Référence :34219

Procès-verbal de recette du chargement du navire le Nairac de Bordeaux, capitaine Malbernac, armateur le citoyen Paul Nairac, expédié dudit port dans le mois de frimaire an onze. Pièce manuscrite signée Martin

MARTINIQUE

Saint-Pierre, Martinique 2 floréal an 11 [22 avril 1803] in-folio (37,4 x 24,5 cm) traces de plis

2 pp. sur une feuille double. Ce procès-verbal de recette (ou de réception), ici en copie conforme, se rapporte à la cargaison d’un navire marchand nommé le Nairac. Celui-ci avait quitté Bordeaux en frimaire an 11 (soit entre le 22 novembre et le 21 décembre 1802) et était arrivé à la Martinique en avril 1803. A Saint-Pierre, le navire fut inspecté par plusieurs officiers qui examinèrent les denrées transportées (vin, eau-de-vie, fromage, riz, poivre, moutarde en graine, chandelle, coton filé) ainsi que leur état de conservation, avant de les admettre dans les magasins de la colonie : « Vin. La facture porte 160 barriques valant ensemble quatre mille huit cent veltes. Coulage et ouillage, trois cent soixante-quinze veltes [1 velte =7,62 litres]. Il est entré en magasin quatre mille quatre cent vingt-cinq veltes. Observations : [Celles-ci] ont été admises quoique d’une qualité très médiocre. - Eau-de-vie. Idem porte 33 barriques veltant ensemble neuf cent quatre-vingt-dix veltes. Une barrique en tambour, 30 v. ; une aux deux tiers vide, 20 v. ; coulage et ouillage, 156 veltes. Il est entré en magasin sept cent quatre-vingt-quatre veltes. Observations : [Ces] veltes d’eau-de-vie ont été reconnues d’une bonne qualité. - Fromage croûte rouge : Idem porte vingt-neuf barriques pesant ensemble quatre-vingt-six quintaux. Déchet, 4 quintaux 30 livres. Il est entré en magasin 81 quintaux 70 livres. Observations : [Ceux-ci] ont été admis en recette quoique de médiocre qualité pour avoir été trop longtemps renfermés… ». Le voyage du Nairac de Bordeaux à la Martinique a été effectué quelques mois après le rétablissement de l’esclavage dans les colonies françaises (20 mai 1802). Si la traite n’est pas évoquée dans le présent document, le propriétaire du navire, Pierre Paul Nairac (1732-1814), appartenait à l’une des plus importantes familles d’armateurs négriers de Bordeaux. En 1789, il fut élu député du tiers aux Etats généraux par la sénéchaussée de Bordeaux puis il siégea à l’Assemblée constituante. Il fit partie du comité des subsistances et prêta le serment du Jeu de paume (source : Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français). Document bien conservé et très lisible

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