Référence :24743

L'Île du Diable,

[AFFAIRE DREYFUS. - AQUARELLE]

avec la case de Dreyfus. Cette aquarelle a été faite par le forçat Dequesnes, qui l'avait donnée à Altmayer, lequel la donna au libéré Carrère, qui m'en a fait cadeau. Cayenne, août 1900, in-12 oblong de 11 x 17,5 cm, . Dessin rehaussé à l'aquarelle et légendé en dessous : la case de Dreyfus, isolée et entourée de palissades apparaît à l'extrémité de l'île. Premier et seul déporté politique à ne pas être envoyé en Nouvelle-Calédonie où avaient notamment vécu les communards, Dreyfus fut installé sur l'île du Diable, ancienne léproserie des Îles du Salut, où on lui aménagea une cabane en pierres. Le 3 septembre 1896, la fausse nouvelle d'une évasion mobilise la hiérarchie de ses geôliers ; lorsque le faux bruit de cette évasion de Dreyfus se répandit en Europe, le ministre des Colonies prescrivit le renforcement des contraintes infligées au capitaine déporté. La nuit, pendant près d'un trimestre, il fut attaché au lit de sa cabane par un carcan de bois cadenassé par des fers. S'il disposa d'une case plus spacieuse après le 25 août 1897, la palissade de son promenoir lui masquait toute vue sur l'île ou la mer ; seules les lettres des siens maintiennent son moral. Il passa 1517 jours sur l'île du 13 avril 1895 au 9 juin 1899. Ce petit dessin a donc une histoire : résumée dans la légende que nous avons reproduite, elle n'est pas autrement reconstituable en l'absence de détails biographiques sur les trois possesseurs successifs, mais les archives pénitentiaires devraient permettre de combler cette lacune.

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