Référence :26264

Côte d'Afrique. Commerce. Traite des Nègres [et] des productions naturelles. Manuscrit autographe

CAMBIS Joseph de

in-folio (36 x 23,5 cm) de 3 pp.n.ch. sur une feuille double traces de plis

Étude sur le commerce, la traite et l'esclavage en Afrique.L'auteur détaille les avantages d'un commerce avec l'Afrique, qui constituerait un dédommagement de la perte de l'Amérique et permettrait de faire cesser le monopole détenu par les Hollandais dans le commerce des épices. L'Afrique deviendrait ainsi le marché le moins cher pour les denrées et matières premières nécessaires aux manufactures : riz, poivre, miel, huile de palme, coton, tabac, indigo, gommes, ambre, ivoire, bois précieux… Abordant le sujet de la traite des Noirs, il considère qu'elle ne représente aucun avantage pour la Nation, puis envisage son abolition : "Il n'en résulterait aucun détriment ni pour les Isles à sucre, ni pour l'État; mais il en résulterait un bénéfice à venir car : 1. Planteur délivré d'une source continuelle d'embarras et de détresse […]. Ne craindrait plus les complots sur ses biens et sa personne. 2. Esclaves, pour se propager, auraient alors des règlemens plus doux, une condition meilleure. 3. Isles moins en danger en cas de guerre et invasion. 4. Nouvelles sources de commerce ouvertes […]. 5. Nouveau débouché de consommation pour les manufactures, puisqu'il se formerait une population qui consommerait" (p. 1). Il mentionne ensuite une trentaine de ports de la côte occidentale d'Afrique, depuis le cap Blanc (Mauritanie) jusqu'à Saint-Philippe de Benguela (Angola), en donnant des détails sur leur commerce, notamment sur la traite des Noirs : "Cap Appollonie. La traite des esclaves y est considérable. Les Anglais y ont formé depuis peu un établissement; ils y désiroient un commerce exclusif qu'ils n'ont pas encore obtenu […]. Côte d'Or. Cinq comptoirs aux Danois, douze aux Hollandais, dix aux Anglais […]. Juda, fort renommé pour le nombre et qualité de ses esclaves; n'est ouvert qu'aux Anglais, Français, Portugais; chacune de ces nations y a un fort placé dans l'isle de Grégoi, à deux milles du rivage, et chaque chef de comptoir porte tous les ans un présent au souverain, qu'il reçoit et exige comme un hommage […]. Riv. de Bénin, abonde en ivoire et en esclaves, reçoit des vaisseaux. Les Français et les Hollandais se sont dégoûtés du caractère des naturels du pays, dont le goût changeant ne laisse point de sûreté au débit des cargaisons. Les Anglais paraissent en possession exclusive de ce commerce. Le nouveau et le vieux Calbari. La côte y est basse, inondée six mois, et malsaine. L'eau y est corrompue, les naufrages fréquents et des équipages entiers y périssent. Les Anglais y traitent cependant à très bas prix 7 à 8 mille Noirs. Les Français commencent à s'y porter […]. Loango. Les marchands d'esclaves y viennent. A une lieue de la ville, une hauteur sert pour les comptoirs européens; mais l'air y est malsain, ce qui fait que cette place n'est fréquentée que quand la concurrence est trop grande ailleurs, quoique les Noirs y soient à bon marché […]. Molembo. Les bateaux ont à franchir une barre assez dangereuse. Les esclaves y sont préférables et plus nombreux que sur le reste de la côte…". Officier de marine, Joseph de Cambis (1748-1825) effectua plusieurs campagnes en Méditerranée avant de participer à la guerre d'Indépendance américaine, d'abord dans l'escadre du vice-amiral d'Estaing, puis dans celle du comte de Grasse. Favorable aux idées révolutionnaires, il conduisit à Saint-Domingue en 1791 les premiers commissaires de l'Assemblée nationale. Cf. Taillemite

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