connut de nombreuses éditions jusqu'à la fin du XVe siècle, surtout parce qu'il avait été inscrit parmi les manuels que devaient étudier les Mineurs de l'Observance.Exemplaire ayant appartenu à la bibliothèque des Dominicains de Rennes (ex-libris manuscrit)