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Superbe manuscrit de la fin du XVIIIe siècle sur la mythologie hindoue, illustré de 80 peintures exécutées en Inde
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DIEUX DE L'INDE - MANUSCRIT ENLUMINE.
SISTÊME DES PHILOSOPHES INDIENS SUR LA DIVINITÉ. - MANUSCRIT.
S.l. [Inde du Sud], S.n. ["French Company School" ?], fin du XVIIIe siècle,
in-folio maroquin rouge grain long, dos à faux-nerfs rapprochés, entrenerfs ornés de listels de maroquin vert, caissons décorés de petits fers spéciaux, médailles, pointillés, chaînettes, etc., trois pièces de titre de maroquin vert, large dentelle en encadrement sur les plats, roul. sur les coupes, dent. int., coiffes guill., tranches dorées [Rel. de l'époque], avec l'étiquette imprimée de Gosselin, relieur rue Saint-Jacques, à Paris ; étui moderne bordé de maroquin rouge et doublé de suédine fauve.
Titre et 66 pp. de texte, les 18 dernières contenant une table alphabétique des noms de personnages, lieux, plantes, rivières, etc., et l'explication des figures. Illustré de 80 compositions originales hors texte contrecollées, aquarellées avec rehauts de gouache et d'or. Ces figures, d'un format de 132 x 182 mm., représentent les dieux du panthéon hindou et leurs métamorphoses. Elles sont bordées d'un filet à l'encre noire, et encadrées d'un double filet tracé à l'encre rouge. Elles sont en outre numérotées et légendées (en rouge), comportent un renvoi à la page de texte correspondante (en noir), et sont placées sous de fines serpentes de papier vergé blanc. MAGNIFIQUE MANUSCRIT ENLUMINÉ DE LA FIN DU XVIIIE SIÈCLE, DONNANT UN REMARQUABLE ABRÉGÉ ILLUSTRÉ DE LA MYTHOLOGIE HINDOUE. L'ancienneté de la reliure, ainsi que certaines caractéristiques d'orthographe et de style, permettent de dater le manuscrit des dernières années du XVIIIe siècle. Nous sommes donc en présence d'un document très précoce, l'une des premières introductions systématiques à la mythologie, à la philosophie et à l'iconographie de l'Inde ancienne. Les figures peuvent être attribuées aux artistes locaux de l'école connue sous le nom de "French Company School", oeuvrant principalement dans le Sud de l'Inde. Le texte, d'une clarté et d'une concision exemplaires, parfaitement calligraphié à l'encre noire et rouge, donne un résumé des caractères et actions de chaque divinité, détaillant les rencontres entre les dieux et leurs transfigurations. Les noms hindous (personnes, animaux, fleurs, fruits, plantes, montagnes rivières, royaumes, villes, etc.) sont soulignés, et se retrouvent dans la table à la fin de l'ouvrage. Le texte renvoie fréquemment et de façon systématique aux figures regroupées thématiquement : il y a intéraction parfaite entre texte et images. Ces dernières sont d'une qualité exceptionnelle. Finements dessinées, elles ont été coloriées à l'aquarelle et à la gouache dans des tons vifs et néanmoins délicats, utilisant toutes les ressources et les combinaisons chromatiques, les abondants rehauts d'or apportant unité et richesse dans cette étonnante galerie versicolore. Mais une telle débauche de couleurs n'entraîne jamais la confusion, ni l'excès : tout est ici mesure, sobriété, clarté, précision didactique. Les artistes n'ont pas oublié qu'il s'agissait avant tout d'exposer aux savants, aux orientalistes et aux amateurs occidentaux, les complications du panthéon hindou. Les caractères symboliques de chaque divinité sont reproduits dans le moindre détail, et cela va de même en ce qui concerne la symbolique des couleurs et des gestes, dont l'inévitable hiératisme est animé par le pittoresque des physionomies et des costumes, et par la violence de quelques scènes (batailles, combats de singes, têtes coupées, combustions, etc...). De plus, les figures sont rassemblées par thème, divinité, ou épisode, ce qui permet, ayant lu le texte auquel la numérotation des planches renvoie scrupuleusement, de "relire" en images, et en quelque sorte chronologiquement, les aventures et avatars des dieux du plus riche réservoir mythologique de tous les temps. Tout en respectant l'objectif pédagogique de l'ouvrage, les auteurs de ces images fascinantes n'ont jamais cédé à la tentation de faire trop simple, utile, ou moins beau : chaque planche est un petit chef-d'oeuvre d'équilibre et de goût, aussi bien dans la "mise en scène" (harmonieuse, rationnelle et aérée), que dans le dessin (élégant et précis), ou la mise en couleurs (d'une exubérence contrôlée). Ce volume ne présente pas de défauts. Les peintures sont absolument intactes, et les coloris d'une irréprochable fraîcheur. La très belle reliure de Gosselin est parfaitement conservée. C'EST UN TÉMOIGNAGE EXTRAORDINAIRE SUR UNE PHASE CRUCIALE DANS L'HISTOIRE DES ÉTUDES ORIENTALISTES, ET EN MÊME TEMPS UN SUPERBE LIVRE D'IMAGES.
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