Le Strabon de Montaigne, une source méconnue des Essais

STRABON. Strabonis de SITU ORBIS LIBRI XVII ; grece et latine simul jam (…) editi ; olim quidem, ut putatur, a Guarino Veronensi et Gregorio Trifernate in latinum conversi, ac deinde Conradi Heresbachii opera ad ejus generis autorum fidem recogniti ; nunc vero postremum eruditorum aliquot (il est : Henric. Glareani, Jo. Hartongi, Marc. Hopperi) industria ac studio. v. ab innumeris (…) mendis repurgati (…) Cum praefatione Marci Hopperi).
Basileae, Per H. Petri, 1549,
in-fol., vélin souple, tranche dorée, traces de lacets, le dos porte le titre calligraphié en long "Strabo. grae. lati" et en tête "Strabo Grec... Latinum", sur le premier plat "Voyage Strabon" [Rel. du XVIème siècle].

Titre, 1 f. blanc, 12 ff.n.ch. d'index, 797 pp. à 2 col. (texte grec et traduction latine en regard), petite carte de la Lybie dans le texte p. 782.
L'Epitre liminaire dédicatoire à Gilg Tschundi (4 pp.) et les pp. 799 (blanche) et 800 (marque typographique) ont été volontairement omis ou égarés au moment de la reliure.
Sur la page de titre en haut à droite: G majusucule à l'encre et au bas la signature de Montaigne. Notes marginales manuscrites du XVIIème siècle aux pp. 1, 2, 10, 13, 394, 798.
CE PRECIEUX VOLUME PROVIENT DE LA BIBLIOTHÈQUE DE MONTAIGNE, provenance attestée par sa signature au bas de la page de titre; "Montaigne avait l'habitude d'apposer sa signature sur le frontispice de tous les ouvrages qui lui appartenaient". (P. Bonnefon, "La bibliothèque de Montaigne dans la Revue d'histoire littéraire de la France" II (1895), p. 329.
Reliure analogue, dans sa nature et son état, à celles de plusieurs livres ayant appartenu à Montaigne, des collections Payen et Armaingaud.
La bibliothèque de Montaigne comprenait, à son témoignage, un millier d'ouvrages dont aucun catalogue ne nous est parvenu. Après sa mort, en 1592, sa veuve, Françoise de La Chassaigne, remit certains volumes à des amis et à des communautés religieuses, notamment aux Feuillants de Bordeaux. L'ensemble subsistait encore, en 1616, au décès de Leonor de Montaigne, fille et héritière de l'écrivain. Par testament, l'année précédente, elle avait légué "tous les livres de la bibliothèque de Montaigne" à Godefroy de Rochefort, vicaire général à Auch. Il ne semble pas que la dévolution du legs ait été effectué. Beaucoup d'ouvrages demeurèrent ainsi dans la tour de la "librairie" du château de Montaigne, conservé jusqu'au XIXèle siècle par les descendants de Leonor, épouse de François de la Tour, puis de Charles de Gamaches. Furent ainsi retrouvés le manuscrit du Journal de Voyage en Italie et les Ephémerides de Beuther qui servirent à Montaigne, puis aux siens, de "livre de raison".