Référence :30460

Mémoire sur le commerce du Levant]. Manuscrit

LE BON

Auteuil lès Paris [1787]-1788 in-folio de 3 et 7 pp.n.ch. la première partie en feuilles, la seconde brochée, ruban de soie bleue

Observations sur le commerce français au Levant et l'attitude des autres puissances européennes. La première partie, présentée sous forme de lettre, s'ouvre ainsi : "Monsieur, permettez moy d'avoir l'honneur de vous adresser quelques faibles observations au sujet de notre commerce du Levant et à une partie des suites qui peuvent résulter de la guerre qui existe de ce côté, dont je soumets volontiers le détail à l'étendue de vos lumières sans prétendre vouloir vous donner du neuf…". L'auteur y dénonce la menace conjointe (et les appétits militaires) de la Russie et de l'Angleterre, avec la complicité tacite de la Hollande et de la Norvège, de mettre la main sur le commerce du Levant détenu par les Turcs :"En outre de l'escadrille que la Russie a formée dans la Méditerranée, dont les Anglais luy ont fourni un nombre des vaisseaux construits dans les ports de la Sardaigne, de Livourne, dans le royaume de Naples, et à Trieste, par des constructeurs anglais, et l'empereur l'artillerie en partie, elle se dispose d'y envoyer une flotte considérable sitôt que le tems le permettra, plusieurs de ses officiers sont déjà à Naples pour la recevoir dans les ports où elle relâchera…". Dans la seconde partie, la plus importante, il relate les événements de 1787-1788 concernant les intrigues de la Russie et de l'Angleterre face aux Turcs : "La Russie a usé de stratagème de concert avec ses alliés pour séduire les Cours de Versailles et de Madrid, en leur disant que l'occasion était des plus favorables pour faire revivre le siècle des croisades et qu'il fallait que les puissances chrétiennes se réunissent pour expulser les Turcs […] hors de l'Europe. Elle a fait servir le mot de religion de jouet et de ressort à sa politique, qu'elle a su rendre valide parmy un certain nombre de crédules peu instruits ou fanatiques…". Puis l'auteur évoque une "concurrence mercantile" et une "concurrence militaire" dans le cas où la Russie s'installerait sur les îles de l'Archipel, avec l'appui des Anglais et des Autrichiens, au détriment des Français et des Espagnols. Enfin, il explique la politique extérieure de l'Angleterre, qui cherche par tous les moyens à nuire aux intérêts français en mettant en place un jeu de manipulations parmi les nations européennes : "Que la Russie fut venue naviguer dans la mer du Nord, dans l'océan français et espagnol jusques dans la Méditerranée, avec des vaisseaux pour le commerce, on devrait la bien accueillir, mais non armés en guerre. Les Anglais prendront toujours prétexte de la liberté que l'on a accordé à la Russie d'introduire des escadres dans nos mers, pour se servir de son pavillon pour harceler, et épouvanter notre commerce, les vaisseaux russes sont montés par des pilotes anglais, du moins ceux qui naviguent dans l'océan et dans la Méditerranée. La Porte, en leur permettant le passage libre de la mer Noire, et par le détroit des Dardanelles dans cette mer, n'a pas prévu tous les divers avantages qu'elle accordait à la Russie contre ses plus proches intérêts, surtout pour ses possessions dans l'Archipel…". Ensemble bien conservé

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