Référence :15958

Notes à S.E. Monsieur le Ministre de la Marine et des Colonies sur les effets de l'émancipation des Noirs à l'île Maurice…- Manuscrit, Port-Louis 15 septembre 1837

ESCLAVAGE - ILE MAURICE

34 pages en un cahier in-4 cousu par un ruban bleu, boîte moderne en chagr., plat en altuglas

Très intéressant mémoire sur la situation de l'île Maurice, cinq ans après l'abolition de l'esclavage dans la colonie britannique.Ce mémoire dépeint, à l'intention du ministre français de la Marine et des Colonies, les effets de l'abolition de l'esclavage et cherche à établir si la situation serait identique à l'île Bourbon dans le cas où la France prendrait les mêmes mesures. Il est divisé en deux parties, une partie dite « historique » et une partie répondant à une quinzaine de questions relatives aux résultats de l'émancipation: discipline sur les habitations, administration pénale, mœurs et habitudes des Noirs, rapports entre anciens esclaves et colons, éducation des enfants, etc. Le recensement des esclaves dès l'année 1815 et les différentes mesures prises en leur faveur par les gouverneurs de l'île Maurice conduisirent à l'abolition votée le 28 août 1833 et à son application concrète à partir du 1er février 1834. Un système d'indemnités pour les propriétaires et « d'apprentissage » de quelques années pour les esclaves affranchis fut alors mis en place, avec une distinction entre les esclaves « domestiques » (liés au service de la maison) et les esclaves « d'habitation » (attachés à la culture des terres). Selon ce rapport, la situation est peu satisfaisante. L'auteur insiste sur le mauvais caractère des Noirs, leur attribuant un penchant naturel pour le vol, l'ivrognerie, le jeu, le libertinage et la paresse tout en condamnant la conduite de certains juges qui favorisent ces penchants. S'il n'y a pas eu de troubles sérieux, de nombreux abus et actes d'insubordination ont cependant été constatés, et le rédacteur conclut que l'émancipation a porté une atteinte grave à la fortune des anciens propriétaires (malgré la venue de nombreux travailleurs indiens) et qu'elle n'a pas permis de civiliser et de moraliser la population noire. Si l'on suivait les idées des philanthropes à l'île Bourbon et que l'esclavage y soit aboli, il faudrait alors instituer un affranchissement successif des enfants et un système d'apprentissage beaucoup plus long…

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