Référence :25142

Coup-d'oeil philosophique et politique sur la main-morte

[CLERGET (Pierre-François, et Jean-Pierre BAVEREL)]

Londres [Besançon], s.n. [Antoine-Joseph Simard], 1785, in-8, dérelié, tranches rouges. 122 pp. (les xj premières en romain). La mainmorte, forme adoucie de régime servile, avait au XVIIIe siècle disparu de la plupart des régions du royaume, sauf dans certaines provinces : Marche, Bas-Berry, Nièvre, Bresse, Verdunois, et surtout Franche-Comté et Bourgogne ex-ducale. Qu'elle soit réelle ou personnelle, elle trouva, à partir de 1760, de moins en moins d'acceptation de la part des jurisconsultes, et notamment des magistrats du Parlement de Paris, ce qui entraîna ensuite une défaveur notable dans l'opinion commune des littérateurs, pamphlétaires, historiens, économistes, etc., cas assez rare où le monde juridique inaugura, et non suivit, une évolution sociale. C'est dans ce contexte particulier qu'il faut placer ce texte des abbés comtois Clerget (1743-1808), et Baverel (1744-1822), issus, comme Perreciot, d'une région où la mainmorte présentait de plus fortes et notables survivances qu'ailleurs dans le royaume, notamment la mainmorte ecclésiastique : plein de déclamations accusatrices et de formules outrancières selon la mode de l'époque, l'ouvrage vulgarise les conclusions des juristes et des historiens, mais déconseille une émancipation générale des mainmortables qu'il juge prématurée et dangereuse (la problématique annonce celle de l'abolition de l'esclavage aux colonies). Cf. Bressan (Thierry) La Critique de la condition mainmortable en France à la veille de la Révolution (1779-1789), in : Annales historiques de la Révolution française, 1997 (volume 307) .

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