Référence :404

Histoire d'Aristée, de la translation de la loy de Moyse.

[ARISTÉE (Pseudo)]

Mise en François par Guillaume Paradin. Lyon, Claude Senneton, 1564, in-4, vélin souple ivoire, titre manuscrit au dos, traces de lacets, un peu dérelié, pet. manque au dos. 6 ff.n.ch. (pour le titre, l'épître à François Despeceaux, et les notices biographiques sur Ptolémée Philadelphe, Aristée, le grand prêtre Eleazar et Demetrie Phaleré), 100 pp. Brunet I, 451. Baudrier VII, 434. Chavy, "Traducteurs d'autrefois", II, 1063-1064. Manque à Adams. Aucun exemplaire dans le NUC. Édition originale de la traduction française. Cette élégante impression lyonnaise offre, pour la première fois en français, le texte d'une prétendue lettre d'Aristée, savant juif hellénisé qui vivait à la cour de Ptolémée Philadelphe, roi d'Égypte [285-246 av. J.-C.]. Ce texte, écrit en grec par un juif anonyme, contient le récit miraculeux de la transmission de la Bible en grec, la célèbre version dite des Septante. La lettre d'Aristée a été publiée pour la première fois avec la Bible latine imprimée à Rome par Sweynheym et Pannartz en 1471, puis imprimée séparément, à Naples, en 1473 ou 1474. Cf. Brunet. Le Larousse du XIXe siècle consacre une notice à cette lettre apocryphe et à son auteur supposé, Aristée, "savant juif que Ptolémée Philadelphe, roi d'Égypte, chargea d'aller demander au grand prêtre Eléazar des interprètes capables de traduire les livres saints en grec (vers 280 av. J.-C.). Il ramena de Jérusalem soixante-douze docteurs juifs, qui donnèrent la traduction connue sous le nom de Version des Septante. On a sous son nom une Histoire de cette traduction, qui est généralement considérée comme apocryphe. On rapporte que ces soixante-douze interprètes avaient été placés dans l'île de Paros et enfermés dans des cellules particulières, afin d'être moins distraits dans leur travail. Chacun traduisit séparément la Bible en entier, et, quand on rapprocha ces soixante-douze versions, on les trouva exactement semblables. Il est inutile de faire aucune observation sur la valeur historique de ces merveilleux détails. Le fond même de l'histoire est fort douteux. Sans doute le désir du roi d'Égypte de posséder dans sa bibliothèque les livres saints des juifs n'a rien d'invraisemblable. Mais la mission d'Aristée n'est attestée que par une lettre qu'il aurait écrite à son frère, et que les critiques sérieux n'ont jamais acceptée comme authentique. La version des Septante, suivant l'opinion générale, aurait été faite par parties, à différentes époques, peut-être dans le premier siècle av. J.-C., sauf le Pentateuque, qui est d'une date plus ancienne. Au reste, on composerait une bibliothèque de tous les ouvrages qui ont été écrits sur ce sujet. Quoi qu'il en soit, cette version, qui n'eut point l'approbation des juifs de Palestine, est la première dont se soient servis les chrétiens. Elle a été, depuis l'invention de l'imprimerie, publiée une multitude de fois". Guillaume Paradin, frère de Claude Paradin, ecclésiastique, précepteur des enfants de Prévost, lieutenant-général du bailliage de Dijon, partagea le goût de son frère pour l'histoire. Il voyagea en France, en Belgique, en Hollande, avant de se retirer à Beaujeu, où il fut doyen du chapitre des chanoines. Cf. Chazy. Bon exemplaire en vélin d'époque. Signature ancienne "Fu[rs]tenberg" (?) au recto de la deuxième garde.

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