Référence :20930

"Relation de la route et des circonstances du naufrage du vaisseau le Duc de Duras de Marseille commandé par le capitaine Pierre Blancard, parti de l'Isle de France pour Pondichery le 26e février 1777 et naufragé sur l'isle d'Emiti l'une des Maldives située par les 3 degrés 12 minutes de lattitude nord et par les 71 degrés de longitude orientale

BLANCARD Pierre

1777 pet. in-folio (23 x 36 cm) de 8 ff.n.ch. et 2 f. bl. légères taches, conservé dans un étui-chemise demi-veau marron, dos lisse orné, pièce de titre rouge

Manuscrit autographe non signé du navigateur Pierre Blancard, comportant de nombreuses ratures et additions, mais cependant très lisible.Départ de l'Isle de France le 26 février 1777, mouillage à l'île Bourbon, puis des vents contraires l'obligent à "passer par la route de Mr. le chevalier Grenier (que j'avais déjà faite […] dans mon précédent voyage à Moka". Le navire s'échoue le 12 avril sur un récif des Maldives. La mer est si grosse qu'il n'est pas question d'utiliser un canot. Le capitaine fait construire un radeau qui permettra à tous les hommes d'atteindre une île voisine, mais le transport à terre de la cargaison se fait difficilement et très lentement. Les habitants de l'île leur vendent du riz et pillent le lendemain la cargaison restée à bord. Neuf jours plus tard des bateaux indigènes viennent les chercher pour les présenter au roi des Maldives. Il y a parmi les naufragés l'épouse de l'intendant de Pondichéry, Mme Chevreau, à qui le roi fait une grande réception. Blancard proteste vivement auprès du roi pour s'être fait voler et s'étend sur les négociations engagées pour récupérer ce qui se trouvait à bord. Le roi lui rend une partie de sa cargaison, quelques caisses de corail et de draps, et garde le reste pour lui. Enfin, "nous embarquames le 15 may, pour passer à Pondichery ou nous arrivames le 24 du même mois."Parmi les naufragés se trouvait Barras, le futur révolutionnaire qui n'est cependant pas mentionné dans le manuscrit.Le capitaine marseillais Pierre Blancard (1741-1826), fils d'un capitaine marin, "il suivit la carrière paternelle et fit, de 1759 à 1771, dix voyages aux Antilles pour le compte de diverses maisons de commerce. Capitaine en second de la Thétis, armée par les Audibert, de Marseille, il fit, de septembre 1771 à décembre 1772, un voyage à Batavia ; comme capitaine du Gracieux, il visita, de juin 1773 à avril 1775, Ceylan et les Indes. Commandant le Duc-de-Duras, il fit naufrage aux Maldives en 1777. Pendant la guerre d'Amérique, commandant le Saint-Charles, naviguant sous pavillon toscan, il ravitailla aux Indes, en 1783-1785, l'escadre de Suffren. L'année suivante, sur le même navire, il commerça en Cochinchine, à Macao, à Canton, dans l'Inde, et rapporta de Chine, à l'abbé Audibert de Ramatuelle, les premières boutures de chrysanthème. Rentré en France à la fin de 1789, il fut délégué par le Luminaire Saint-Elme (corporation des gens de mer de Marseille) à la fête de la Fédération à Paris, fut présenté au roi lors de la revue du 14 juillet 1790 et, le 25, se rendit aux Tuileries pour lui apporter les hommages des capitaines de navires. Les deux discours qu'il prononça à cette occasion portent le nom de Blancart. Après avoir rendu compte à ses commettants, Blancard s'embarqua de nouveau sur l'Argonaute (ex-Saint-Charles) et retourna en Chine. Sur le chemin du retour, il apprit l'état de guerre existant entre la France et l'Angleterre ; aussi se rendit-il à Philadelphie, où il vendit sa cargaison et son navire. Rentré en Provence, il se retira à Aubagne, où il mourut, le 7 avril 1818. Il avait publié, en 1806, un Manuel du commerce des Indes Orientales et de la Chine, qui fut très apprécié". (Dict. de biogr. française). Il est resté célèbre pour avoir été le premier à importer en France des boutures de chrysanthèmes depuis la Chine, en 1789.Important manuscrit inédit rédigé par Pierre Blancard, probablement pour se justifier auprès de ses armateurs

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